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Journal de ma vengeance ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Didier Larèpe 











Malgré le titre et le rappel régulier de la narratrice revendiquant ses écrits comme n’appartenant pas au genre du journal, nous avons bien affaire aux confidences écrites et chronologiques d’une jeune femme dont le ressentiment transpire à chaque phrase. Plus même qu’un ressentiment , une haine féroce pour sa famille dont on comprendra peu à peu l’étendue de la maltraitance qu’elle a subie. La véhémence de son langage trouvera un écho dans les échanges avec une mère qui ne se contente pas d’être distante.


Une grande violence dans le propos que l’on retrouvera à travers le sujet de ce roman, la vengeance, à la hauteur des faits passés. 


Bien qu’obnubilée par les moyens de faire payer à ses bourreaux leurs crimes, celle qui se fait appeler Electre, comme la figure mythologique qui doit venger la mort de son père,  croisera aussi l’amour, parfois juste ébauché, maladroit,, et sans doute mal choisi, jusqu’à la rencontre d’une âme soeur avec qui elle partagera une passion commune pour la musique mais aussi une fusion des corps et des âmes. De très belles pages qui contrastent avec la violence ambiante. 


En filigrane, la mort de sa soeur, dans des circonstances jamais clairement explicitées par la famille. 


Pour adoucir un peu le propos, la musique produit sur le lecteur un apaisement,. C’est avec la musique qu’elle pourra s’accomplir, un don remarqué depuis l’enfance mais là aussi étouffé dans l’oeuf par la mère indigne. 


« Je ne peux déposer ainsi que du négatif. Il y avait aussi des joies, mon violoncelle et Mozart, mon chat. »


On apprend également beaucoup sur l’art du tatouage, qui prend tout son sens grâce à la puissance d’évocation de son dessin. 


Un roman fort, souvent violent, un coup de poing, mais on n’a aucune difficulté à comprendre l’origine de cette haine féroce et on n’éprouve pas de pitié pour les victimes de cette opération commando, punies par là où elles ont péché.  Il se lit avec fébrilité, car il nous entraine sans répit vers une résolution aussi adroite qu’inévitable. 


Merci à l’auteur pour sa confiance 




188 pages BOD 1 décembre 2025

SP






Je hais ma génération, je me hais, je hais ceux qui ont délibérément gâché mon éducation, le système qu'ils ont érigé. 


*



Tout savoir sur tout à toutes les secondes, y compris les saloperies, les erreurs, les manipulations, les haines de tous envers presque tous, et ne jamais lire plus de trois ou quatre lignes avant de se faire une opinion. Est-ce que c'était moins bien avant ?




Né en 1958, Didier Larèpe est musicien de formation et écrit depuis plus de vingt ans 


Vertiges ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Rebecca Taylor McKay











Le jeune couple qui occupe une  suite dans le plus bel hôtel de Positano devrait susciter des regards d’envie. Pourtant, une fragilité de la jeune femme vient éveiller des soupçons et faire craindre un décalage entre le paraître et la réalité. D’ailleurs, l’alerte est confirmée par l’irruption d’un mot glissé sous la porte par quelqu’un qui sait que la jeune femme est seule à ce moment-là : « on vous ment »…


Le lecteur sait donc dès le départ que quelque chose ne va pas. D’autant plus que le roman s’ouvre sur une période plus tardive que ce voyage de noces, toujours à Positano, mais la narratrice qui n’est autre que la jeune épouse y est seule. 


Que s’est-il passé deux ans plus tôt  ? Et qu’est ce qui avait provoqué le malaise ressenti lors de ce séjour qui aurait du être idyllique ? Tout cela sera peu à peu dévoilé, alors que l’auteur nous convie à des allers retour entre les périodes où se déroule l’intrigue.         


Le roman fait la part belle à l’attrait des paysages italiens de la côte amalfitaine. La douceur des lumières, la magie des couleurs sublimées par le soleil, accentue le contraste avec la noirceur de l’histoire. D’autant qu’on se dispose que de très peu d’éléments au départ. On progresse avec la narratrice, qui cherche elle-même à reconstituer une partie de son passé (on apprend très vite qu’elle est amnésique à la suite d’un traumatisme ). C’est donc à partir de ses propres réflexions que l’on comprendra ce qui lui est arrivé. 

Tout l’intérêt du roman est de découvrir peu à peu ce que cachent les autres personnages, tous enclins à soigner l’image qu’ils donnent. Autrement dit les révélations successives lèvent le voile ou nous entraînent sur de fausses pistes….


Le sujet de l’amnésie est traité avec beaucoup de finesse, et même si l’on sait que c’est un subterfuge commode pour distiller les éléments  d’une intrigue au compte goutte, cela fonctionne !



On lit donc avec plaisir ce roman, en attente perpétuelle des soubresauts de l’intrigue pour parvenir à cerner la vérité. 


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


416 pages Sonatine 7 mai 2026

Traduction  Caroline Nicolas 

TO The honeymoon suite (18 juin 2026)

#Vertiges #NetGalleyFrance







Comment puis-je continuer à vivre en sachant qu’il y a des choses que je ne sais pas - des parties de moi qui me manquent ?


Rebecca Taylor McKay


Rebecca Taylor McKay est l'autrice d'un premier roman, "Vertiges" (" The Honeymoon Suite", 2026), nominé pour le Women's Prize Discoveries 2022 et le Northern Writers Sid Chaplin Award 2022.


La société des objets magiques ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Gareth Brown











Après Le Livre des portes, Gareth Brown nous propose un roman toujours aussi imprégné de magie. Déposée dans des objets divers, dotés de pouvoirs aussi enviables que la lévitation, l’intangibilité ou la possibilité d’immobiliser sur place tout être vivant croisé sur son chemin, ces artéfacts sont bien entendu extrêmement dangereux, pour peu qu’ils se retrouvent dans les mains de bandits qui voudraient en profiter pour assouvir tous leurs désirs, y compris plus malsains.

Ils sont au début du roman, à l’abri de ce danger, enfermés dans un Cabinet automatique, que personne n’a le droit d’ouvrir sous peine de déclencher des catastrophes en série. 


Les règles sont simples : 


« Les objets magiques, que possèdent, la Société ne doivent pas être utilisés, à part par des membres de la Société, et dans le seul but d'obtenir d’autres objets magiques »


Magda, une jeune femme qui a perdu sa mère des années plus tôt est envoyée en mission à Hong-Kong car il semble qu’un nouvel objet y ait été repéré. Sur place elle y rencontrera le beau et talentueux James, mais aussi l’infâme Owen Maddox, qui lui aussi convoite l’artéfact. Sa profession de tueur à gages le rend immédiatement extrêmement  antipathique et la suite de l’histoire confirmera ce pressentiment. 

A partir de cette quête, l’histoire se complexifie pour devoir peu à peu les tenants et aboutissants de la Société des objets magiques, les raisons de sa création, et de la réticence de Franck le libraire à en parler. Un lourd secret est en effet à l’origine de la prudence et des silences de Franck. 


On y rencontrera des personnages animés d’intentions à la limite de l’acceptable mais dont les talents laissent fleurir l’espoir d’un succès contre le mal. D’autres sont plus étranges et le plus mystérieux interviendra une fois le roman bien entamé, et c’est bien entendu lui la clé du problème. 


Une construction habile, qui distille peu à peu les éléments du puzzle, et une écriture simple, très accessible sont à l’origine de l’agrément de cette lecture. Pas de scènes violentes inutiles, une belle et chaste histoire d‘amour, le combat du bien contre le mal, tous ces ingrédients font partie de la recette d’un bon roman jeunesse, que l’on peut aussi savourer au delà de l’adolescence.


On notera que le récit ne se perd pas dans d’inaccessibles situations incompréhensibles, tout est clair, même si c’est hautement imaginatif.


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


480 pages Sonatine 16 avril 2026

Traduction. : Pierre Szczeciner

Titre original : The Society of unknowable objects (3 avril 2025)

#LaSociétédesobjetsmagiques #NetGalleyFrance 









Les objets magiques, que possèdent, la Société ne doivent pas être utilisés, à part par des membres de la Société, et dans le seul but d'obtenir d’autres objets magiques



Gareth Brown



Gareth Brown est un écrivain  anglais. Au cours des vingt dernières années, il a travaillé dans la fonction publique britannique et dans le National Health Service tout en écrivant pendant son temps libre. Il est actuellement directeur de screening pour le NHS Scotland.


Il vit avec sa femme près d'Édimbourg en Écosse.


Lire aussi :


Le livre des portes 


Petits meurtres dans l'après-midi ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Alice Slater 












En guise d’apéritif, le roman s’ouvre sur une attente vaine. Malgré la promesse d’un repas aux saveurs de la Nouvelle Orléans, Daniel ne viendra pas rejoindre sa soeur Caroline. Sans nouvelles de lui depuis son départ pour les Etats-Unis, mille questions la taraudent. Alors elle convoque pour une soirée haute en couleurs, tous ceux qui auraient pu avoir une idée de ce qui lui est arrivé. On sait seulement qu’on a retrouvé une chemise ensanglantée et son passeport dans un bayou…



L’histoire se cherche un moment, avant que l’on puisse prendre ses repères. Mais il ne faut pas tenir pour acquis ce que l’on découvre avec le flot verbal des témoignages. On pourrait y perdre ces certitudes !  

Le témoin principal est Selina, une jeune femme en quête de reconnaissance et qui se sert de ses prétendus talents en matière de divination, pour faire des rencontres. C’est dans un camp pour jeunes voyageurs qu’elle rencontrera un Daniel plutôt intrigant.


Les récits alternent, chacun livre un portrait de Daniel, qui montrent bien la duplicité du personnage, son art de manipuler son entourage pour arriver à ses fins, aidé par sa beauté physique, qui lui ouvre toutes les portes. 


Le récit  assez bavard, se resserre peu à peu sur le jour fatal , où l’on peut être surpris par le dénouement. Entre temps on aura échafaudé mille hypothèses, en fonction de ce que l’autrice laisse transparaitre au compte-goutte dans les échanges entre les personnages. Il faudra aussi beaucoup de patience pour comprendre l’histoire commune des personnages, que l’apparition de Selina vient perturber .


C’est, comme je l’ai dit plus haut, un peu bavard, un peu dilué, et on peut se demander dans les premiers chapitres on l’on veut nous emmener. On aurait aimer un peu plus de tension, plutôt que le détail des plats servis ou des cocktails bus. J’ai commencé à vraiment accrocher lorsque la rencontre entre Daniel et Selina nous fait entrer dans une nouvelle phase de cette pseudo enquête. Si l’on doit en dégager une leçon, c’est qu’il ne faut se fier à personne ! Tout le monde ment aurait été un excellent titre ! 


Le tout reste assez superficiel et les thèmes sociaux ne sont qu’effleurés.


Un roman dont il ne me restera sans doute pas grand chose à distance…


Merci à Netgalley et aux éditions de la Croisée 


368 pages La Croisée 2 avril 2026

Traduction : Nathalie Peronny

TO Let the bad time roll

#Petitsmeurtresdanslaprèsmidi #NetGalleyFrance




Alice Slater


Alice Slater est une écrivaine, podcasteuse et ancienne libraire originaire de Londres. 

Elle a étudié l'écriture créative à la MMU et à l'UEA. Elle vit à Londres avec son mari et beaucoup de livres. 


Et jamais ne reviens ⭐️⭐️⭐️

 Raphaël Monégier 











Un thriller très court mais dense ! En à peine plus de cent pages, nous parcourons deux années sur les routes sinueuses de l’Ile de beauté, qui n’offre pas ici ses plus charmants attraits. 


Trois amis sont venus sur l’île, l’un deux y a des racines. Leur première erreur a été de louer une voiture immatriculée en 92 ! De quoi attirer l’attention de trois autochtones qui ne tardent pas à les prendre en chasse. La rencontre se passe mal, le bilan sera lourd à la fin de la nuit.


Mais ce n’est pas aussi simple que cela, et c’est par le biais des allers et retours entre la période de ce séjour et ce que l’on apprendra à l’issue du procès que la vérité apparaitra 


La promesse était réjouissante : se délecter des merveilleux paysages de la Castagniccia !


« Cette région montagneuse du nord-est de la Corse, terre de châtaigniers séculaires qui lui ont donné son nom »


« Autour d'eux, le monde renaissait  dans une explosion silencieuse de couleurs »



« Les fougères s’ouvraient comme des mains en prière, perles de rosée, qui captaient les premiers rayons. Chaque goutte était un prisme, décomposant la lumière en arcs-en-ciel minuscules. L'air sentait la terre mouillée, la résine de pin, et cette odeur indéfinissable du maquis au petit matin, mélange de thym, de myrte et de quelque chose d'autre, plus ancien, plus profond. »



Mais le voyage vire au cauchemar…Et la vérité se construira autour de récits fallacieux, qui arrangeront tout le monde.


Un premier écueil est la brièveté du récit, difficile de s’installer et de s’approprier les personnages quand tout se déroule si vite La deuxième réserve en découle : le risque est fort de devoir s’en tenir aux clichés ! D’autant qu’une telle aventure aurait très bien pu se dérouler n’importe où, la volonté de nuire pour de mauvaises raisons n’est pas l’apanage de cette île. 


Une plume efficace pour installer le malaise, une évocation réussie de la grâce des paysages mais une intrigue trop condensée !


Merci à Netgalley et aux éditions Buchet Chastel 



208 pages Buchet Chastel 2 avril 2026

#Etjamaisnereviens #NetGalleyFrance






« Les fougères s’ouvraient comme des mains en prière, perles de rosée, qui captaient les premiers rayons. Chaque goutte était un prisme, décomposant la lumière en arcs-en-ciel minuscules. L'air sentait la terre mouillée, la résine de pin, et cette odeur indéfinissable du maquis au petit matin, mélange de thym, de myrte et de quelque chose d'autre, plus ancien, plus profond. »



« Autour d'eux, le monde renaissait  dans une explosion silencieuse de couleurs »


 

Raphaël Monégier


Né en 1984,  Raphaël Monégier a étudié le cinéma à la Sorbonne avant de se tourner vers la télévision. Pendant 15 ans, il a travaillé comme rédacteur en chef et producteur éditorial pour la télévision, de The Voice à Beau Geste.


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