dimanche 18 juin 2017

L'arche de Darwin

James Morrow







  • Broché: 588 pages
  • Editeur : Au Diable Vauvert (18 mai 2017)
  • Collection : LITT GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sarah Doke
  • ISBN-13: 979-1030701159










Belle idée que la création d’une jeune et belle héroïne, aussi intrépide que charismatique, pour être le porte-parole des hypothèses émergentes de Charles Darwin, alors qu’il n’a pas encore achevé l’écriture de son livre phare De l’Origine des espèces. 
Dans le Londres du milieu 19è siècle, la jeune Chloé tente d’assurer sa subsistance en incarnant de multiples personnages sur les planches. Son talent est réel, tout autant que sa propension à provoquer des scandales. Et comme un petit nuage au dessus de sa tête tente d’assombrir son caractère jovial et optimiste, en perdant son travail, elle découvre qu’elle doit venir au secours de son père, qui de nos jours devraient faire face à un dossier de surendettement. Ce n’est pas son joueur de frère qui pourra le sortir de là. La solution pourrait-elle venir d’une idée lumineuse surgie de son esprit fécond alors qu’elle est gardienne de zoo chez Mr et Mme Darwin?

C’est le tout début d’aventures palpitantes et ébouriffantes, qui nous emmènent vers les Galapagos, mais pas du tout en ligne droite, et menées tambour battant par la pétillante Chloé

C’est un joli pavé , mais comment faire autrement pour aborder des sujets aussi multiples : les controverses que font naitre la théorie de l’évolution sont au coeur du propos, mais l’auteur ne s’en contente pas. Exploration des moyens de transport, statut des femmes, esclavage, croyances, extraordinaire luxuriance de la faune et de la flore de l’autre côté de l’atlantique, entre autres.

James Morrow n’hésite pas à flirter avec le fantastique, à travers l’esprit  brumeux d’un prélat colombophile, artiste et visionnaire, privé de la compagnie de ses ouailles pour avoir tenté de dévorer l’intégrale de l’Apocalypse de Saint Jean…

La richesse des dialogues, le caractère cocasse des aventures, l’érudition savamment distillée au coeur des échanges et des situations font de ce roman un incontournable pour les amoureux du 19è siècle, alors que la science en plein essor remet en question les fondamentaux de la religion.
L’écriture est résolument moderne, mais adroitement utilisée dans une mise en page à l’ancienne, avec titres de chapitre à rallonge, et typographie élégante.


Drôle, instructif, mouvementé, c’est un vrai récit d’aventures, palpitant et ensorcelant.



Granville avait bien bien sûr, avant son internement, montré des comportements qui pouvaient indiquer la folie. Son projet de manger le Livre des révélations, par exemple. Tel le rabbin médiéval Löew nourrissant son Golem de terre de prières écrites, Granville avait régalé son âme en tentant de  dévorer l'Apocalypse. Il était arrivé à la putain de Babylone quand son adorée, chair de sa chair et os de ses os, avait déclaré qu'elle quitterait le presbytère et ne  reviendrait jamais s'il consommait une seule vision de Saint-Jean de plus.

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