vendredi 13 avril 2018

Pour qui sonne le glas

Ernest Hemingway












  • Poche: 499 pages
  • Editeur : Gallimard (22 août 1973)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Denise Van Moppès.









Quelle souffrance! Une longue lecture avec la boule au ventre. Et pourtant, n’y a t-il pas là tout ce que j’aime : la guerre, la haine, les luttes fratricides, le fanatisme qui rend aveugle, les exactions des pauvres types dont le cerveau baigne dans l’alcool, les tortures, les viols les espoirs vains…Cette chronique étant susceptible d’être lue à une autre date que le 1er avril, il est peut-être utile de préciser que bien sûr, je plaisante. Et que c’est justement  ce concentré de violence et de négation de ce que devrait être le vivre ensemble sur cette planète tournoyant dans le vide qui m’a tant éprouvée..

Je sais peu de chose de l’Espagne, certes le flamenco, mais aussi l’Inquisition, le chorizo dans la paella (ou pas) mais aussi Franco, l’art andalou mais aussi la corrida, et si l’on jauge les deux plateaux de la balance, il y a fort à parier qu’il penche du côté de la mort et de la souffrance.

Et pourtant, c’est une oeuvre majeure. Ecrite avec une conviction et une maitrise qui force le respect (tout en rendant la lecture d’autant plus pénible ), criante de vérité et de réalisme.
Et au delà du récit de guerre, c’est un réflexion profonde sur la mort, celle qu’on subit, celle qu’on inflige, au nom de principes fallacieux, s’arrogeant des droits sur ceux qui peut-être la veille étaient dans le camp des alliés. 


Récit de guerre, d’amour, de mort. Eros et Thanatos au coeur d’une danse macabre, celle qui mène dans sa folle farandole les humains  que leurs instincts primitifs rendent amnésiques.



- Non. Je suis contre la tuerie des hommes.
- Pourtant, tu as tué.
- Oui. Et je le ferai encore. Mais si je vis après ça, j'essayerai de vivre de telle façon, ne faisant de mal à personne, que je serai pardonné.
- Par qui ?
- Qui sait ? Puisque nous n'avons plus de Dieu ici, ni Son Fils, ni le Saint-Esprit, qui est-ce qui pardonne ?

*

J'ai foi dans le peuple et je crois qu'il a le droit de se gouverner à son gré. Mais on ne doit pas croire au droit de tuer. Il faut tuer parce que c'est nécessaire, mais il ne faut pas croire que c'est un droit. Si on le croit, tout se corrompt.

*



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