vendredi 6 octobre 2017

Silo Origines

Hugh Howey







  • Broché: 564 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (7 mai 2014)
  • Collection : Exofictions
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Laure Manceau
  • ISBN-10: 2330032013
  • ISBN-13: 978-2330032012







Les préquels ont ceci d’attractif que l’on s’y plonge avec dès le départ des questions. C’est un peu comme lorsqu’on arrive à un cours ou une conférence en ayant préparé le terrain : curiosité certaine, sensation de familiarité, tout en étant prêt à se laisser surprendre chaque page tournée. Sauf gros ratage de forme, le lecteur est acquis à la cause, pour peu que le roman initial ait réussi à capter l’intérêt (ce qui est un prérequis : qui se lancerait dans une suite inversée après avoir détesté le premier opus?)

Le pari est ainsi  réussi pour Silo origines : les mystères, les silences de Silo sont peu à peu élucidés, sans que la narration prenne une tournure didactique; on est toujours dans un récit d’action et d’aventures. 

Le début est glaçant : rendre le conflit Corée-USA responsable du chaos renvoie à l’actualité bien réelle, tout au moins celle que veulent bien mettre à la une les médias qui nous (dés)informent.
Le procédé initiateur du chaos, tout en étant original, évoque aussi des angoisses latentes face à un potentiel péril invisible.. c’est assez réussi.
 On assiste ainsi à la naissance de cet univers fermé des silos, isolés et cloisonnés de façon tout à fait voulue, et contrôlés d’une façon stalinienne, sans aucune prise en compte de l’individu. Le groupe doit fonctionner, et l’on élimine toute menace infime , tout grain de sable risquant de mettre en péril l’engrenage. Un régime totalitaire.

Il faut attendre un peu pour que le lien avec les personnages de Silo s’établissent. Un suspens de plus. D’ailleurs toutes les questions ne sont pas résolues et ne serait-ce l’obstacle de l’épaisseur et de la densité d’Origines (mise en balance avec les 580 nouveaux romans de la rentrée littéraire…), il se rait tentant de le relire .


C’est en tout cas réussi, et malin, car ce qui pouvait rendre Silo un peu « bourre-toutou », c’est le fait de ne pas comprendre pourquoi on en était arrivé là. Et comme par hasard, il devient tentant de suivre l’évolution des personnages, de savoir si la terre peut-être à nouveau habitable, et si les hommes seront à nouveau victimes de leur sottise (mais pour ça j’ai déjà la réponse).



Avant les enfants étaient notre héritage, pas vrai? C'était l'occasion pour nous de tromper la mort en laissant derrière nous ces petit morceaux de nous-mêmes mais maintenant, on espère que ça puisse être nous, tout simplement.

*

Le monde est cruel. Il l'a toujours été. J'ai passé ma vie à trouver les moyens de le rendre meilleur, de le réparer, à rêver d'un idéal. Mais pour chaque optimiste dans mon genre, il y a dix acharnés prêts à tout détruire. Et il suffit qu'un seul d'entre eux ait de la chance.


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