samedi 22 mars 2014

La dernière fugitive

Tracy Chevalier










  • Broché: 384 pages
  • Editeur : Quai Voltaire (17 octobre 2013)
  • Collection : Quai Voltaire
  • Langue : Français
Traduction : Anouk Neuhoff
  • ISBN-10: 2710370190
  • ISBN-13: 978-2710370192
  • Existe en ebook








Après La jeune fille à la perle et Prodigieuses créatures, c’est à nouveau une femme qui mobilise l’énergie créatrice de Tracy Chevalier. Une femme en marge cette fois encore, quaker, déracinée puisque la rupture de ses fiançailles l’entraine à quitter l’Angleterre pour accompagner sa soeur qui doit se marier dans l’’Ohio avec un Ami, comme se nomment entre eux les membres de cette communauté religieuse, connus pour leur austérité. Un voyage d’un mois, très éprouvant, le décès de la soeur en arrivant à destination, l’accueil plus que mitigé de ce qui devait être la belle famille de sa soeur, l’acclimatation n’est pas facile. D’autant que ce qui pourrait redonner un sens à sa vie en ces contrées, aider les esclaves fugitifs dans leur fuite vers le Canada en participant au « chemin de fer clandestin », l’isole encore plus de ceux auprès desquels elle a tissé des liens. 

L’intégration d’une étrangère que sa religion rend fort peu malléable suscite de nombreuse réflexions que ne manque pas d’explorer Tracy Chevalier : 
- L’esclavage : les abolitionnistes font entendre leur voix mais une loi est votée qui punit les complices des fugueurs. L’enfer étant pavé de bonnes intentions, même les américains en accord avec le principe de l’Abolition, craignent l’effondrement de l’économie si l’on ne peut plus compter sur cette main d’oeuvre quasiment gratuite. Les quakers devraient être du côté des abolitionnistes, mais….
- La naissance d’une société sur des terres où vivent encore des bêtes sauvages, alors que l’essor industriel s’apprête à transformer les modes de vie (une ligne de chemin de fer récemment ouverte fait circuler un train à la vitesse prodigieuse de vingt-cinq kilomètres à l’heure). Les hommes doivent s’adapter, rapidement. Le contraste est encore plus patent pour notre jeune héroïne qui vient d’un pays « vieux de mille ans ».

Le fil rouge est blanc, ici, ce fil qui permet de coudre de jolis points serrés pour réaliser des quilts, couvre-lits que les femmes apportent dans leur dot, et dont la confection occupe tout leur temps libre. Honor est particulièrement douée, mais ici encore, les habitudes outre-atlantique  diffèrent de celle de l’Angleterre.

Le roman est plus sage, et manque un peu de relief si on le compare à Prodigieuses créatures. Tracy Chevalier rend la une copie de bonne élève, à laquelle il manque un petit quelque chose pour que l’on puisse adhérer totalement à l’histoire. Les personnages sont très caricaturaux et un peu de nuance n’aurait pas nui. Néanmoins la lecture est agréable et l’on ne s’ennuie pas . 


Tous les ingrédients sont là pour une version cinématographiques….

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