lundi 13 juillet 2015

Les Suprêmes

Edward Kelsey Moore









  • Broché: 336 pages
  • Editeur : ACTES SUD (2 avril 2014)
  • Collection : Lettres anglo-américaines
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330019920
  • ISBN-13: 978-2330019921
  • Existe en version numérique






Le titre est une allusion à Diana Ross, Florence Ballard et Betty McGlown, autrement dit les Suprêmes , groupe mythique des années 60. Il n’est donc pas surprenant de se retrouver dans le quartier afro-américain d’une petite ville de l’Indiana en compagnie de 3 femmes que nous accompagnons tout au long d’un demi-siècle.

La trame est faite du récit d’ Odette, celle qui est née dans un sycomore, amie de Clarice, la pianiste. Ces deux-là sont bientôt rejointes par Barbara Jean, bien meurtrie par la vie. Leur enfance et leur adolescence est évoquée, puis leur rencontre et les décisions qui forgent leur destin d’épouses. Ces trois amies, malgré les coups du destin et l’évolution sociale, restent profondément unies. Les maris, les enfants, la maladie, les deuils,  la maladie , rien ne peut détruire cette amitié.

C’est un peu difficile de se repérer au départ, car autour des 3 héroïnes gravitent de nombreux personnages, les parents, les enfants, les amis, et même les défunts qui se mêlent régulièrement de ce qui se passe dans le monde des vivants (la mère d’Odette est un vrai bonheur…). Puis quand tout est mis en place, on tourne les pages avec pour accompagner ce trio remarquable.

Beaucoup d’humour pour cet état des  lieux de la société multiculturelle aux Etats-Unis, grâce à des personnages fascinant, pour qui la résilience n’est pas un vain mot.
Le roman est rythmé par la musique, celle que joue Clarice sur son piano, et qui met en note ses émotions les plus intimes

Belle traduction qui fait oublier qu’il existe une VO pour ce roman.








"Tu sais, maman, je crois que tout ressemble à un tableau.
- De quoi?
- Tout. La vie. C'est comme si on ajoutait une touche jour après jour. Tu poses les couleurs les unes après les autres, en t'efforçant de faire quelque chose de joli avant qu'il n'y ait plus de place.
[...]
- Tu es défoncée, gloussa Maman"










"Durant mon séjour, j'appris que si l'on veut vraiment connaître les détails secrets de la vie des gens, il suffit de tomber dans le coma. C'est comme ouvrir un confessionnal et inviter tous ceux qui passent à y entrer. Les gens n'arrêtaient pas de venir me voir et de m'avouer des choses qu'ils n'auraient pas pu me dire dans les yeux ."

"Barbara Jean s'adonnait à l'étude de la Bible en fermant les yeux.posant le livre ouvert sur ses genoux, et laissant tomber au hasard son index sur une page. Elle pratiquait cette technique depuis des années, persuadée qu'un jour elle atterrirait sur le passage qui lui éclairerait quelque peu l'esprit. Mais surtout elle passait ses nuits à apprendre qui avait engendré qui, et à découvrir la variété apparemment infinie et aléatoire des châtiments qui constituaient la spécialité de l'ouvrage ."



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