samedi 28 février 2015

La chartreuse de Parme

Stendhal









  • Poche: 741 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (septembre 2000)
  • Collection : Classiques
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2253160687
  • ISBN-13: 978-2253160687
  • Existe en version numérique libre de droits








Fabrice del Dongo vient de rejoindre ma galerie personnelle d’anti-héros romanesques, gueules d’amour et destins pourris, aux côtés d’Heathcliff, de Julien Sorel, ou Fanfan la tulipe…Il pourrait même faire partie des finalistes, ce dadais qui fait succomber non seulement toutes les nobles dames de la cour de Parme, mais aussi tout ce qui porte jupon en Italie. Bien entendu, personne n’ émeut son coeur, jusqu’au jour  où il tombe raide dingue de la seule qui soit inaccessible, la douce et vertueuse Clélia. Il faut dire que le chemin qui le mène de Waterloo où par amour pour Napoléon, Fabrice se rend pour  jouer à la guerre, (résultat : il est recherché par toutes les polices de France et d’Italie, ce grand benêt), est complexe. A son retour en Italie, nombre d’influents personnages l’attendent au tournant, et c’est une altercation pour rivalité amoureuse, qui tourne mal, qui met le feu aux poudres. La Cour de Parme se saisit de ce fait divers pour en faire un fromage, et Fabrice devient l’enjeu des guerres d’influence qui font et défont les carrières des notables. La chaste passion de la duchesse Gina pour son troublant neveu est le rempart sans lequel le beau Fabrice aurait rapidement fini sa vie dans le noeud coulant d’une corde, pour peu que les geôliers ne l’aient pas empoisonnés avant la sentence.
Un détail, qui en dit long sur les moeurs de la société italienne du dix-neuvième siècle : il est prêtre ce jeune homme!

Les classiques ne le sont pas devenus par hasard : s’ils ont traversé les décennies et sont toujours l’objet d’analyse pour les professionnels et de délices pour les lecteurs amateurs, ce n’est pas un effet de mode. Et il est dommage que ce passage obligé pendant les études, mal présenté, vécu comme un pensum , conduisent à des rejets parfois irréversibles pour les jeunes élèves, avec le risque que, comme pour les épinards de la cantine, ils ne soient plus jamais disposés à y goûter .

Enfin, un mot sur l‘écriture, dont le style désuet confère une ambiance de vieille photo sépia et participe au charme  de ce monument de la littérature romantique





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