jeudi 21 octobre 2021

Western star ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Craig Johnson




  • Éditeur ‏ : ‎ GALLMEISTER (7 octobre 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 384 pages
  • Traduction (Anglais) : Sophie Aslanides




Dans un cadre sans surprise, l’Amérique des shérifs et des armes à feu, le récit alterne entre le parcours d’un bien curieux convoi ferroviaire acheminant une palanquée de shérifs en excursion, en 1972, alors que le jeune adjoint Longmire mène sa première enquête à bord même du train qui l’emporte de cheyenne à Evanston , comme dans le roman qu’il garde dans sa poche, Le Crime de l’Orient Express, et une affaire plus récente, de libération compassionnelle pour un criminel très dangereux mais qui serait en fin de vie. Ce qui relie les deux époques, on le découvrira peu à peu.

 

Ambiance western assurément, et très plaisante, grâce en partie aux dialogues vifs et spirituels. Beaucoup d’humour et un art de faciliter l’identification des personnages par de subtils détails, une façon de s’exprimer, une allure générale.

 

On comprend que ce roman n’est pas le premier de la série, les personnages ont déjà un vécu commun, et pas le dernier non plus, puisque l’histoire est loin d’être terminée.

 

C’est malin, dynamique et très accrocheur, suffisamment pour attendre avec impatience la parution de la suite des aventures du shérif adjoint Longmire.




Je me rappelai  mon père me disant qu'on savait qu'on était un homme quand tout allait mal et que soudain, tous les yeux se tournaient vers vous pour vous demander de l'aide. Tous les yeux étaient rivés sur moi, en ce moment, et je n'avais aucune idée de ce que je devais faire.

*

J'appuyai sur l'extrémité du canon de mon colt 1911 AI avec mon pouce tout en faisant tourner le bushing d'un quart de tour dans le sens des aiguilles d'une montre pour libérer le bouchon obturateur et le ressort de compression de la culasse, mes mains enchaînant les gestes machinalement.

*

Autrefois, on pouvait voyager en train avec classe, mais depuis qu'ils réduisent le budget, tout ça… Je ne sais pas combien de temps le chemin de fer va continuer à exister. Bientôt, on sera plus qu'un autobus sur des rails.






Craig Johnson est un écrivain américain, auteur d'une série de quinze romans policiers consacrés aux enquêtes du shérif Walt Longmire.




 

 

Le serment

 Arttu Tuominen




  • Éditeur ‏ : ‎ La Martinière (16 septembre 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 448 pages
  • Traduction (Finnois) : Anne Colin du Terrail
  •  #LeSerment #NetGalleyFrance 








Dans la famille polar nordique, voici un item finlandais !


Une mort violente par arme blanche, au cours d’une soirée  alcoolisée, dans l’indifférence générale. Un homme a pris la fuite, couvert du sang de la victime. Il est capturé. Point final ? 

Eh bien non, car le commissaire Jari Paloviita s’accroche à cette affaire, et malgré les apparences se refuse à accepter l’évidence. Existerait-il des liens occultes entre victime, coupable pressenti et le commissaire ?


On a donc en plus du déroulé de l’enquête une course contre la montre  engagée par le commissaire pour tenter de disculper à tout prix le suspect. Le passé et ses secrets seront peu à peu mis à jour;


Excellent suspens, bien mis en valeur par la construction et l’articulation des chapitres dans le temps. 

Les personnages sont marquants, avec des méchants , très méchants, irrécupérables et angoissants, du feel-bad garanti,  et des policiers bien abimés (ils ont tous leurs fragilités, et l’on espère que les romans ultérieurs de la série seront traduits pour comprendre un peu mieux les histoires individuelles de cette équipe).


Merci à Netgalley et aux éditions La Martinière.




Dans la balance, toutes les vies étaient d'égale valeur aux yeux de la justice, ou du moins auraient dû l'être. Qu'il s'agisse d'une mère de famille dévouée ou d'une crapule dans le genre de Rami Nieminen, tous étaient des êtres humains. La crapulerie n'était jamais une circonstance atténuante.

*

Depuis l'arrivée de l'informatique, la quantité de papier avait décuplé alors que ç'aurait dû être l'inverse.






Ingénieur environnemental, Arttu Tuominen est un auteur de roman policier finlandais. 

"Le Serment" ("Verivelka", 2019) est le premier tome d'une série ("Delta") et son premier roman publié en France. 

(Source : Babelio)


mardi 19 octobre 2021

S'adapter ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Clara Dupont-Monod





  • Éditeur ‏ : ‎ Stock (25 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 200 pages








S’adapter est un roman choral à trois voix, qui portent celle d’un frère, un enfant que le hasard a voulu différent, lourdement atteint dans son corps. On comprend le chemin de croix de la famille pour  obtenir de l’aide, dans un monde obnubilé par une normalité  qu’il définit arbitrairement. Mais là n’est pas le sujet du livre. C’est bien à la fratrie que l’on donne la parole.


L’ainé  se met au diapason de ce frère « inadapté peut-être, mais qui d’autre avait le pouvoir d’enrichir autant? ».  Il comprend mieux que quiconque les voies d’accès à cet enfant « qui ne pouvait ni saisir, ni parler, mais il pouvait entendre » . Il met tout en oeuvre alors pour pouvoir faire surgir sourire ou grognement de satisfaction, via cette sensibilité restreinte mais présente. Lorsque la famille obtient un placement dans une institution spécialisée, c’est un déchirement pour le jeune garçon, qui se voit dépossédé de ses aptitudes à procurer son frère la part de bonheur qu’il mérite.


Tout autre son de cloche pour la cadette, qui s’est réjouie un temps de l’arrivée du petit frère, jusqu’au moment où les doutes ont fait place aux certitudes. C’est sur le mode de la rébellion qu’elle hurle son désespoir, en ignorant l’enfant et en attirant l’attention sur elle-même.


Le dernier est né longtemps après la disparition de l’enfant. Et pourtant, ces années marquées par la présence lourde au quotidien ont laissé une empreinte indélébile sur la famille et ce qui n’est pas resté un secret reste un terrain à défricher pour comprendre.



Le récit est riche en émotions que l’autrice sait parfaitement transmettre grâce à une très belle écriture. 

Loin d’être un pamphlet contre les insuffisances d’une société normative, c’est une déclaration d’amour à cet enfant pas comme les autres.


Le roman décline ainsi le panel des réactions, des adaptations auxquelles nous avons recours lorsque le chemin se complique d’obstacles imprévus et déroutants. C’est aussi un bel hommage à la différence.




L'enfant ne pouvait ni voir ni saisir ni parler, mais il pouvait entendre. Par conséquent, l'aîné modula sa voix. Il lui chuchotait les nuances de vert que le paysage déployait sous ses yeux, le vert amande, le vif, le bronze, le tendre, le scintillant, le strié de jaune, le mat. Il froissait des branches de verveine séchée contre son oreille.

*

Il aspirait toutes les forces. Celles de ses parents et de son frère aîné. Les premiers affrontaient, le second fusionnait. A elle, il ne restait rien, aucune énergie pour la porter.






Clara Dupont- Monod est une journaliste et femme de lettres née en 1973.

dimanche 17 octobre 2021

Hors gel ⭐️⭐️⭐️⭐️

Emmanuelle Salasc



  • Éditeur ‏ : ‎ P.O.L (19 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 416 pages








C’est le roman de la menace ! Menace d’une catastrophe géologique comme celle qui a eu lieu à Saint Gervais en 1892, libérant une poche d’eau gigantesque au coeur du glacier, maintenant la population proche en état d’alerte permanente, et menace émanant de la personnalité ingérable de l’une des deux héroïnes du roman, Clémence, si mal prénommée !


Nous sommes en 2056, les écologistes ont pris le pouvoir et contrôlent  faits et gestes d’une population soumise à ce régime totalitaire, au nom de la survie.


Le couple attendait cet événement depuis longtemps, la fécondation in vitro les a comblés : ce sont deux jumelles qui vont voir le jour. Relativement facilement pour la première, celle qui raconte, et beaucoup plus difficilement pour Clémence. Mère et fille auront du mal à tisser un lien. Clémence est un bébé jamais satisfait, une enfant dont la beauté compense un temps les bêtises, jusqu’à ce que les frasques deviennent intolérables, pour quiconque a le malheur de la côtoyer et aux premières loges ses parents et sa soeur. 

Sa disparition a l’âge de vingt ans ne calme pas les angoisses, la possibilité d’une réapparition mine les esprits.


Peut-on parler de dystopie quand ce futur est si proche et si probable dans son évolution ? C’est peu au plus une légère anticipation. 


On s’accroche à la narratrice avec empathie, et on se désole de tant de vies gâchées par la conduite incontrôlable de la jumelle.


Cette atmosphère d’angoisse est tenue jusque’à la fin, mais il y a peut-être quelques dizaines de pages en trop, qui répètent un peu les mêmes choses, alors que l’on voudrait en finir et que quelque chose éclate, le glacier ou les soeurs…


Excellent roman qui s’apparente à un thriller, tout en abordant la question fondamentale de notre avenir à court terme sur une planète si malmenée.




Clémence se penche vers moi et me dit qu'elle a peur. 
Je ne la vois pas, je ne l'entends pas tout de suite, miasme la sais là, comme toujours avec clémence; Immédiatement, je sais son geste, son corps penché vers mon sommeil, ses longs cheveux couvrant les miens; Je ressens sa puera avant même qu'elle ne me dise : j'ai peur. Je ressens sa peur, qui est comme la mienne, qui est dans la sienne. 
J'entends l'alarme.

*

L'hiver, la forêt ne sera plus capable de retenir la peur et d'écrêter les doutes : elle sera  trop ouverte. Toute  la végétation sera au repos, ou presque, la consommation d'eau sera temporairement arrêtée. Les fayards ne transpireront plus, et l'air deviendra sec. L'annulation des feuilles laissera entrer le jour. Le ciel écartera les branches des arbres pour se glisser dans la forêt, et tremper de clarté jusqu'au plus profond de mes promenades d'été, jusqu'à donner la main à la lueur de la rivière. La forêt m'apparaitra comme une impudeur, une trahison. La nudité forestière hivernale. Dans cette forêt de feuillus, impossible en hiver de se cacher, de disparaître, de douter. 






Emmanuelle Salasc a déjà publié de nombreux romans sous le pseudo d'Emmanuelle Pagano.
Elle est née dans l'Aveyron en septembre 1969


 

samedi 16 octobre 2021

Ainsi Berlin ⭐️⭐️

 Laurent Petitmangin



  • Éditeur ‏ : ‎ La Manufacture de livres (7 octobre 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 272 pages










Juste  après la seconde guerre mondiale, à Berlin des réseaux s’organisent alors que la frontière infranchissable qui sépare Berlin en deux se fait de plus en plus étanche.



Le narrateur semble avoir pour rôle de recruter des têtes pensantes dans un groupe d’élites, mixte, ce qui aboutira lors de leurs réunions dont on ne voit pas trop le but, à créer des couples avec une descendance qui sera mise à l’écart et destinée à une éducation haut de gamme.


Gerd est en relation avec une allemande Käthe, et une américaine Liz , dont les buts semblent opposés. Pris entre deux feux, il tombe dans quelques pièges grossiers, qui coûteront la vie à des enfants innocents.


Voilà ce que j’ai cru comprendre de ce roman étrange, où je me suis perdue entre espionnage et contre espionnage, et j’ai surtout failli mourir d’ennui. On ne retrouve absolument pas l’émotion de Ce qu’il faut de nuit qui m’avait totalement embarquée, et il est difficile de s’attacher à ces personnages.


Deuxième rendez-vous raté, mais je mise néanmoins  sur une troisième rencontre. 





Je rencontrai Käthe Spitzweiler pendant la guerre, d’abord dans la Rote Kapelle, puis nous nous retrouvâmes dans le groupe Neubauer. Nous étions tous deux rédacteurs, elle avait une écriture de chien, mais de belles idées. Je m’occupais de la distribution des tracts dans les milieux chics de Berlin, c’était dangereux, beaucoup n’hésitaient pas à appeler la police quand ils nous voyaient, mais de temps à autre une femme se manifestait, voulait nous aider, et nous donnait un petit tableau ou de l’argenterie, qu’on aurait toutes les peines du monde à refourguer à bon prix. 

*

Pour Käthe, les intellectuels étaient mathématiciens et physiciens. Chimistes à la rigueur. Elle se méfiait des autres, philosophes, écrivains, ou artistes. J’aurais de fait été exclu de son groupe, si elle ne m’avait nommé secrétaire général de notre association, ma seule légitimité. Elle nous réunissait chaque lundi, nous étions une cinquantaine dans la salle des délibérations du Parti. Les femmes bien représentées. Nous réfléchissions au nouvel ordre des choses. Notre société n’était pas secrète, il ne s’agissait pas de reproduire une maçonnerie, mais nous n’en faisions pas grande publicité.








Né au sein d’une famille de cheminots, Laurent Petitmangin passe ses vingt premières années à Metz, puis quitte sa ville natale pour poursuivre des études supérieures à Lyon. 

Il rentre chez Air France, société pour laquelle il travaille encore aujourd’hui. Grand lecteur, il écrit depuis une dizaine d’années. 

Laurent Petitmangin a obtenu le prix littéraire Georges-Brassens et le prix Stanislas 2020 du premier roman pour "Ce qu’il faut de nuit", premier roman sensible et puissant sur l'amour filial, l'engagement politique qui peut conduire au pire. 
Source : Babelio























Six pieds sur terre ⭐️⭐️⭐️

 Antoine Dole





  • Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (26 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 252 pages







L’auteur de la célèbre BD Mortelle Adèle et de nombreux romans pour la jeunesse se lance dans le roman adulte. Six pieds sur terre met en scène Jérémy, depuis sa naissance laborieuse jusqu’à ce qu’il devienne à son tour père. 

Mis au monde par une femme peu aimante, l’enfant vivra une jeunesse chaotique, ponctuée d’absence et de deuil.


Camille de son côté n’est guère mieux lotie, auprès d’une mère bipolaire mais la jeune fille réagira aux difficultés en faisant de la réparation un but de sa vie. 


On n’est donc pas surpris lorsque ces deux-là unissent leur destin, relation fondée sur un équilibre précaire, que le souhait de maternité de Camille va faire voler en éclats.


L’opposition des deux personnages est intéressante, pour démontrer que l’adversité n’est pas synonyme d’échec programmé. Camille est ainsi le personnage lumineux du roman, qui allège un tout petit peu l’ambiance générale.

 

Il n’en reste pas moins que l’on feuillette un catalogue du malheur : dépression, suicide, deuil, il est certain qu’il vaut mieux être en forme pour aborder le roman.


Pas de reproche sur l’écriture, ni lyrisme ni mise à distance et l’alternance des personnages conduit naturellement à ce que l’on attend : leur rencontre et ce qu’il adviendra de leur union. 


Avis en demi-teinte , donc, pour ce premier roman adulte.




Il y a des gens dont on sait d'instinct que leur vie entière sera une complication, un enchevêtrement de brasiers intimes et douloureux impossibles à éteindre, alors, quand c'est de soi-même qu'il s'agit, et que l'on perçoit cela, qu'est-ce qu'on a à perdre à tenter de passer au travers, quoi qu'il en coûte ?

*

On fait ce qu'on peut, avec ce qu'on a. C'est ça la vérité. La seule chose à comprendre.
Pour le deviner il faut s'être tenu à la frontière de soi. Cet endroit des limites solides, celles auxquelles on se heurte un jour, malgré toute la bonne volonté, tout le courage. On découvre l'évidence : cette vie n'est facile pour personne et elle nous doit rien. Tout en est l'écrin, on ne peut pas faire le tri. On habite, seul, nos douleurs autant que nos possibles.






Antoine Dole, alias Mr. Tan, est un écrivain et scénariste français. Auteur de Bd et de romans jeunesse, Six pieds sur terre est son premier roman adulte;






vendredi 15 octobre 2021

Bélhazar ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Jérome Chantreau



  • Éditeur ‏ : ‎ PHEBUS (19 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 320 pages
#Bélhazar #NetGalleyFrance 







Bélhazar était un personnage hors du commun,  passager d’un monde parallèle, tentant sans prosélytisme d’insuffler la poésie qui l’habitait  à tous ceux qui ont eu la chance de le côtoyer. Jusqu’à cette nuit funeste où il a quitté brutalement ce monde, tué d’une balle dans la tête, tirée d’une arme qui lui appartenait. 


Mais au delà du déni, les circonstances ne sont pas claires pour ses parents et particulièrement sa mère, qui lutte contre l’anéantissement en demandant une enquête plus précise autour de ce qui s’est passé cette nuit-là. Car son fils n’était pas suicidaire, il avait des projets, il aimait la vie. 

Impasse à nouveau : les différents protagonistes  qui auraient pu éclaircir cette affaire disparaissent les uns après les autres : suicides, internement…Le champ des possibles se réduit. 


C’est alors le narrateur, l’auteur, ami de la famille, écrivain et ancien professeur de Bélhazar qui reprend le flambeau, par amitié et par fascination pour ce jeune homme flamboyant, traversé par des élans aussi poétiques que passionnés, obsédé par la guerre, les énigmes, et les lapins blancs…




Plus qu’une enquête, c’est une immersion au coeur de ce que l’enfant puis le jeune adulte a laissé d’indices pour se faire comprendre. Eloigner le spectre de la malédiction « ce miroir que l’on trouve quand on cherche qui n’existe pas. Il renvoie une image déformée de la peur ».


  Au risque de se perdre : 

« La littérature nous prend les trésors dont nous n’avions pas besoin : l’ego, le couple , la maison. Et nous laisse, auteur et personnages, ivres et nus à la fin du livre. »


Hommage émouvant et ensorcelant à un être fascinant, et magie d’une écriture qui livre aussi beaucoup d’une intimité et de l’emprise que peut représenter le fait d’écrire.


Merci à Netgalley et aux éditions Phebus.





Je savais qu'il était intelligent, et qu'à l'aune d'une classe de cinquième, il pouvait passer pour un érudit, mais aussi qu'au fil des années son échec scolaire serait plus patent. L'école vous fait payer votre avance plus cher encore que votre retard.

*


Sauver son couple, c'est comme réparer une chambre à air avec des rustines. Ça se faisait, autre fois. Ça ne marchait pas vraiment.

*

Je prenais des kilos, perdais mes cheveux et voyez la vie comme un truc assez moyen où il s'agissait surtout de s'auto-convaincre. Le jour allait arriver ou il ne serait même plus nécessaire de me raconter des histoires. Je voudrais simplement que cela dure, parce que je n'aurais pas trouvé mieux.






Jérôme Chantreau a passé son enfance à Paris.

Après ses études littéraires il a créé un centre équestre, et a suivi une formation en sylviculture afin de pérenniser la forêt entourant la demeure familiale.

Aujourd’hui il enseigne le français et vit au Pays Basque.

"Avant que naisse la forêt" (2016) est son premier roman. Il remporte diverses récompenses: Prix François Augiéras ; Prix Cultura/Femme actuelle, Prix de la Plume d’or du premier roman. 
Bélhazar est son troisième roman.