Abonnés

Affichage des articles dont le libellé est Littérature jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature jeunesse. Afficher tous les articles

Théodoria, fille de Spria ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Nathalie Somers











Théodoria mène une vie protégée auprès de son père, le surveillant général du bagne, peuplé d’êtres fantomatiques qui exploitent au risque de leur vie la mine de sil. Elle découvre à seize ans que sa vie aurait pu être tout autre si son statut d’héritière royale n’avait pas été spolié au profit du Prinz de Spira. Et bien au delà de son intérêt personnel, la jeune fille prend conscience de la réalité du monde dans lequel elle a vécu sans rien en connaître et part à la rencontre de son destin. 


Basé sur l’hypothèse d’un échange de nouveau-nés dont aurait bénéficié Louis-Philippe, dans l’ego-monde, le roman se déroule dans l’alter-monde qui offre des surprises aussi poétiques qu’originales, et on se délecte de la découverte de cet univers chamarré. L’aventure y a une belle place, car les péripéties du voyage donnent de la vie au récit. Enfin, on assiste à l’éclosion d’une conscience politique et sociale chez une jeune fille, jusque-là naïve. 


Fort bien écrit, ce roman jeunesse peut aussi réjouir des lecteurs beaucoup plus matures.



On ne manquera pas de plus de souligner le travail remarquable fait sur l’objet livre : la couverture est magnifique, le jaspage superbe. 


Une expérience de lecture pour laquelle je remercie Babelio et les éditions Didier jeunesse, pour ce service de presse et pour l’excellente soirée en compagnie de l’autrice, où j’ai appris, entre autre à bien examiner les noms de lieux cités dans le roman.  



425 pages Didier jeunesse 2 avril 2025







Reconnaître en sa sauveteuse, la soif de vengeance qui lui était si familière ne lui avait pas été difficile. Mais la jeune fille n'est pas plus aussi naïve.


*

Lorsqu'au fil des années, le minerai se transformait en cristaux de sil, il libérait un certain volume de ses gaz. Avec le temps, celui-ci s'échappe par les anfractuosités de la roche, permettant de creuser une galerie sans risque. Cependant, lorsque la veine était encore jeune, le danger pourrait être grand. C'est pourquoi, quand on explorait une nouvelle voie, on emportait toujours un racani dans une cage.


Née en 1966, Nathalie Somers est une auteure française de littérature jeunesse.


La zébéléhyène

 Lou Ribet,
Gropapa et Sonia Sans




  • Éditeur ‏ : ‎ Evalou Editions; Illustrated édition (19 janvier 2019)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 32 pages







Elle se trouve moche, la petite hyène tachetée , des petites pattes arrière, une bosse, une mâchoire trop grande, et une odeur….!

C’est en apercevant l’éléphant que lui vient l’idée d’un échange : « »Elle lui donnerait sa truffe, il lui donnerait sa trompe. » 

Elle devient alors une éléhyène tachetée ! 


Insatisfaite du résultat, elle poursuit sa quête, se parant à chaque rencontre d’un nouvel attribut : c’est ainsi que son nom s’allonge au gré des nouveautés empruntées à ses amis animaux. Jusqu’à devenir quasi imprononçable ! 


Les dessins sont ravissants, les animaux sont très expressifs, et les couleurs agréables. 


C’est un très joli album à lire à voix haute pour partager l’humour des mots valise !


Merci à Babelio et aux éditions Evalou pour ce partage très apprécié par les petits-enfants 





David Ribet, alias Gropapa, est un auteur de livre jeunesse et un éditeur. 

Après une jeunesse turbulente à Saint-Denis, il devient animateur dans les centres de loisirs de sa ville et travaille pour l'aide sociale à l'enfance du département 93. Il concrétise alors sa volonté de diffusion et de transmission. Il se déplace dans tout Saint-Denis à bord du bibliobus et se rend au cœur des quartiers pour promouvoir la lecture et raconter des histoires aux enfants. 




Les crottes des animaux ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

John Townsend 



  • Éditeur : GRENOUILLE; Illustrated édition (6 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Relié : 50 pages
  • Traduction (Anglais ) : Charlotte Milner








Je remercie Babelio et les Editions Grenouille pour ce très bel album. La  réalisation soignée et l’humour en font un livre qui devrait être apprécié par petits et grands.


Par les petits d’abord, qui auront ainsi  droit de parler de caca, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Chaque animal a sa page, sur laquelle il apparait en ombre chinoise, avec des données sur sa répartition géographiques dans le monde, sa taille relative par rapport à l’homme, et bien sûr l’aspect de ses déjections. Un court texte sur l’animal et sur sa production personnelle  complète l’ensemble. Du wombat à la souris grise, du faisan au porc-épic, le bestiaire est varié. Et pour les plus gros animaux, c’est double page, voire quadruple page repliable pour le plus gros d’entre eux, mais chut, je laisse la surprise !



Testé et approuvé par mes petits enfants, autant pour l’aspect pédagogique que pour le côté transgressif de l’affaire.

Anne La maison aux pignons verts ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Lucy Maud Montgomery




 

  • Éditeur : Québec Amérique (6 avril 2007)
  • Langue : Français
  • Broché : 374 pages
  • Traduction (Anglais) : Henri-Dominique Paratte








Un seul regret à l’issue de cette lecture : ne pas avoir fait connaissance d’Anne avec un e, quelques décennies plutôt. Elle aurait rejoint sur les étagères une autre héroïne qui lui ressemble,, Rebecca du ruisseau ensoleillé, elle aussi envoyée en pension chez deux vieilles tantes acariâtres et qui ne savent s’y prendre avec une enfant aussi fantasque.


Anne avec un e m’a accordé une fausse de fraicheur et de candeur, nécessaire en raison de la morosité ambiante dans la littérature qui très souvent puise ses sources d’inspiration dans les malheurs inhérents à notre humanité.


Anne a onze ans, elle est orpheline et a déjà connu de nombreuses familles dites d’accueil, mais qui ont plutôt apprécié la présence d’une main d’oeuvre avantageuse. C’est à la suite d’une erreur qu’elle se retourne chez Marilla et Matthew, deux frère et soeur qui auraient souhaité un garçon pour leur venir en aide à la ferme. Le charme d’Anne opère rapidement sur Matthew. L’enfant pourra donc rester dans cette maison qu’elle égaiera par sa spontanéité et son imagination débordante.


Même si les méthodes éducatives témoignent d’une autre époque, elles restent bienveillantes, et on ne retrouvee pas les châtiments corporels d’une comtesse de Ségur.



Les paysages sont décrits avec grâce au fil des saisons, que la fillette apprécie et pour lesquels elle ne manque pas de rendre grâce. 



C’est aussi le portrait d’une fillette volontaire, qui sait défendre ses convictions, et que son imagination n’empêche pas de réfléchir avec beaucoup sens critique. Elle préfigure une génération de femmes qui revendiquera un statut équivalent à celui des hommes. Remarquable pour un ouvrage paru initialement en 1908. Une belle héroïne.



Belle découverte. 



Madame Rachel Lynde habitait à l'endroit précis où la grand-route d'Avonlea plongeait brusquement dans le creux d'un vallon bordé d'aunes et de fuchsias et traversé d'un ruisseau qui prenait sa source dans le bois, en araire de la vieille maison Cuthbert. On disait que ce ruisseau impétueux serpentait à travers le bois par un mystérieux dédale de méandres, de cuvettes et de cascades, mais, une fois arrivé à Lynde's Hollow , il se transformait  en un ruisselet paisible parfaitement discipliné, car même un ruisseau n'aurait pu passer devant la porte de Madame Rachel Lynde sans soigner son apparence et ses bonnes manières.

*

Je n'ai vraiment pas de chance, pauvre de moi, soupira plaintivement Anne. Non seulement je me mets toujours dans des situations impossibles mais j'y entraîne, en plus, mes meilleurs amies, les personnes pour qui j'irais jusqu'à me saigner les veines. Oh, Madame Lynde pouvez-vous m'expliquer pourquoi cela m'arrive aussi souvent ? 

*

Comment ne pas se sentir la gorge serré à l'évocation de ces étendues idylliques où elle aurait encore pu s'ébattre, de la profusion de pois de senteur dans le jardin, de la lune éclairant tendrement le verger, du ruisseau murmurant au pied de la pente douce, des touffes d'épinette bercée par le vent, et de cette étoile particulière, la lumière de chez Diana, émergeant des arbres et du ciel, constellée comme une indéfectible présence ?




Lucy Maud Montgomery (  ) est une romancière, poète et essayiste canadienne principalement connue pour sa série de romans débutée en 1908 par Anne... la maison aux pignons verts. Le livre rencontre un succès immédiat. Anne Shirley, jeune orpheline, apporte la célébrité à Montgomery de son vivant et lui attire un lectorat international.





Le petit seigneur ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Antonio Ferrara




  • Éditeur : Bayard Jeunesse (6 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 144 pages
  • Traduction (Italien) : Marc Lesage









Il est napolitain. L’école, c’est  une option que sa famille l’incite à laisser tomber. Parce que, qui pourrait vendre les doses de neige que ses deux petites soeurs conditionnent avec soin et dextérité à la maison ? Les vrais nécessités éducatives, son père est là pour les lui transmettre, comme savoir se servir d’une arme. 

Ecartelé entre son rêve de devenir journaliste, encouragé par son prof d’italien, et les injonctions familiales, l’enfant hésite. Jusqu’au drame qui modifiera la donne.


Court roman écrit sur le ton de la sincérité enfantine. On perçoit le dilemme du gamin, tiraillé entre ses aspirations et la réalité d’une famille mafieuse, et dangereuse. Et le débat intérieur ne se situe pas sur le plan de la morale. Les activités du père, bien que clairement ressenties comme illicites, ne sont pas remises en cause d’un point de vue éthique. Juste un obstacle pour vivre selon ses rêves d’enfant. Quelques adultes  prendront des risques pour essayer de récupérer l’enfant prometteur.


La parole donnée à l’enfant confère un ton de sincérité naïve au propos et le porte superbement. 

C’est un état des lieux désolant et une prise de position courageuse , qui dénonce l’enrôlement des enfants à un âge qui rend difficile le discernement. 


Roman nécessaire, mais sans doute pas suffisant. 



Merci à Babelio et aux éditions Bayard Jeunesse 




Il avait une bague en diamant à chaque doigt. Et aux deux mains. Dix doigts, dix bagues. Le jour où ils l’ont jeté dans le ciment frais, ils ont pris ses bagues en lui coupant les doigts, tous les dix.


*


Je voulais faire bonne figure devant mon père. 

Dans la voiture, il avait l’air soucieux. Ce n’était pas facile de vendre de la coke, je le comprenais. Il fallait faire attention à tout. Aux flics, à la concurrence, aux clients. Tes mais pouvaient devenir tes ennemis. Il fallait du sang-froid, du courage. Mon père en avait énormément du courage, même que ça fichait la trouille aux autres. Et moi, j’étais fier d’être son fils.


*


Là-dessus, les serveurs nous ont apporté du homard, du caviar, des huitres, du bin vin. Ils nous ont même apporté des desserts et du champagne. Et le plus fort, c’est qu’à la fin du repas, nous n’avons rien payé. 








Né en 1957, à Portici, près de Naples (Italie), Antonio Ferrara a étudié à l'Institut d'art Salazar (Naples). Il vit et travaille à Novare. 

Il a travaillé sept ans dans un centre d'accueil pour mineurs, où il s'est intéressé à la psychologie du développement et à l'écriture comme outil pour raconter le mal-être. (Source Babelio)







Dix jours avant la fin du monde ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Manon Fargetton








  • Broché : 464 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (18 octobre 2018)
  • Collection : GRAND FORMAT LI
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français









Voilà un roman classé parmi les littérature jeunesse, qu’à mon avis on peut apprécier de 17 à 117 ans.

Le titre est clair, 10 jours avant la fin de monde, c’est un compte à rebours qui est rythmé par la progression régulière d’explosions  monstrueuses qui détruisent tout sur la longueur des méridiens, pilonnant la surface terrestre pour en faire un désert sans vie.

Il faut d’abord faire connaissance avec les personnages qui constitueront la bande de résistants : Valentin, Lili-ann, Sara, Gwénaël, et Brahim, rejoints plus tard par la soeur de Lili-Ann et par Béatrice, policière qui n’en a plus que le titre tant les bouleversements induits par les événements modifient  les repères et les lois de fonctionnement de notre monde.


L’idée de la bande, c’est de se déplacer vers l’Ouest de la France, à l’endroit qui sera le dernier détruit. Mais voilà, ils ne sont pas les seuls à vouloir retarder, l’échéance fatale, et il faudra plusieurs jours pour faire un trajet qui ne prend que quelques heures en temps normal. Cela donne le temps de cogiter, de faire des bilans, et d’envisager ce qui semble impossible, survivre. A un tel point que les foules migrantes, une migration vers la mort, se laissent aller à des pillages et des fêtes orgiaques, témoins de leur désespoir. 

C’est très stressant, et glaçant. Si le mécanisme de la destruction n’est pas très crédible, et que l’on ne connaît pas l’origine des explosions, on vit l’angoisse des personnages avec beaucoup d’intensité. Le déroulement de ces journées apocalyptiques, donnent bien entendu le champ libre à l’expression de ce que l’humain a de pire en lui.


On imaginerait bien une suite avec un titre tout trouvé : 10 jours après la fin du monde, afin d’avoir peut-être des éclaircissements sur ce qui s’est passé et de savoir si l’on peut survivre sur une planète à ce point bousillée.



Lecture très prenante, difficile à lâcher.



Chacun croit en ce qui le réconforte, en ce qui le relie aux autres. Je crois en mon dieu autant que je crois en l'amour et en l'entraide. Mais au fond,  que l'univers soit né d'un acte divin ou d'un phénomène stellaire, quelle importance ? Que quelqu'un juge nos actes après notre mort ou que nous soyons les seuls juge de notre existence, qu'est-ce que ça change ? Est-ce une promesse d'une vie après la mort qui doit nous pousser à être honnêtes et attentionnés ou simplement notre éducation ? Notre humanité ? Notre empathie ?














Manon Fargetton
est une romancière française.  


Elle a grandi à Saint-Malo., née en 1987. Son bac S en poche, elle passe deux ans à Nantes pour préparer un diplôme des métiers d’arts en régie de spectacle, puis débarque à Paris et poursuit ses études de théâtre à la fois à l’université et en conservatoire. Diplômée d'un master en études théâtrales, elle est aujourd’hui régisseuse lumière au théâtre et écrit ses livres en parallèle.

La tête sous l'eau

Olivier Adam






  • Broché: 224 pages
  • Editeur : R-jeunes adultes (23 août 2018)
  • Collection : R
  • Langue : Français
  • Existe en version numérique 







Depuis leur déménagement sur la côte bretonne, rien ne va plus pour, la famille d’Antoine, le narrateur. Les parents se déchirent jusqu’à la séparation, le lycée est un endroit plutôt hostile où il n’a pas vraiment d’amis, mais plus que tout, sa soeur Léa a disparu après une soirée passée dans un festival de musique. Ballotée entre le doute et l’espoir, la famille est plus que jamais pertubée, jusqu’au jour où Léa refait surface. Mais comme l’annonce la quatrième de couverture, selon les dires du père : 

«  On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. » Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n’en avions pas terminé.

Olivier Adam dit avoir visé un public jeune, en donnant la parole à un ado, en se glissant dans la peau d’un garçon de 15 ans.C’est de ce point de vue assez réussi , et l’on retrouve derrière l’intrigue toutes les préoccupations des ados de notre époque, y compris lorsque c’est Léa qui s’exprime , à travers les lettres qu’elle adresse à un mystérieux correspondant (ce que cachent ces messages est cependant vite clair, malgré les efforts de camouflage). 

Par ailleurs, c’est encore l’auteur qui le dit, le fait de s’adresser à des jeunes n’est pas synonyme d’une intrigue au rabais. Le récit doit pouvoir être apprécié aussi par un lectorat plus mature.
Et là, quelque chose ne fonctionne pas. N’ayant pas compris avant de commencer la lecture qu’il s’agissait une fiction « jeune adulte » (on pourrait reparler de ce que cache ce ciblage), j’ai ressenti une impression de superficiel, d’un abord psychologique sommaire des personnages. Et puis ce que promettait l’intrigue , le cauchemar annoncé ressemble tout de même un peu à un pétard mouillé.


Cela reste une lecture agréable, car le style d’écriture d’Olivier Adam est une garantie de satisfaction.  Et l’on apprécie aussi de se retrouver en Bretagne, même si la région est dans ce roman l’objet de toutes les rancoeurs pour le narrateur.



S'accommoder à l'idée que si nous étions détruits, morts à l'intérieur, la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner pour autant, tout ne n'était pas effondré autour de nous. Que nous n'avions pas été immédiatement réduits en poussière et propulsés dans le noir infini de l'univers. Qu'il nous fallait continuer à respirer malgré tout. Nous nourrir. Nous lever le matin. Survivre. Jour après jour.



La Mémoire de Babel La Passe Miroir T3

Christelle Dabos























Grand plaisir de retrouver l’héroïne aux lunettes émotives et à l’écharpe fusionnelle! D’autant que l’attente fût longue. 
La crainte d’une lassitude est latente lorsqu’on accroche les wagons d’une série : pas de déception ici, et c’est même sans doute celui que j’ai préféré des trois parus. L’action est sans doute moins alambiquée, tout se passe quasiment sur Babel, les personnages sont moins nombreux. On a affaire à une véritable intrigue policière , dont l’enquêtrice est Ophélie elle-même.

L’ensemble reste tout de même très inventif : hybride de  Lewis Caroll et de J. K. Rolling, on imagine sans peine un Tim Burton s’emparer de l’affaire pour concocter une réalisation sur grand écran.

On perçoit aussi l’évolution d’Ophélie, qui affiche deux ans de plus, qui tire partiellement parti de ses expériences passées. Si elle reste encore prisonnière de son manque de confiance, elle parvient à se dépasser d’autant qu’elle prend aussi conscience de la mission de grande envergure qui se dessine pour elle, bien au delà de sa volonté de retrouver son époux. Déterminée et prête à enfreindre les tabous, elle garde cependant des zones de fragilité qui la rendent toujours aussi touchante.

J’ai beaucoup apprécié le décor et l’analyse du fonctionnement de la cité de Babel, une arche dont l’apparente perfection cache un pouvoir totalitaire et avec ce que cela implique : délation, contrôles, surveillance ubiquitaire, négationisme…

L’auteur n’oublie pas les livres, qui sont au coeur de l’intrigue, dans cette sorte de grande école où la concurrence fait rage pour devenir « virtuose ». 


Le quatrième tome se fera t-il aussi longtemps attendre? Est-il prudent de laisser les arches dans l’état de précarité et d'instabilité décrit par l’auteur? 



Ophélie ôta ses lunettes et frotta longuement ses yeux brûlants. A force de fixer du texte, elle avait des mots imprimés jusque sous les paupières. Alors qu'elle s'étirait sur sa chaise, elle leva la tête vers le plafond. Ou plutôt vers le sol. des visiteurs y marchaient à l'envers, évoluant en silence entre les rayonnages des bibliothèques. Cela lui faisait toujours un drôle d'effet de penser que c'était elle qui se trouvait en haut et eux en bas.

*

Il m’a fallu plus de deux ans pour mettre en place des groupes de lecture qualifiés afin de passer au crible toutes les collections. Le premier ouvrage que vous prenez par inadvertance est le bon. Votre propension à malmener les statistiques est effrayante.

*

Fête de l’Argenterie, fête des Instruments de musique, fête des Bottes, fête des Chapeaux… Chaque année, y a une nouvelle guindaille dans le calendrier ! Bientôt, verrez qu’on fêtera les pots de chambre. D’mon temps, on ne gâtait pas les objets comme aujourd’hui, et après on s’étonne qu’ils nous fassent des caprices.




Le mystère des Nigmes

Claude Ponti








  • Album: 48 pages
  • Tranche d'âges: 3 années et plus
  • Editeur : ECOLE DES LOISIRS (16 novembre 2016)
  • Collection : ALBUM
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2211231128
  • ISBN-13: 978-2211231121










Katastroff : les mots sont perdus! C’est le branle-bas de combat chez les souris archivistes. Des pattes de mouche sur les pages blanches : mais les mouches se défendent bien d’un tel forfait, et pointent du doigt les bourdons, qui eux mêmes accusent les Totémimiques. Et bien d’autre suspects chimériques  ou prosaïques croiseront le chemin de nos souris détectives, tant il est crucial de faire sortir le square de sa stupeur pétrifiante. A la manière d’un polar fascinant, l’enquête progresse à coup de déductions et de rebondissements réjouissants.

On ne présente plus Ponti : des dessins dignes de « Cherchez Charlie », autrement dit, on peut y revenir indéfiniment, certain de trouver de nouveaux détails pas repérés à la dernière lecture, des couleurs superbes, un texte où petits et grands , chacun à son niveau , dénichera les astuces, jeux de mots et calembours, rarement innocents. On y trouve même des collections de mots gros, gage d’un succès  intense à l’âge où l’on doit réfléchir à l’endroit où l’on est et avec qui l’on est avant le se permettre de les laisser échapper.

Derrière la vitrine de cette histoire pleine d’action, de suspens, et d’urgence, le message est clair : ne laissons pas disparaître les mots, briques des histoires, de la mémoire, de l’imagination. Sans les mots, tout se fige et disparaît; 


Le remède est simple: il faut lire et donner le goût de lire , le goût de faire vivre les mots , d’en inventer pour véhiculer les messages, et admirer le travail de ceux qui ont gardé en eux leur âme d’enfant.



Article le plus récent

Les éléments ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️❤️

Articles populaires