Victor Dumiot
« Lola l'ignore, mais à chaque seconde, elle risque : d'être empoisonnée au mercure comme Catherine, d'être égorgée comme Valérie, d'être brûlée vive comme Séverine, d'être écrasée, comme Maïté, abattue au fusil de chasse, comme Janine, étranglée comme Mathilda, défenestrée comme Hadas, battue à mort, à coups de bouteille comme Marie-Christine, elle risque ce que d'autres femmes, tout aussi seules, risquent dans un monde où les femmes et les hommes coexistent, bon gré, mal gré. »
Ce que Lola ignore, le lecteur le sait avant même d’aborder la première page de ce roman. Déjà avant la fuite, la violence était dans les mots et parfois dans les gestes. C’est sans aucun doute le motif de cette fuite, vers la France avec l’un de ses fils.
La solitude la rattrape et quand elle croise sur son chemin cet homme que nous lecteurs, connaissons comme un repris de justice dont il faudra patienter pour apprendre ce qui a motivé sa peine et sa libération. Le piège se construit autour d’elle et c’est juste le mécanisme qui nous manque pour comprendre l’essentiel de cette histoire .
Lorsque c’est le fils qui devient narrateur, on sait qu’il a tout compris.
« Il me rappelait, ces lions que je regardais parfois sur National Geographic. Ceux qui mordent dans l'antilope et leur arrache les muscles vivants. »
Mais qui tient compte des impressions d’un ado qui ne voit pas d’un bon oeil le remplacement de son père ?
Accompagné d’une bande son détaillée (mais que je n’ai pas l’honneur de connaitre), le roman exprime une violence qui s’installe progressivement, faisant monter d’un cran à chaque chapitre l’angoisse, ce que l’on sait inéluctable de ce destin que l’on voudrait tant pouvoir changer.
Une réelle efficacité dans le propos et une analyse pointue des mécanismes de la violence dans ce roman, qui hélas témoigne d’un état des lieux plutôt désespérant.
Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy
300 pages Calmann-lévy
#Lolavamourir #NetGalleyFrance
"Lola l'ignore, mais à chaque seconde, elle risque : d'être empoisonnée au mercure comme Catherine, d'être égorgée comme Valérie, d'être brûlée vive comme Séverine, d'être écrasée, comme Maïté, abattue au fusil de chasse, comme Janine, étranglée comme Mathilda, défenestrée comme Hadas, battue à mort, à coup sde bouteille comme Marie-Christine, elle risque ce que d'autres femmes, tout aussi seules, risquent dans un monde où les femmes et les hommes coexistent, . bon gré mal gré."
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« Il me rappelait, ces lions que je regardais parfois sur National Geographic. Ceux qui mordent dans l'antilope et leur arrache les muscles vivants. »

Victor Dumiot a grandi aux îles Marquises. Ancien élève de l’École normale supérieure, il se spécialise dans les œuvres de Georges Bataille et de Michel Foucault.
Actuellement rédacteur en chef de la revue littéraire Année Zéro, après Acide, Lola va mourir est son deuxième roman







