jeudi 11 septembre 2014

L'écrivain national

Serge Joncour








  • Broché: 389 pages
  • Editeur : Flammarion (27 août 2014)
  • Collection : LITTERATURE FRA
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081249154
  • ISBN-13: 978-2081249158
  • Existe en version numérique








J’aurais aimé , en toute partialité, mettre quelques étoiles de plus à L’écrivain national, en tant qu’aficionado de l’auteur (et de tous ses copains des Papous).Mais mon honnêteté m’empêche de le faire.

Certes j’ai beaucoup apprécié les confidences concernant ce métier particulier qui consiste à vendre des mots que l’on a assemblé, plus ou moins à l’insu de son plein gré, confidences dont  on perçoit  l’authenticité, le vécu du dedans. L’humour et l’autodérision sont au rendez-vous et c’est un bonheur.
On aime aussi le portrait sans concession de cette petite ville pas loin de Clochermerle, et dont les consciences s’éveillent quand retentit l’écho d’un débat politico-écologique, c’est à dire une histoire de gros sous.

L’autobiographie côtoie la fiction et les deux devraient s’intriquer habilement de telle sorte que le lecteur ne puisse plus faire le tri.

Et c’est là que le bât blesse, c’est là que s’expriment mes réticences. Que l’écrivain vienne incarner le rôle d’un enquêteur, comme dans ces séries télé ou un instit ou un médecin pratiquent peu le métier qu’ils sont censés exercer, mais passent leur temps à résoudre des énigmes avec une aisance que leur envient la police, c’est difficile à croire. 


Dommage, cette année le charme n’opère pas parfaitement. Cela reste une lecture agréable mais il manque un petit quelque chose pour les cinq étoiles.




"Un auteur dans le fond doit-il servir à quelque chose, de même que chacun d'ailleurs, est-ce qu'on doit tous servir à quelque chose et est-ce qu'il y a des degrés dans cette implacable hiérarchie des utilités?"

"J'enchaînais les coupes et je trinquais à tour de bras, d'autant qu'il y avait du chablis et qu'on me resservait sans cesse, me proposant chaque fois le verre de l'amitié, au point que je commençais à ressentir les effets de l'amitié, je flottais dans un présent idéal, l'alcool s'ajoutant à la sournoise ivresse de l'orgueil, je sentais que dans ce petit monde la lucidité m'échappait comme un savon au fond d'une baignoire"

"Se présenter en tant qu'écrivain, c'est prendre le risque d'être perçu comme un réceptacle, soudain chacun se valorise de l'universelle conviction d'avoir quelque chose à raconter. "


"Bien sûr, tout destin est exceptionnel, mais une vie ne suffit pas à faire un livre , un livre c'est bien plus que ça, et bien moins tout en même temps"

"Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi."

4 commentaires:

  1. Chère lectrice. L'auteur, ou le personnage, ne cherche en rien à résoudre l'enquête…. Il cherche juste à approcher une femme! Une simple passion égoïste, et en aucun il ne joue les Peter Falk ou les Duras, ou les Gérard Klein… Tout mon propos est de même fustiger ces apprentis-enquêteurs… !
    S'il s'approche de ce fait divers, c'est juste par amour d'une femme, certainement pas par gout de la vérité, et encore moins pour jouer les redresseurs de tort.
    Cordialement.

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  2. Merci Serge pour ce commentaire.
    J'ai cherché en vain cette fois une Volkswagen caméléon et n'est trouvé qu'un fourgon bleu (une boîte de six?)
    Amitiés
    (j'ai quand même beaucoup plus aimé L'amour sans le faire...)

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  4. Je serai très heureuse de lire ce livre :)

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