dimanche 8 novembre 2015

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

Haruki Murakami









  • Broché: 180 pages
  • Editeur : Belfond (2 avril 2009)
  • Langue : Français
  • Traduction (japonais) : Hélène Morita
  • ISBN-10: 271444508X
  • ISBN-13: 978-2714445087










Bien loin des récits oniriques à la lisière de la réalité, Haruki Murakami se livre ici à un exercice introspectif dans un huis-clos à trois témoins : la course à pied, l’écriture et l’auteur. 
Le texte est court, mais est-il nécessaire de s’étendre davantage sur ce qui apporte un éclairage tout à fait intéressant sur la personnalité de cet auteur plébiscité dans le monde entier?

Il y est question, bien sûr de la relation particulière qui s’instaure entre l’auteur et son corps, qu’il négligea jusqu’au jour où le désir d’user des chaussures sur la route, dans un déclic, le conduise à une addiction, comme celle que décrivent la plupart des adeptes de cette pratique sportive

C’est bien sûr une apologie de la course à pied, mais sans prosélytisme, l’auteur reconnait que ce n’est pas une panacée, que cela ne convient pas à tout le monde (il suffit pour s’en convaincre d’observer les joggueurs amateurs du dimanche, pour lesquels il n’est même pas besoin d’être un professionnel pour se rendre compte à quel point ils martyrisent leurs articulations, futurs candidats à la prothèse du genou). A contrario , c’est un sport, qui, quand il est adapté à la morphologie, peut procurer bien du bonheur.
De cette pratique est née chez l’auteur une discipline de vie, qui a bien sur influé sur son écriture, et c’est tout l’intérêt de ces confessions, le parallèle établi entre écriture et course.

On a l’impression, en parcourant ce livre, de regarder par le trou d’une serrure, et de découvrir un champ limité. Car comment si sa vie s’en tient à ces deux activités solitaires, peut-il écrire des romans foisonnants, qui explore les limites de l’imagination? Car on découvre un Murakami presque asocial, centré sur lui-même, de façon quasi pathologique. Ou alors cette vie monacale est-elle le secret pourvue s’ouvrent les passages qui conduisent à ses fabuleuses productions littéraires ?


Sans succès préalable, il est probable qu’un tel écrit serait passé inaperçu. Il faut déjà avoir assis sa réputation pour qu’un éditeur s’empare d’un texte comme celui-là. Et en même il est toujours très intéressant de découvrir les coulisses de la vie personnelle d’un écrivain. C’est ainsi que les sportifs et les lecteurs passionnés pourront être comblés. Et je ne parle pas des lecteurs marathoniens!…..



Durant les courses de fond, le seul adversaire que l'on doit battre, c'est soi, le soi qui traîne tout son passé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire