vendredi 20 mai 2016

Trois jours et une vie

Pierre Lemaitre




  • Broché: 288 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (2 mars 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226325735
  • ISBN-13: 978-2226325730










Pierre Lemaître ne m’avait jamais déçue. Fan inconditionnelle des polars qui m’ont fait frissonner pour mon plus grand plaisir, admirative d’Au-revoir là-haut avec cette histoire de guerre atypique, je reste plus mitigée sur le dernier opus.
L’auteur revendique le genre roman noir, plutôt que polar. En effet le roman débute avec la description des faits dramatiques qui aboutissent à la mort d’un jeune garçon, violemment heurté à la tête par Antoine, le « héros » du récit, pas beaucoup plus âgé que la victime. Pas de mystère : on sait ce qui s’est passé.
Deuxième événement dramatique : la tempête de 1999, qui se déclenche juste après la disparition du petit garçon, et qui, de ce fait, entrave les recherches qui auraient pu élucider l’affaire. Antoine est comme protégé par un ange (ou un démon) gardien, et échappe à l’arrestation pour meurtre.

Le temps passe et Antoine passe entre les gouttes, au prix de rappels intempestifs que lui adresse le destin. Oui mais voilà, comment peut-on s’en sortir avec un tel poids sur la conscience?

C’est tout l’objet du débat que nous propose l’auteur.

Alors qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour que n’accorde pas les cinq étoiles habituelles?

Est-ce que l’intrigue moins violente, moins palpitante, plus fondée sur les conséquences psychologiques démasque une insuffisance dans l’écriture? 
Est-ce la personnalité d’Antoine, capable de violences mais inapte à assumer les conséquences de ses actes? Son choix de carrière est-il une forme de résilience ou simplement incohérent avec le personnage? On a l’impression d’avoir affaire à un pantin, soumis aux aléas de l’environnement, que ce soit la météo ou les séquelles d’un flirt un peu poussé. 

Soyons juste, il ne s’agit pas non plus d’un pensum. La lecture est facile et on suit avec intérêt le léger suspens lié au fait que l’on se demande comment Antoine va se sortir (ou pas) de ce mauvais pas. Mais c’est quand même beaucoup moins accrocheur que Travail Soigné ou Alex, qui vous prenait aux tripes sans répit.


Quant au dénouement, que je tairai bien sûr, il m’a laissé un peu sur ma faim….




L'activité religieuse était assez saisonnière.
La plupart des fidèles revenait à la messe lorsque que l'agriculture était en difficulté, quand les prix du bovin entraient en récession ou que les usines de la région préparaient des plans de licenciement.
L'église proposait une prestation, on se comportait comme des consommateurs.

*
Mme Courtin était née ici, c'est ici qu'elle avait grandi et vécu, dans la ville étriquée où chacun est observé par celui qu'il observe, dans laquelle l'opinion d'autrui est un poids écrasant. Mme Courtin faisait, en toutes choses, ce qui devait se faire, simplement parce que c'était ce que, autour d'elle, tout le monde faisait.





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