vendredi 14 septembre 2012

L'homme qui ne savait pas dire non

Serge Joncour











  • Broché: 296 pages
  • Editeur : Flammarion (17 août 2009)
  • Collection : LITTERATURE FRA
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081200937
  • ISBN-13: 978-2081200937











Dialogue fictif : 

Mr Joncour : Alors vous avez aimé mon livre?
Kittiwake : Oui
Mr Joncour : Vous l’emmeneriez sur une île déserte?
Kittiwake : Pourquoi pas
Mr Joncour : c’est le meilleur livre que vous ayez jamais lu?
Kittiwake  : Oui
Mr Joncour : Vous l’avez jeté à la poubelle?
Kittiwake : Oui
Mr Joncour, interloqué : Ah bon?!!!!

Dans ce court échange, je me suis permis de prendre la place du personnage principal (je n’ose pas parler de héros) de cette fiction, interrogé par son créateur, l’auteur. Ce personnage a perdu un mot, un petit mot, simple (comme Beaujour?), mais indispensable si l’on ne veut pas se retrouver dans des situations professionnelles ou sentimentales ingérables . Il ne peut pas dire non. Alors il dit oui, aux collègues qui lui proposent un café, au patron qui lui demande de venir un Samedi, au bus qui s’arrête devant lui et lui demande s’il veut monter. Et comme il travaille dans un institut de sondage, et qu’il est chargé de rédiger les questions et les choix de réponse, les réponses proposées sont oui ou oui ou ne sait pas! Que de belles victoires démocratiques en perspective!

Mr Beaujour doit donc affronter de multiples quiproquos et surtout faire face à un destin qu’il n’a pas de son plein gré choisi, incapable de s’opposer à toute proposition. C’est drôle et on rit, mais un peu jaune car il est impossible de ne pas se reconnaître au moins partiellement dans ce portrait poussé à l’extrême : qui n’a pas un jour accepté une proposition en se maudissant à peine le oui prononcé? C’est difficile de dire non : «allez lui faire comprendre que c’est aux autres qu’il faut dire non, et pas à soi même, à ses désirs, à ses envies, à ses besoins sans quoi on n’en finit pas de se trahir».

C’est donc un agréable et court récit juste assez caricatural pour être presque crédible, entrecoupé de «broderies» qui guident le lecteur vers les sources du problème. 
Avec une belle écriture poétique et affutée.



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