mardi 28 février 2012

L'aiguille Creuse

Maurice Leblanc




























Troisième volume de la collection consacrée aux exactions du célèbre gentleman cambrioleur, il n’est pas nécessaire pour la compréhension de l’intrigue d’avoir lu les deux précédents. C’est cependant utile, eut égard aux nombreuses références citées.

La trame est complexe, car le gentleman éprouve un malin plaisir à brouiller les pistes en changeant d’aspect, de nom, ou de stratégie, menant ses ennemis jurés, Ganimard et Herlock Sholmès, ainsi qu’un jeune lycéen talentueux Isidore, qui part sur ses traces, sur de multiples fausses pistes qui sont autant de chausse-trappes, au grand dam de ses poursuivants. 


L’enjeu des hostilités est la fortune des rois de France , dont le secret de la cachette est transmis de royauté en empire, et d’empire en gouvernements, depuis Jules césar,  sous forme d’un code que bien entendu Arsène Lupin a pu déchiffrer en retrouvant l’ouvrage dans lequel Marie-Antoinette elle-même l’avait dissimulé. Et cette cachette, dont la recherche entraine Isidore en  périple de Rennes jusque dans la Creuse , se trouve finalement à Etretat, dans l’Aiguille Creuse, qui a fait le succès d’Arsène Lupin et réciproquement




Riche en rebondissements de toutes sortes (tout à fait habituels quand Lupin prend les rênes), le roman met en scène un personnage intéressant  : ce jeune lycéen cité plus haut est particulièrement perspicace et Lupin trouve cette fois un adversaire à son niveau (non que Ganimard ou Herlock Sholmès soient de gros nigauds, mais ils ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie que leur ennemi intime). Il suffira bien sûr au célèbre gentleman d’adapter sa stratégie pour avoir le dernier mot, mais avec du fil à retordre.

Pourtant Lupin est sacrément malmené au cours de cet épisode : blessé gravement, moribond, presque mis en échec par Isidore. Maurice Leblanc avait-il quelques comptes à régler avec son héros?

Je n’oserais parler d’aventures rocambolesques, au risque de me tromper de héros. Il n’empêche que le lecteur est traité comme les poursuivants d’Arsène Lupin, au point d’en devenir paranoïaque, soupçonnant tout nouveau personnage d’être le cambrioleur protéiforme : et de plus, c’est le plus souvent le cas. Il vaut mieux donc se laisser porter par les péripéties, en lâchant prise, avec rendez vous à la dernière ligne....

Lu sur Sony reader T1

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