vendredi 18 janvier 2013

Les cloches de Bâle

Aragon







  • Poche: 438 pages
  • Editeur : Gallimard (8 décembre 1972)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070367916
  • ISBN-13: 978-2070367917



Pour qui ne connait Aragon qu'à travers ses poèmes mis en musique et merveilleusement interprétés par Jean Ferrat, la découverte du romancier est une expérience étonnante.

Ne serait qu'en ce qui concerne l'écriture : grammaire approximative et tournures lourdes, à la limite du compréhensible  côtoient de belles envolées lyriques, le tout constituant un ensemble assez déroutant.

 C'est en 1912, en France qu'évoluent les personnages qui vont donner vie au roman. L'Europe ne sait pas encore que la guerre viendra faucher des millions  de vie :

«Le carillon de Bâle n’est pas joyeux : c’est une voix d’alarme qui a retenti depuis le Moyen Âge pour annoncer bien des dangers et des guerres … Une voix de désespoir et de panique»

 Et c’est par l’intermédiaire de Catherine, une jeune émigrée d’origine russe, que l’auteur analyse avec une précision diabolique le fonctionnement de la société française, voire parisienne de l’époque. Catherine, du fait de ses origines n’a pas de liens d’appartenance clairs. Sa curiosité et son indépendance, alliées à sa beauté, lui font côtoyer la haute bourgeoisie, et tout ce qui compte parmi les «people» de l’époque, ceux qui dictent les règles pour l’ensemble des anonymes. Mais on la retrouvera aussi parmi les anarchistes et les grévistes des taxis parisiens, ou mêlée à des émeutes ouvrières. Mêlant la réalité et  la fiction, et quelques données autobiographiques, l’ensemble est dense et je dois avouer avoir survolé certains passages trop abscons.

L’ensemble pourrait être passionnant, si ce n’était autant daté, et cela même si ce roman écrit en 1934 a été remanié 30 ans plus tard. Impossible pour le lecteur non spécialiste de cette époque de l’histoire de s’y retrouver parmi les nombreux acteurs de la vie politique et économique de ce début de vingtième siècle. La renommée est éphémère.

Pour finir sur une note positive, Aragon clame haut et fort au cours de ces 430 pages ses convictions quant à l’injustice faite aux femmes, qui sont comme l’affirmera l’un de ses plus beaux poèmes : « l’avenir de l’homme».

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible

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