jeudi 9 juillet 2015

Amours

Léonor de Récondo








  • Broché: 276 pages
  • Editeur : Sabine Wespieser (8 janvier 2015)
  • Collection : LITTERATURE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2848051736
  • ISBN-13: 978-2848051734
  • Existe en version numérique









C’est avec une plume délicate que Leonor de Redondo sublime les émotions, quel que soit le sordide qui pointe au delà de mots. 
La situation est hélas banale, le maître de maison assouvit ses pulsions  sans tenir compte de la jeune femme qu’il utilise pour parvenir à ses fins. Et lorsqu’on est une simple employée, à la limite de l’esclavage, rien ne se dit. Mais tout finit par se voir. Le plus souvent, le drame se termine par l’exclusion de la fautive, s’il est trop tard pour que la faiseuse d’anges vienne faire disparaitre l’objet du délit. 
Oui mais voilà, cette grossesse inopinée pourrait bien combler le vide d’une épouse inféconde. Même si tout n’est pas si simple, et qu’un enfant ne vit pas seulement de lait. La mère biologique le ressent  et ravit la nuit son jeune nourrisson qui dépérit. L’amour va sauver ce petit être, et révéler des sentiments plus forts que les interdits.

Les hommes et les femmes changent peu en un siècle : même désirs, même pulsions, même hiérarchie implicite qui autorise sans questionnement l’instrumentalisation  d’autres êtres humains. 
La seule évolution tangible est que parfois, de nos jours les choses se disent , et l’on affiche volontiers sa différence.c e qui était impensable il y a quelques dizaines d’années, alors que toute « déviance » trouvait son costume d’apparat  pour que le paraitre soit acceptable.

C’est le coeur du roman, dont on redoute l’issue, pour peu que la religion y mette son grain de sel.
Mais on est loin du roman naturaliste. C’est avec beaucoup de subtilité que l’auteur dresse le portrait, sans concession cependant, de cette famille construite sur des bases peu stables.

C’est assez court mais suffisamment dense pour que le but soit atteint, emporter le lecteur dans un carrousel dont la musique s’affole et ne trouve pas sa tonalité.


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