vendredi 27 mai 2016

Pandemia

Franck Thilliez






  • Broché: 648 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2015)
  • Existe en version numérique et audio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265099031
  • ISBN-13: 978-2265099036











Rappelant à nos bons souvenirs la cacophonie qui avait agité les médias et fait naitre des craintes sans doute légitimes autour de la grippe aviaire il y a quelques années, Franck Thilliez plonge au coeur du sujet : il suffit de quelques cygnes  morts pour mettre en alerte les spécialistes qui veillent sur notre environnement microbiologique. Car le fait est là : le virus de la grippe qui les a tués est d’un type inconnu. C’est suspect et d’autant plus inquiétant que les cas d’oiseaux atteints se multiplient et que les cas humains se déclarent. Particulièrement au 36….La volonté de nuire ne fait plus de doute, rien de naturel dans cette épidémie soudaine.

« Partout, autour de ces gens qui ont été contaminés le mercredi au restaurant, on a des cas secondaires. La famille, les proches, les amis. Le virus est un sprinter. Putain, Amandine, c'est la merde! »


Sharko est sur une affaire de meurtre bien crade, des victimes éliminées selon une mise en scène bien précise, des rituels  qui évoquent de vieux mythes mais bien sûr tout lecteur de polar se doute d’emblée qu’il existe un lien et que les services de la sécurité biologique vont avoir tout intérêt à collaborer avec les enquêteurs de la crim.

Qui est derrière tout ça? c’est la trame du roman, ce qui crée l’intérêt et pousse à tourner le sages les unes après les autres.

Mais Pandemia, ce n’est pas que ça. C’est aussi un voyage qui réveille des peurs ancestrales. La mise en scène des meurtres évoquent des vieux mythes 

« le cavalier blanc est là pour répandre la parole de Dieu, il est l’annonciateur du malheur. Le rouge symbolise le sang versé, il sème la guerre, le trouble par l’épée. Le noir fait pourrir les récoltes, amène la famine. Quant au vert, il représente la maladie, la mortalité par épidémie. 
Il est la Mort.

Tout concourt à  met en évidence s’il en est besoin la fragilité de l’humanité, celle de chacun de ses éléments ou de sa globalité. 

On n’est plus au moyen-âge, la technologie permet aussi aux êtres les plus mal intentionnés d’accroitre leur efficacité, et l’incursion que nous propose l’auteur au coeur du dark web m’a bien fait flipper!

Quant aux personnages, on retrouve avec plaisir  Sharko et Lucie, mais les nouveaux ne sont pas en reste : le couple Phong-Amandine est particulièrement intéressant, et l’ambiguïté est bien entretenue sur la personnalité de la jeune femme.

Aucun doute sur le travail de documentation, c’est du cousu main, du boulot de spécialiste, de la belle ouvrage, qui rend totalement crédible le scénario .


C’est intelligent, efficace, captivant, palpitant : 5/5

Challenge Pavés Babelio 2015-2016





Partout, autour de ces gens qui ont été contaminés le mercredi au restaurant, on a des cas secondaires. La famille, les proches, les amis. Le virus est un sprinter. Putain, Amandine, c'est la merde!

*

Des gens toussaient. La plupart mettaient leur main devant la bouche, poliment, puis les posaient ensuite sur les barres, les sièges, les poignées de porte. Certains virus comme la grippe pouvaient vivre largement plus que vingt-quatre heures sur de l'inox. Les microbes se répandaient partout, transitaient d'un individu à l'autre, s'insinuaient dans les fosses nasales, arrivaient aux poumons, puis au sang. Rien ne pouvait les empêcher de se propager. Il y avait, rien que dans la rame, des millions de fois plus de micro-organismes que d'humains sur Terre

*

C'était le problème des couples de flics. On ramenait sa crasse dans le foyer et on l'étalait partout sans même sans rendre compte. C'était comme dormir avec son flingue



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire