lundi 24 juillet 2017

J'enquête

Joël Egloff






  • Broché: 285 pages
  • Editeur : Buchet-Chastel (3 mars 2016)
  • Collection : LITT FRANCAISE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2283026318
  • ISBN-13: 978-2283026311















Le narrateur est un personnage ordinaire , très ordinaire. Et pourtant, dès le départ, le ton est donné. Il y a quelque chose qui cloche. 
Le passé de notre détective auto-proclamé est trouble : il semble que des impasses ont jalonné son parcours. Et que cette mission qui lui est confiée relève de la survie domestique sur fond de panne de chaudière.

Toujours est-il que notre fin limier se retrouve dans un bled paumé, le lendemain de Noël, chargé de débusquer le ravisseur de l’enfant Jésus, celui de la crèche en plâtre, pompeusement rebaptisée « scène de crime ». . 
Imprégné de séries TV , il rassemble les indices les plus ténus, interroge « habilement » les témoins et court désespérément après son avance, car clairement, on comprend à travers les échanges téléphoniques avec son épouse que le budget familial est très problématique.

C’est un univers très décalé qui s’appuie sur un modèle d’enquête policière, mais où curieusement rien ne se passe. Une superposition d’un cadre affligeant de banalité et d’une investigation dérisoire. 
C’est très agréable à lire, le personnage est sympathique, son ingénuité est touchante. l’humour est basé sur un subtil décalage entre ce que ressent le narrateur et ce que comprend le lecteur.

On reste cependant un peu sur sa faim quant au dénouement….ou alors il eut fallu qu’une série  de scénarios similaires crée un fil rouge qui justifie le propos. Car en l’état cela ressemble plus à un brouillon, un fond de tiroir proposé à l’éditeur en mal de publication.




À la gare, personne.
J’ai posé mon sac à mes pieds et j’ai regardé autour de moi. Comme j’avais demandé qu’on soit discret, qu’ils ne viennent pas m’accueillir, surtout, avec mon nom inscrit en grand sur un carton qu’ils brandiraient aux yeux de tous, j’ai pensé qu’ils se tenaient peut-être un peu à l’écart et n’apparaîtraient qu’une fois l’endroit redevenu désert.
Mais ce ne fut pas le cas

*

En tout cas, je n'échangerais pas ma vie contre celle de la reine d'Angleterre, a fait la jeune coiffeuse, du bout des lèvres. Elle non plus, rassurez-vous, lui a rétorqué sa cliente

*

Juste avant de tendre mon sac, elle m'a demandé si j'avais des enfants. Pourquoi cette question ? j'ai pensé. Je m'en suis méfié un peu, mais j'ai tout de même répondu que j'en avais deux. Alors, elle a glissé deux ballons de baudruche dans le sac. Un rouge et un bleu. C'est gentil, j'ai dit, tout en regrettant de ne pas lui avoir répondu que j'en avais trois




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