mercredi 2 septembre 2015

Hier les oiseaux

Kate Wilhelm






  • Poche: 256 pages
  • Editeur : Denoël (15 avril 1977)
  • Collection : Présence du Futur
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sylvie Audoly
  • ISBN-10: 2207302342
  • ISBN-13: 978-2207302347










Hier, les oiseaux est un roman qui nécessite de faire une (courte) pause, afin d’en mesurer toutes les retombées (et pas uniquement nucléaires).

J’allais dire que ce récit laisse des traces, et pourtant c’est une relecture et la précédente date de …1978. Aucun souvenir n’ a refait surface tout au long des pages tournées.

Hier les oiseaux est un récit post-apocalyptique, puisque, sans qu’un repère temporel soit suggéré, le monde court à sa perte, d’où la tentative de dernière chance d’un groupe familial d’organiser la survie. L’un des problèmes majeurs étant la stérilité des humains, le clonage apparaît comme une solution alternative à la reproduction sexuée, même si les expériences en cours manquent de certitude quant au devenir des générations futures.

L’auteur a cette habileté de ne pas entrer dans les considérations techniques et scientifiques, que ce soit pour le clonage ou l’élevage de foetus, ou pour la gestion informatique de ces tâches (le roman est écrit en 1977), ce qui a davantage de rendre ce récit intemporel.
C’est aussi de cette façon qu’il suscite des réflexions philosophiques sur de multiples sujets : le statut des clones, la domination de la nature qui reprend ses droits alors que les humains ont laissé la planète exsangue avant de disparaître en quasi totalité, la place de l’individu dans un groupe, la stratification des « castes » qui résulte de la prédétermination des êtres, un peu comme dans Le meilleur des mondes d’Aldols Huxley.

Trois parties dans le roman, la fin d’une ère (on ne sait pas exactement ce qui s’est passé mais de vastes régions d’Amérique du Nord sont radioactives), puis la période où la microsociété qui se met en place est à bout de ressources et doit explorer le monde au delà de ses frontières, et enfin, le constat d’un échec inéluctable. 
L ‘épilogue laisse poindre une lueur d’espoir…

C’est un enfant qui est le personnage essentiel, un enfant différent, incompris, et donc effrayant pour le reste du groupe. Son bannissement ou son élimination sont régulièrement envisagés, tant il dérange le fonctionnement du groupe. Mais il est le seul à pouvoir leur venir en aide , tout simplement parce que les clones se conduisent comme des robots, incapables d’initiatives, d’imagination, de pensées élaborées (un bonhomme de neige, pour eux, c’est de la neige, c’est tout). Et il est terriblement fascinant, ce jeune Mark.

Une très belle redécouverte donc à conseiller à tous les amateurs de science fiction qui fait cogiter.





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