mardi 17 avril 2012

La liste de mes envies

Grégoire Delacourt









     Auteur(s) : Grégoire Delacourt
     Titre : La liste de mes envies
     Editions : JC Lattès
     Collection : Littérature française
     Date de Parution : 02/2012
     Code EAN/ISBN : 9782709638180
     Hachette : 4549374
     Prix public : 16.00 €
     Format : 130 mm x 205 mm









Pourquoi La liste de mes envies est un coup de coeur :

Tout le monde s’est un jour posé la question d’un  gain faramineux et des conséquences sur la vie quotidienne. Et tout le monde s’est imaginé rayant ligne avec ligne la liste des petits ou grands rêves qui, comme le dit l’auteur, sont «nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur ; ces petits riens qu’on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivant». L’identification est immédiate : la mercière en nous s’y retrouve. 

Parlons-en de cette mercière, Jocelyne, qui a identifié son destin à ces petits signes construits qui pavent notre existence, et qui,  de coïncidence, deviennent sort jeté. Elle devait donc gagner un jour,  Jocelyne, qui a épousé Jocelyn, et avait ainsi défié les lois du hasard à plusieurs reprises. Et Jocelyne, on a l’impression de la connaître. Jusqu’à se reprocher de ne pas encore être allé à sa rencontre, qu’elle soit mercière, employée des postes, ou infirmière. Et l’on aura perdu l’occasion de découvrir toute sa richesse cachée (blog, vie associative, talent gardé secret) et ses blessures ordinaires. L’auteur nous offre l’opportunité de pousser sa porte. 


La liste rédigée, comme elle se transforme avec le cheminement qu’implique une telle mésaventure! De discrets et raisonnables (les petits riens preuves de notre existence), les désirs se font plus audacieux. Et malgré tout cela, Jocelyne ne peut passer à l’acte, parce que l’assouvissement de ces désirs laissera place aux envies, c’est à dire à la fin du rêve, et à l’éloignement du bonheur. Car elle comprend rapidement cela : ce qui lui manque le plus ne s’achète pas. Son mari en fera l’amère expérience.

Je comprends également à l’issue de cette lecture pourquoi une admiratrice a demandé à l’auteur la raison d’un pseudonyme masculin! L’illusion est totale. La part féminine de Grégoire Delacourt s’est exprimée avec beaucoup d’adresse et de justesse.

L’écriture, légère, drôle, ne se prend pas au sérieux. Elle incarne parfaitement l’héroïne dans sa simplicité, et son humour parfois amer. Très sensible au pouvoir des mots, un peu midinette, elle avoue aimer «les phrases longues, les soupirs qui s’éternisent», ou «quand les mots cachent parfois ce qu’ils disent, ou le disent d’une manière nouvelle»

Derrière le fait divers qui fait la trame du roman, s’inscrit en filigrane l’ombre d’une grande solitude, que ne comblent pas la vie en couple, usée par le quotidien et les écueils inévitables après de longues années de cohabitation, ou les contacts virtuels derrière un écran de pixels.  Le gain inattendu creuse le fossé, par la crainte de perdre les quelques relations sincères qui faisaient le sel de la vie. 
Lu sur Sony reader PRS T1

2 commentaires:

  1. j 'ai bien aimé ce roman peut-être moins que toi, j'ai mis un lien vers ton blog
    bon vol à Kitty la mouette pour 2013
    Luocine le fou de bassan

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  2. Merci Elisabeth, très bonne année (de lectures et de tout le reste) à toi aussi

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