mercredi 14 septembre 2011

L'éloge de la faiblesse

Alexandre Jollien
























Merci aux Editions Marabout et au regretté site Bibliofolie de m'avoir donné l'occasion de découvrir ce récit.

Alexandre Jollien souffre d’un handicap (et d’emblée les mots que j’utilise ne me semblent pas adéquats, tant la souffrance n’est pas ce qui saute aux yeux dans ce livre). Les circonstances de sa naissance ont fait que son cerveau, en parfait état de marche en ce qui concerne l’intellect, est lésé pour les commandes motrices, dont celles qui régulent l’élocution. Quel combat pour cheminer le long du parcours qui est le sien! Pour faire ses preuves, dix fois plus qu’une personne ordinaire. Et pour citer Bernard Werber, Alexandre a l’amour pour épée, l’humour pour bouclier. C’est par l’humour, et l’auto-dérision qu’il réussit à s’intégrer dans la société, si prompte, à juger par peur ou par ignorance.
Ce livre est un témoignage personnel mais Alexandre parle aussi avec beaucoup d’empathie de ceux qui furent ses pairs pendant les années de séjour en institution. C’est aussi l’occasion de pointer du doigt le fonctionnement de ces structures, certes indispensables et bien souvent efficaces, mais qui risquent si elles prennent le moule administratif et réglementaire qui fait tache d’huile de nos jours, de perdre toute trace d’humanité. 
Nous sommes loin d’un pamphlet : Alexandre remercie grandement nombre de ses amis, qui l’ont soutenu au cours des différentes étapes de ce parcours et l’ont fait accédé à un épanouissement personnel bien mérité
Le livre est construit sous la forme d’un dialogue, avec Socrate lui-même, excusez du peu. Comme à l’accoutumée Socrate pose les questions pour faire cheminer la pensée de son interlocuteur. Sauf qu’ici, on se demande (d’ailleurs non, on en est sûr) que la réponse précède la question! Peu importe, cela donne une belle vivacité au texte qui fait que je l’ai lu d’une traite (il faudra peut-être que j’y revienne pour être sûre de ne pas être passée à côté de notions importantes).
Alexandre, vous êtes une belle âme.



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