vendredi 23 juin 2017

Un clafoutis aux tomates cerises

Véronique de Bure







  • Broché: 384 pages
  • Editeur : FLAMMARION (17 mars 2017)
  • Collection : FICTION FRANCAI
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2081389061
  • ISBN-13: 978-2081389069









Un bout de chemin (la fin du chemin?) avec Jeanne, quatre-vingt dix ans, pas trop mauvais pied, et bon oeil, jeune encore dans sa tête. Certes les gadgets dont ses enfants bien intentionnés voudraient l’équiper l’agacent. Par leur inutilité et leur complexité, et surtout parce qu’elle s’en est passé pendant neuf décennies, alors pourquoi s’encombrer? 
Elle a ses habitudes, Jeanne, ses rituels, ses moments passés avec ses amies, (dont le nombre , hélas décroît rapidement), autour d’une table de bridge et d’un verre de vin blanc.

Dans ce journal qu’elle entame comme une adolescente, elle nous confie ses angoisses, ses coups de gueule aussi, et ses moments de bonheur. Les souvenirs aussi, bien présents, un peu comme un bilan, et un  décompte de ceux que l’on a perdus. 

La prose simple et sans fioriture de Véronique de Bure réussit à nous embarquer dans l’univers  intime de la nonagénaire, avec beaucoup d’empathie
L’atmosphère cependant, change peu à peu. A l’humour et l’autodérision succède une phase plus morose, qui se conçoit aisément, alors qu’une à une les amies disparaissent. Le bon dieu reste une valeur à laquelle elle se raccroche , avec l’espoir entrevu de retrouver dans l’au-delà promis, la trace de ceux qui ont compté dans sa vie.


On est loin des récits de gangsters en déambulateurs et autres contrevenants des résidences pour seniors. c’est à la fois réconfortant et flippant. 




C'est étrange comme plus le temps passe et moins la mort me touche. Même celle des êtres les plus chers. Je crois qu'à force de voir les gens partir on s'habitue. On pleure des souvenirs, une solitude qui se dépose dans nos coeurs en couches de plus en plus épaisses, nous enveloppe et nous éloigne du monde.

*

René ne dépassait jamais les limites de vitesse, était poli avec tout le monde, payait ses impôts et les factures rubis sur l'ongle. René n'avait pas de fantaisie, ou plutôt il était une fantaisie à lui tout seul, une espèce d'être rare qui, à force d'être sérieux, était devenu drôle.

*

Tout ce qu'on arrête un jour , on l'arrête pour toujours



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