samedi 4 novembre 2017

Sapiens

Yuval Noah Harari









  • Broché: 450 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL; Édition : Albin Michel (2 septembre 2015)
  • Collection : ESSAIS DOC.
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Pierre-E:manuel Dauzat
  • ISBN-10: 2226257012
  • ISBN-13: 978-2226257017






Qu’est ce qui peut faire qu’un essai sur l’histoire de l’humanité puisse rencontrer un tel succès planétaire? Bien sûr le fait que cette planète est justement colonisée et exploitée par l’espèce vedette de l’ouvrage. Parlez moi de moi, c’est tout ce qui m’intéresse. Mais ce n’est sans doute pas la seule raison, car les ouvrages historiques ou sociologiques sur le sujet ne manquent pas. 
Une deuxième raison est la simplicité du style et le recours à des exemples incontestables : on est loin des ouvrages universitaires abscons qui vous excluent d’emblée du club fermé des happy fews familiers d’une terminologie ésotérique. On est dans le réel, dans les faits. 

L’auteur a par ailleurs cet art de décaler le point de vue, de jeter un regard de côté sur des faits et des chiffres qui prennent une autre dimension. Et le lecteur de constater qu’en effet il s’est bercé d’illusions savamment insinuées  par un formatage éducatif à grande échelle. A moins que ce nouvel éclairage ne soit lui-même un miroir aux alouettes. « La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute » nous disait Pierre Desproges.

Doutons donc : des frontières, du système monétaire, du libéralisme et de tout ce que l’homo sapiens a mis en place en renonçant au nomadisme du chasseur-cueilleur. Nostalgie du temps où les humains vivent comme les oiseaux des champs qui « ne sèment ni ne moissonnent ». Tout le malheur du monde proviendrait de la spécialisation , de la création des « niches pour abrutis », à savoir les humains qui ne savent pas assurer leur propre subsistance par eux-même , sans dépendre d’un plus performant, au risque de devoir lui accorder toute leur confiance.


Pas de leçon de conduite, c’est plus un état des lieux, sur fond de menace diffuse. Car cette espèce est capable de tout détruire, les exemples abondent dans le passé et il n’est pas de jour où l’actualité ne nous fasse une piqûre de rappel quant aux dégâts que nous provoquons. Pis, elle semble bien être sur le chemin de sa propre destruction…à moins qu’Homo deus ne nous prouve-le contraire. Le second ouvrage de l’auteur est un incontournable quand on a apprécié comme je l’ai fait cet essai.



Il n'existe rien qui ressemble à des droits en biologie, juste des organes, des facultés et des traits caractéristiques. Si les oiseaux volent, ce n'est pas qu'ils aient le droit de voler, mais parce qu'ils ont des ailes.

*

Si les tensions, les conflits et les dilemmes insolubles sont le sel de toute culture, un être humain qui appartient à une culture particulière doit avoir des croyances contradictoires et être déchiré par des valeurs incompatibles. C'est là un trait si  essentiel de toute culture qu'on lui a même donné un nom : la dissonance cognitive. Souvent on la présente comme une défaillance de la psyché humaine. En réalité elle en est un atout vital. Si les gens avaient été incapables d'avoir des croyances et des valeurs contradictoires il eut été probablement impossible d'instaurer et de perpétuer la moindre culture humaine.

*
L'avènement de l'agriculture et de l'industrie permis aux gens de compter sur les talents des autres pour survivre et ouvrit de nouvelles "niches pour imbéciles". On allait pouvoir survivre et transmettre ses gènes ordinaires en travaillant comme porteur d'eau ou sur une chaîne de montage.







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