mardi 28 juin 2011

Sans nom

Wilkie Collins



Tout semble idéal lorsque nous faisons connaissance avec Madeleine et Norah Vanstone, jeunes filles issues d'une famille aisée et cultivée, et promises à un avenir sans nuage. Un secret dans le placard va venir faire surface et bouleverser ce paysage idyllique, et ce sera le début d'une descente aux enfers pour nos héroïnes.

Le talent de Wilkie Collins est tel que l'on se plonge avec passion dans ce roman fleuve (900 pages !) : on ne s'ennuie pas une minute, tant l'auteur maitrise l'art du suspens. L'histoire se déroule à une rythme insensé, il n'y a pas de page qui ne vous tienne en haleine : une apparente accalmie dans les péripéties sera suivie d'un rebondissement qui transforme les destinées des personnages (et ce de façon toujours crédible)

 L'étude des personnages est minutieuse et parfaitement en accord avec l'intrigue : point de fatalité ni de prédestination : le destin des jeunes filles est moins le fait des événements extérieurs que la conséquence de leurs faits et gestes. On s'attache dès le début à Madeleine, sur qui repose l'histoire : sa vivacité, son anticonformisme sont d'emblée séduisants. Puis sa pugnacité et sa volonté sans limite nous font croire en elle, et espérer même lorsque tout espoir semble perdu.

Un mot sur le contexte : le roman témoigne de hiérarchisation figée des milieux sociaux de l'Angleterre victorienne, aussi rigide que le système des castes en Inde. Le point de vue est un peu moins étroit que chez Jane Austen, qui ne décrit que son milieu,  et l'on pressent que l'auteur est plutôt en désaccord avec  cette conception de la valeur humaine fondée sur la naissance plus que sur le mérite

 

C'est un sujet en or pour un film. Je n'ai pas réussi à incarner Madeleine sous les traits d'une actrice connue : peut-être en raison de la précision du portrait....

Téléchargé sur http://gallica.bnf.fr/

Lu sur Sonyreader PRS 505

 



http://www.bibliofolie.com/

 

 

 

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