samedi 28 octobre 2017

La salle de bal

Anna Hope






  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Gallimard (17 août 2017)
  • Collection : Du monde entier
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Elodie Leplat
  • ISBN-10: 2072688728
  • ISBN-13: 978-2072688720









C’est un roman grave, qui rappelle ce que fut l’univers de la psychiatrie expérimentale du début du vingtième siècle, alors qu’aucun garde-fou, sans mauvais jeu de mots, n’existait pour protéger les malades des expérimentations sauvages de médecins inconsidérément téméraires.

Le scénario prend place en Angleterre, mais l’ensemble de l’Europe a été embarquée dans cette mouvance, qui reposait  sur les théories eugénistes , présentes en filigrane autant en politique qu’en médecine.

L’auteur illustre le thème en nous proposant un roman choral, qui met au devant de la scène successivement un médecin mélomane qui rêve d’une humanité « améliorée », et plusieurs pensionnaires d’un asile pour aliénés , qui avant que le docteur un peu fêlé ne s’en mêle, avait des allures  d’établissement avant-gardiste : autarcie de production des vivres et maintenance collaborative des locaux et de la buanderie, souci du bien être des pensionnaires à qui sont  proposées des soirées dansantes au son d’un orchestre qui rassemble les musiciens de la communauté. 
Certes les hypothèses psycho-pathologiques paraissent bien surannées, et la violence n’était pas uniquement le fait des patients incontrôlables, mais un certain degré d’empathie , même si le terme était trop récent pour faire partie du vocabulaire courant, transparaissait à travers la volonté de procurer du bien-être aux patients

On mesure aussi le chemin parcouru concernant les modalités d’enfermement, alors qu’une simple demande de la famille suffisait à condamner n’importe qui à un isolement souvent contre-productif sur le plan de la santé mentale.

On s’attache rapidement à ces personnages victimes de circonstances malheureuses. Leur lutte contre l’absurdité du système suscite des sentiments de révolte et on craint pour eux les conséquences code leur indocilité.

cette lecture fait écho à l’ouvrage de Boris Cyrulnik sur l’histoire de la psychiatrie, qui décrivait le cheminement des procédés, dont l’inventivité n’avait d’égal que la cruauté.


L’élégance de l’écriture, gravée  et nourrie de compassion contribue  à l’impression générale d’un roman réfléchi et digne.





Si un peu de lecture légère ne porte pas à conséquence, en revanche une dépression nerveuse s'en suit quand la femme va à l'encontre de sa nature. Peut-être serait-il utile à Miss Church de faire une pause loin de ses livres ?

*

Son travail avait changé. Sans le moindre avertissement, Dan et lui avaient été déplacés. Fini de creuser des tombes, ils se retrouvaient désormais dans les champs. (..)
Entre creuser des trous pour la mort et semer la vie, il ne savait pas où était sa place. 





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