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Exogenesis ⭐️⭐️⭐️⭐️

Souad Zanifi  


Exogenesis par Zanifi


L’humanité a cassé son jouet, la terre n’est plus un lieu habitable, l’urgence est de trouver un plan B, qui ne sauvera pas tout le monde mais assurera au moins la survie de l’espèce. Autrement dit : il s’agit de trouver une autre planète d’accueil. 

L’élue est une lune de Jupiter, Europe, une boule de glace que les humains doivent préparer pour la rendre habitable.


Une première mission a permis  d’affirmer qu’aune trace de vie n’existe sur Europe, condition sine qua non de la conquête (des antécédents historiques de conquêtes sanglantes auraient-ils été pris en compte ? ). Ce deuxième périple a lieu après un  préalable : un psychologue, le narrateur, dont nous lisons des extraits de son journal de bord, s’assure de la santé psychologique de l’équipage;. Malgré quelques doutes, l’équipe quitte la Terre. 


De nombreuses aventures et rebondissements les  attendent, et de ce point de vue, le roman est tout à fait addictif. 


La narration est coupée par les termes de la fameuse charte posant les règles de bonne conduite sur Europe (ou sur tout autre planète qui permettrait la même échappatoire), ce qui octroie une sorte de pause dans le déroulé de l’intrigue.


Le roman est aussi une occasion de diffuser un certain nombre d’informations scientifiques, qui, pour celles qui me sont familières m’ont paru tout à fait exactes. 


Ce roman de science-fiction qui se déroule dans un futur proche, pourrait être qualifier de pré-apocalyptique. Pour rassurer les lecteurs qui pourraient craindre l’ambiance space opéra, pas de problème , on est plus sur de la donnée d’analyse psychologique et sociale que sur de la balade interplanétaire à grand renfort de vaisseaux ultratechniques. Les données scientifiques sont là pour éclairer le propos, et on apprend beaucoup de choses sur les tardigrades, entre autres !


Le roman est agréable à lire, pour l’intrigue, quitte à se donner une raison de plus de désespérer de l’espèce humaine, qui ne semble pas capable de se sortir d’un schéma de comportement destructeur !


La fin est tout à fait étonnante, mais chut…


Merci beaucoup à l’auteur pour sa confiance !


421 pages Cryptocrime 28 septembre 2025





Profitant  d'une journée de grève étudiante pour le climat, Isli et Tislit se faufilaient entre les innombrables rayons de livres que proposaient la bibliothèque de l'université. Aujourd'hui, leur objectif est de ce documenter à propos de la récente, découverte d'une planète qui semblerait aux premiers abords, capable d'abriter de la vie, ou d'être au moins habitable.


*


…Le paradoxe de l'absence de toute trace de civilisation alienne, alors que l'univers regorge de planètes et de galaxies. À chaque fois qu'une civilisation intelligente a atteint un certain stade de développement, elle s’autodétruit.




Groenland, le pays qui n'était pas à vendre ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mo Malø












Un thriller court, dystopique, un peu comme une farce, qui n'est pas sans rappeler  celle que nous vivons actuellement quasi quotidiennement en découvrant les décisions  ubuesques du président à la peau orange. Et il en est question, des USA, ainsi que de la Russie et de la Chine. En effet, le président du Groenland, indépendant depuis peu, subit un chantage abject : il doit vendre son pays aux enchères, alors que les ravisseurs de sa femme et de sa fille menacent de les noyer dans l’eau glacée du pôle Nord. 


Dans le contexte géopolitique actuel, cela fait froid dans le dos. Car on sait que cette patrie du monde est convoitée pour ses ressources enfouies sous la banquise et étant donné la folie des dirigeants qui n’ont que le profit en ligne de mire, rien ne paraît impossible !


On aime bien la mise en place du sujet, la construction de l’intrigue avec en contrepoint la malice de l’enquêtrice, que les responsables de ce coup médiatique ubuesque n’avaient pas prévue au programme. 


Fable satirique qui parvient tout de même à susciter un effroi chez le lecteur, tant tout parait plausible dans un monde dominé par la croyance désuète que le profit et la croissance peuvent impunément rester un objectif à long terme,  sur une planète dont les habitants scient  la branche sur laquelle ils sont  assis. 


Comme toujours, Mo Malø fait preuve d’une excellente connaissance de ces régions septentrionales qu’il met souvent en valeur dans  ses romans.  


En revanche la fin est un peu trop rocambolesque pour être crédible. Mais on comprend la difficulté de clore un tel roman.


Merci à Netgalley et aux éditions de la Martinère 


 La Martinière 3 octobre 2025

#Groenlandlepaysquinétaitpasàvendre #NetGalleyFrance


Mo Malø


Mo Malø est le pseudonyme de l'écrivain Frédéric Mars, de son vrai nom Frédéric Ploton. Il est né en 1968


Lire aussi :


La Breizh brigade tome 1


L’inuite 


Summit 


Sweet harmony ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Claire North











Ça commence par un bouton, un vilain bouton qui défigure Sweet Harmony, un bubon qui n’a rien à faire sur son menton et qui pose question. Pourquoi ? Malgré les multiples programmes qui compensent tous les aléas de sa physiologie, cet accident survenu est une anomalie. Elle s’en réfère à son fournisseur de santé, Fullife, qu’elle paie si cher pour être une meilleure version d’elle-même…


L’irruption de la technologie dans le quotidien, on connait et peu à peu on s’habitue à ce soutien perpétuel de notre mémoire, de nos praxies, de la gestion de notre quotidien. Un pas de plus et c’est le fonctionnement de nos corps qui pourrait être l’objet non seulement d’un contrôle, c’est déjà le cas , mais aussi d’une correction automatique de toute déviance du système, et pas seulement de ce qui est vital.


On ne se penche pas ici sur l’aspect technique et tant mieux, en revanche le piège du toujours plus et l’addiction sont au coeur du propos. La tentation qui expose au surendettement, point n’est besoin de procès technologique pour qu’elle s’immisce chez les plus démunis. 


C’est une belle fable qui dit beaucoup de nos illusions, de notre recherche d’une vie meilleure, pour les mauvaises raisons et avec les mauvais moyens. 


J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, simple d’accès mais lourd de sous-entendus, dont l‘humour tente de détendre l’atmosphère. 


160 pages Le Bélial 18 janvier 2024






On convoqua même deux très vieux chirurgiens, avec leurs couteaux, leurs scies et leurs méthodes visqueuses démodées, au cas où il y aurait besoin d’ouvrir et de procéder à une atroce intervention analogique, aussi captivante que sanglante.


*


Notre licence de fournisseurs de nantais médicales nous oblige à conserver en fonction dans votre organisme tous les systèmes essentiels. Cela recouvre votre immunisation de base : les packs cardiaques et neurologiques resteront opérationnels à cent pour cent jusqu’à l’expiration du contrat ou paiements des frais de clôture. Après tout, il ne serait dans l’intérêt de personne que vous tombiez malade, n’est-ce pas ? 


 

Claire North



Née en 1986, Claire North est une romancière britannique de fantasy et de science-fiction. Elle écrit également sous les pseudos de Kate Griffin et Catherine Webb 


Le paradoxe de la lumière ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Francis Guèvremont 











C’est sur une déflagration que s’ouvre le roman Le paradoxe de la lumière ! Une explosion a emporté une dépendance de la propriété où Judith Durancy avait installé son laboratoire de recherche. Les ruines du bâtiment sont curieusement découpées, à l’emporte-pièce. Ce qui intrigue les enquêteurs qui s’intéressent à cet événement, c’est que l’on retrouve le cours de la chercheuse à des centaines de kilomètres de là !


Le  mari endeuillé trouve une clé USB sur laquelle la chercheuse avait écrit un journal. Il découvre alors tout un pan caché de la vie professionnelle de sa femme. 


Si la trame scientifique s’appuie sur les données physiques qui régissent le temps et l’espace, (et dans ce domaine, on peut me raconter n’importe quoi, je gobe tout !) une part non négligeable est consacrée au couple, à la vie à deux, qui peut s’étendre sur des dizaines d’années, sans que l’on puisse pour autant prétendre connaître son partenaire !


Un romand de science fiction qui se lit sans déplaisir.


192 pages Forges de Vulcain 27 septembre 2024







Judith était une théoricienne, elle était fascinée par les propriétés de la matière, mais sa curiosité n'allait pas au-delà. Il savait aussi qu'elle le travaillait depuis de nombreuses années au développement d'un mystérieux appareil.


*


La vitesse de la lumière. Je crois avoir trouvé le moyen de faire voyager un véhicule plus vite que la lumière.



 


Francis Guévremont est né à Montréal. Il a fait des études de lettres aux États-Unis et y a enseigné la littérature à l'université. Il vit en France depuis 2009. Il a notamment traduit William Morris.




La vallée ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Arnaud Sagnard 












D’une ferme agonisante du Morvan à la Silicon Valley, la distance est infinie, à tous points de vue. Et pourtant c’est le chemin qu’emprunte Thomas, un surdoué de l’informatique qui fait ses  premières armes dans une start-up parisienne avant d’être propulsé dans l’univers californien du virtuel pour un programme qui vise à engluer l’humanité dans une imagerie permanente et totalement aliénante . 


Les questions se posent tout au long du parcours, d’autant que l’amour s’en mêle. La passion lui ouvrira t-elle les yeux ? 


Analyse des effets de l’irruption  du virtuel dans nos vies, avec ce,que cela représente d’aliénation du discernement, du chaos qui résulte de l’impossibilité de faire la part du réel et de la fabulation. Un stratagème terriblement efficace pour un contrôle total de l’humain.


Un roman assez virtuose, qui dit en peu de mots l’essentiel de ce qui se pointe dans le domaine de la technologie pour asservir le peuple. 


Je remercie Babelio et les éditions du Seuil  pour ce service de presse.


220 pages Seuil 3 janvier 2025

Masse critique Babelio 







Toute ferme renferme un laboratoire, avec, chaque jour, des dizaines d'expérience en cours ; seuls les candides de la ville  ignorent  cela.


*

Aimer suppose retenir les mots choisis, les expressions du visage et les phrases, enfermer ces secrets dans un petit coffre fort, les laisser mûrir, afin que de ces trésors engloutis, s’élèvent  plus tard de nouvelles indélébiles  fleurs.


 

Arnaud Sagnard 


 


Journaliste, Arnaud Sagnard est rédacteur en chef au Nouvel Observateur depuis 2014. 


Sister-ship ⭐️⭐️⭐️

 Elisabeth Filhol





J’attendais beaucoup de cette dystopie, mais l’autrice ne m’a pas emmenée là où je pensais arriver. En effet si le thème est bien une expédition sur l’une des lunes de Saturne, il n’est pas question de procurer à une communauté de privilégiés une échappatoire à l’apocalypse en cours sur terre, tout du moins pas directement. Et donc pas de réitération de la bêtise humaine dans un nouvel avenir à créer. 


Le roman repose sur deux structures : le discours des initiateurs de ce projet de préservation du vivant, le pourquoi et le comment de l’expédition qui doit acheminer des cuves contenant toute la réserve des espèces répertoriées sur la terre, végétaux, animaux et humain, afin qu’au moment propice la vie puisse se développer dans cette colonie lointaine.


Par ailleurs nous partageons les états d’âme et les explications des cinq astronautes embarqués pour mener à bien cette mission.


C’est très technique, et bien que pédagogique et accessible, cela reste un domaine scientifique et pointu pour des non spécialistes. 


Le plus intéressant est le débat sur le recrutement des vingt cinq mille terriens dont le patrimoine génétique va être conservé, et les conséquences  de ce choix.



Plus férue de sociologie que de science, je n’ai pas vraiment accroché.


320 pages POL 22 août 2024







Le 4 octobre 1957, la mise en orbite de Spoutnik lance la course à l'espace. Au cours des 10 années suivantes, les soviétiques vont mener la course en tête et accumuler les exploits, avant de se faire doubler à quelques mètres de la ligne d'arrivée, le 21 juillet 1969. 


*


Au soir du 7 juin 2073, partout à travers le monde, on se rassemble devant des écrans géants pour suivre en direct sa phase d'approche et communier à l'unisson, comme trop rarement, l'occasion, nous en ai donné, d'un évènement fédérateur à l'échelle de la planète.


Élisabeth Filhol

Née en 1965, Elisabeth Filhol est une écrivaine française. Elle vit à Angers. Pour La Centrale , elle reçoit, en 2010, le prix France Culture-Télérama. 



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