lundi 18 mai 2015

Le dernier de son espèce

Andreas Eschbar








  • Broché: 292 pages
  • Editeur : Librairie L'Atalante (26 janvier 2006)
  • Collection : La dentelle du cygne
  • Langue : Français
  • Traduction (Allemand) : Joséphine Bernhardt
  • ISBN-10: 2841723259
  • ISBN-13: 978-2841723256
  • Existe en version numérique






La parution d’un nouvel opus d’Andreas Eschbar est une promesse de plaisir, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Même si la tonalité est différente des précédents (Jesus vidéo, ou Des milliards de tapis de cheveux, en passant par Qwest ou Le projet Mars), c’est un roman qui se dévore. 
Le (super?)héros qui est aussi le narrateur est un pur produit de ce que la technologie martiale peut imaginer : « L’homme qui valait 3 milliards » est à côté un article de hard discounter. Os en alliage, oeil multifonction, auto-délivrance de traitements médicamenteux…presque toutes les « pièces d’origine » ont été remplacées , au point de ne pouvoir se nourrir que d’un concentré spécifique , qui évoque une huile de vidange vitaminée, faute d’intestin fonctionnel .

Ils ont été quelques-uns à survivre aux innombrables interventions nécessaires pour en arriver à ce résultat, mais le projet ayant été abandonné, notre homme se retrouve exilé sur les terre de ces ancêtres, en Irlande. Ses compagnons eux aussi cobayes de l’armée américaine sont dispersés, isolés par leur statut de « secret défense ».

Mais voilà, des individus patibulaires semblent s’intéresser à notre cyborg, et, c’est connu, même les paranos ont des ennemis, la traque commence. Reste alors à élucider la question ultime : pourquoi?

Ce qui crée l’intérêt chez le lecteur, c’est l’association dans le récit de l’action et de l’anamnèse, de façon très adroite. On ne s’ennuie donc pas un seul instant.

Les explications techniques sont suffisamment complexes pour ne pas pouvoir relever des aberrations scientifiques. Il faut juste se laisser porter par ce qui est proposé.

L’aspect moral ou philosophique n’est pas occulté : lorsque le remplacement des organes confère de nouveaux pouvoirs, n’y a t-il pas une limite, qui pourrait remettre en cause le statut d’humain? 
Et puis, qu’est ce qui peut conduire des jeunes gens ordinaires à prendre de tels risques, y compris celle de perdre leur vie?
Pour la philosophie pure, c'est Sénèque qui est à l'honneur : en tête de tous les chapitres, et comme guide spirituel du narrateur 

En filigrane, l’allusion a un projet encore plus fou de l’armée laisse présager d’autres parutions à venir?





"A l'entendre un jour énoncer le nombre pi, j'en vins à me demander dans quel univers tordu nous vivions pour qu'un truc aussi évident que le rapport entre le diamètre  et la circonférence d'un cercle nécessite l'intervention d'un concept aussi compliqué."

"La mort est la disparition de toute les souffrances, elle constitue une limite que ne franchissent pas nos malheurs et elle nous rend la tranquillité dans laquelle nous baignions avant notre naissance."
Sénèque Consolations





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