samedi 28 septembre 2013

Thérèse Desqueyroux

François Mauriac









Poche: 192 pages

  • Editeur : Le Livre de Poche; Édition : Le Livre de Poche (1989)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253004219
  • ISBN-13: 978-2253004219








Relire des années plus tard une oeuvre qui a laissé une trace fugace mais tangible est une expérience parfois déroutante , toujours fascinante. Y retrouver des fiches de lectures rédigées pour la circonstance et pour préparer le bac de français est encore plus saisissant. C’est ce qui s’est produit pour  Thérèse Desqueyroux de François Mauriac. 

Salué par la critique littéraire à l’époque de sa sortie, ce roman est une exploration de l’univers mental sombre et tourmenté d’une jeune femme, éprouvant une telle haine pour son mari et tout ce qu’il représente,, si loin de ses rêves de jeune fille, qu’elle va tenter de l’empoisonner. Les relations sociales de la famille et le souhait d’éviter à tout prix le scandale lui épargnent le châtiment qu’elle aurait mérité, si la justice avait suivi son cours habituel. Après le non lieu, sur le chemin du retour Thérèse revient en un long monologue sur son parcours, dans une tentative désespérée de construire une défense et obtenir le pardon de son mari.  C’est l’occasion pour le lecteur de comprendre l’état d’esprit de la jeune femme. Arrivée à destination , le dialogue s’avère impossible et la punition tombe : la séquestration et le maintien paradoxal d’une image de couple uni,  une fois par semaine, à l’église. L’histoire se complique d’une autre idylle amoureuse, celle de la belle-soeur Anne, qui est aussi l’amie d’enfance de Thérèse. Anne est elle aussi contrainte à accepter un mariage de raison, alors qu’elle a jeté son dévolu sur un homme infréquentable. Thérèse sert d’intermédiaire au risque de perdre son amie.

L’histoire, inspirée d’un fait divers authentique est évoquée du seul point de vue de Thérèse et l’auteur s’est glissé dans la peau du personnage pour construire le récit. Il en résulte une galerie de personnages sans nuances, analysés uniquement par le prisme du regard négatif de la jeune femme. L’auteur n’en est pas pour autant indulgent : Thérèse est très centrée sur elle-même, dénuée d’instinct maternel, et prête à trahir son amie. Pourtant l’on ressent sa profonde détresse dans une société rigide, au sein d’une famille qui cultive le secret depuis des générations.

C’est le portrait d’une jeune femme égarée, désorientée par la perte de ses illusions. Chaque tentative d’évasion plante autour d’elle des barreaux plus serrés. A moins que l’épilogue soit une fenêtre enfin ouverte, mais lourd est le bagage....Victime ou coupable?

Faut-il prendre le risque de voir la version cinématographique récente?....





Une lettre exprime bien moins nos sentiments réels que ce qu'il faut que nous éprouvions pour qu'elle soit lue avec joie

Les gens qui ne connaissent pas cette lande perdue ne savent pas  ce qu'est le silence : il cerne  la maison, comme solidifié par cette masse épaisse de forêt où rien ne vit, hors parfois une chouette ululante ( nous croyons entendre, dans le mail, le sanglot que nous retenions).

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