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La place du chat ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Patricia Delahaie 











L’article 125 du code civil est un pivot autour duquel s’articule ce roman. La loi stipule que les enfants doivent assistance à leurs parents, si ceux-ci ne peuvent pas subvenir à leur besoin. Alors que  l'obligation alimentaire des parents s'éteint dès que le majeur décroche un emploi régulier lui permettant d'être autonome, il n’y a aucune limite dans le temps, sinon la mort, dans le cas des ascendants. 


Que s’est-il passé ce jour-là, pour que Missy en vienne à étouffer sa mère avec un oreiller, à la poignarder avec un petit couteau,  pour  se livrer aux gendarmes trois jours plus tard et avouer ce crime.?


C’est par le biais d’une enquête journalistique que nous reviendrons sur le passé de cette famille. Rose, une jeune pigiste se voit confié l’interview de la matricide  qui purge sa peine dans une centrale. Le journal, « un canard de société » compte sur un peu de sensationnel pour attirer les lecteurs…


La rencontre des deux femmes sera riche. Parce que Rose offre une oreille attentive à la prisonnière et parce que celle-ci est un personnage haut en couleur ! On comprendra vite à quel point Missy a manqué d’amour, près d’une mère indigne. Pas de maltraitance physique mais une constante dépréciation de ses moindres faits et gestes et de son aspect global. Sans compter une grande instabilité au gré des folies amoureuses de cette femme, qui vécut quelques instants de gloire au cinéma, vite oubliés  : les dons d’actrices de la jeune femme n’ont pas fait longtemps illusion.


« Elle était belle à l’extérieur et moche à l’intérieur » 


dira sa fille mais aussi 


« Tu ne peux pas savoir à quel point je l’admirais « 


Une personnalité fantasque, extrêmement autocentrée : 


« On dirait qu’elle est très intelligente pour obtenir ce qu’elle veut et peu réfléchie sur les conséquences de ses actes »


Cette femme qui n’a jamais accepté son statut de mère, jamais eu une once d’affection pour sa fille, ira très loin dans l’abjection ! Certes nous n’avons que le point de vue de Missy  et 


« Certaines maltraitances sont invisibles, et comment les prouver quarante, cinquante ans après les faits ? »


L’échange entre les deux femmes est très interessant, et si tout les oppose une connivence les unit. On s’attache vite à Missy, une personnalité originale , qui contraste d’ailleurs avec ce qu’elle était dans sa jeunesse. On a du mal à imaginer que la vieille dame volubile se soit soumise aussi longtemps aux caprices de sa mère. 


Une autre astuce pour maintenir l’attention du lecteur repose sur le petit doute qui subsiste sur la culpabilité de Missy…


Un roman plaisant à lire,, une écriture simple, des personnages attractifs, une bonne recette littéraire !


Merci à Netgalley et aux éditions Belfond 


304 pages Belfond 30 avril 2026

#PatriciaDelahaie #NetGalleyFrance







« On dirait qu’elle est très intelligente pour obtenir ce qu’elle veut et peu réfléchie sur les conséquences de ses actes »



« Certaines maltraitances sont invisibles, et comment les prouver quarante, cinquante ans après les faits ? »


Patricia Delahaie 



Née en 1954 Patricia Delahaie-Pouderoux est écrivaine et coach de vie.


Elle est diplômée en cinéma (montage et scénario) et en sciences humaines (philosophie, psychologie et sociologie).


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La Faussaire 


Prendre le large ⭐️⭐️⭐️

 Martin Dumont 











Après le Chien de Schrödinger, Tempo et Tant qu’il reste des îles, Prendre le large est le quatrième roman de Martin Dumont. J’hésite sur le terme roman, car le texte s’apparente plus à un récit de voyage personnel qu’à une fiction, puisqu’il nous relate une transatlantique aller-retour en famille sur un voilier. Une aventure dans laquelle se reconnaîtront tous ceux qui ont tenté ce genre d’exploit.


Si je reste conquise par le talent d’écriture de l’auteur, le sujet abordé ne fait pas partie de ce qui me fait vibrer. Je ne connais pas le lexique et ne suis pas suffisamment attirée par la confrontation cet univers particulier, que je préfère contempler bien ancrée sur la terre ferme. 


Malgré tout, et c’est là que réside tout le savoir faire de Martin Dumont, je suis allée au bout de l’affaire ( heureusement condensée en deux cents pages) et me suis attachée aux péripéties et au ressenti de l’équipage. Ce qui m’a convaincue si cela était nécessaire que ce n’est pas pour moi ! 


On peut aussi reconnaitre le courage d’une telle entreprise, fondée sur des rêves de liberté et de rupture avec un quotidien aliénant. Rêves qui peuvent vite se transformer en cauchemar, ce qui n’arrête pas les amoureux du voyage. Plus que les réels dangers et les avanies subies, ce sont les rencontres, les amitiés fussent-elles éphémères, et les découvertes d’une nature fabuleuse, contrebalancée par le constat des dégâts causés par les humains,  qui font briller les étoiles dans leurs yeux. 


Parmi ceux qui ont osé un jour prendre l large, combien diront au retour : « plus jamais » ? 



Merci à Netgalley et aux éditions Les Avrils 


192 pages Les Avrils 7 mai 2026

#Prendrelelarge #NetGalleyFrance







C’est dans l’attente, dans l’ennui et dans l’incertitude que tout se crée; Les passions, les folies et le plus belles amitiés.



Moi qui pensais que ce voyage ferait de moi un marin, il a peut-être simplement fait de moi un père


Martin Dumont 


Martin Dumont travaille comme architecte naval. 


Il a passé son adolescence à Rennes où il s’est épris de l’océan et de la voile.


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Tempo

Le chien de Shrödinger

Tant qu’il reste des îles 


Journal de ma vengeance ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Didier Larèpe 











Malgré le titre et le rappel régulier de la narratrice revendiquant ses écrits comme n’appartenant pas au genre du journal, nous avons bien affaire aux confidences écrites et chronologiques d’une jeune femme dont le ressentiment transpire à chaque phrase. Plus même qu’un ressentiment , une haine féroce pour sa famille dont on comprendra peu à peu l’étendue de la maltraitance qu’elle a subie. La véhémence de son langage trouvera un écho dans les échanges avec une mère qui ne se contente pas d’être distante.


Une grande violence dans le propos que l’on retrouvera à travers le sujet de ce roman, la vengeance, à la hauteur des faits passés. 


Bien qu’obnubilée par les moyens de faire payer à ses bourreaux leurs crimes, celle qui se fait appeler Electre, comme la figure mythologique qui doit venger la mort de son père,  croisera aussi l’amour, parfois juste ébauché, maladroit,, et sans doute mal choisi, jusqu’à la rencontre d’une âme soeur avec qui elle partagera une passion commune pour la musique mais aussi une fusion des corps et des âmes. De très belles pages qui contrastent avec la violence ambiante. 


En filigrane, la mort de sa soeur, dans des circonstances jamais clairement explicitées par la famille. 


Pour adoucir un peu le propos, la musique produit sur le lecteur un apaisement,. C’est avec la musique qu’elle pourra s’accomplir, un don remarqué depuis l’enfance mais là aussi étouffé dans l’oeuf par la mère indigne. 


« Je ne peux déposer ainsi que du négatif. Il y avait aussi des joies, mon violoncelle et Mozart, mon chat. »


On apprend également beaucoup sur l’art du tatouage, qui prend tout son sens grâce à la puissance d’évocation de son dessin. 


Un roman fort, souvent violent, un coup de poing, mais on n’a aucune difficulté à comprendre l’origine de cette haine féroce et on n’éprouve pas de pitié pour les victimes de cette opération commando, punies par là où elles ont péché.  Il se lit avec fébrilité, car il nous entraine sans répit vers une résolution aussi adroite qu’inévitable. 


Merci à l’auteur pour sa confiance 




188 pages BOD 1 décembre 2025

SP






Je hais ma génération, je me hais, je hais ceux qui ont délibérément gâché mon éducation, le système qu'ils ont érigé. 


*



Tout savoir sur tout à toutes les secondes, y compris les saloperies, les erreurs, les manipulations, les haines de tous envers presque tous, et ne jamais lire plus de trois ou quatre lignes avant de se faire une opinion. Est-ce que c'était moins bien avant ?




Né en 1958, Didier Larèpe est musicien de formation et écrit depuis plus de vingt ans 


Vertiges ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Rebecca Taylor McKay











Le jeune couple qui occupe une  suite dans le plus bel hôtel de Positano devrait susciter des regards d’envie. Pourtant, une fragilité de la jeune femme vient éveiller des soupçons et faire craindre un décalage entre le paraître et la réalité. D’ailleurs, l’alerte est confirmée par l’irruption d’un mot glissé sous la porte par quelqu’un qui sait que la jeune femme est seule à ce moment-là : « on vous ment »…


Le lecteur sait donc dès le départ que quelque chose ne va pas. D’autant plus que le roman s’ouvre sur une période plus tardive que ce voyage de noces, toujours à Positano, mais la narratrice qui n’est autre que la jeune épouse y est seule. 


Que s’est-il passé deux ans plus tôt  ? Et qu’est ce qui avait provoqué le malaise ressenti lors de ce séjour qui aurait du être idyllique ? Tout cela sera peu à peu dévoilé, alors que l’auteur nous convie à des allers retour entre les périodes où se déroule l’intrigue.         


Le roman fait la part belle à l’attrait des paysages italiens de la côte amalfitaine. La douceur des lumières, la magie des couleurs sublimées par le soleil, accentue le contraste avec la noirceur de l’histoire. D’autant qu’on se dispose que de très peu d’éléments au départ. On progresse avec la narratrice, qui cherche elle-même à reconstituer une partie de son passé (on apprend très vite qu’elle est amnésique à la suite d’un traumatisme ). C’est donc à partir de ses propres réflexions que l’on comprendra ce qui lui est arrivé. 

Tout l’intérêt du roman est de découvrir peu à peu ce que cachent les autres personnages, tous enclins à soigner l’image qu’ils donnent. Autrement dit les révélations successives lèvent le voile ou nous entraînent sur de fausses pistes….


Le sujet de l’amnésie est traité avec beaucoup de finesse, et même si l’on sait que c’est un subterfuge commode pour distiller les éléments  d’une intrigue au compte goutte, cela fonctionne !



On lit donc avec plaisir ce roman, en attente perpétuelle des soubresauts de l’intrigue pour parvenir à cerner la vérité. 


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


416 pages Sonatine 7 mai 2026

Traduction  Caroline Nicolas 

TO The honeymoon suite (18 juin 2026)

#Vertiges #NetGalleyFrance







Comment puis-je continuer à vivre en sachant qu’il y a des choses que je ne sais pas - des parties de moi qui me manquent ?


Rebecca Taylor McKay


Rebecca Taylor McKay est l'autrice d'un premier roman, "Vertiges" (" The Honeymoon Suite", 2026), nominé pour le Women's Prize Discoveries 2022 et le Northern Writers Sid Chaplin Award 2022.


La société des objets magiques ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Gareth Brown











Après Le Livre des portes, Gareth Brown nous propose un roman toujours aussi imprégné de magie. Déposée dans des objets divers, dotés de pouvoirs aussi enviables que la lévitation, l’intangibilité ou la possibilité d’immobiliser sur place tout être vivant croisé sur son chemin, ces artéfacts sont bien entendu extrêmement dangereux, pour peu qu’ils se retrouvent dans les mains de bandits qui voudraient en profiter pour assouvir tous leurs désirs, y compris plus malsains.

Ils sont au début du roman, à l’abri de ce danger, enfermés dans un Cabinet automatique, que personne n’a le droit d’ouvrir sous peine de déclencher des catastrophes en série. 


Les règles sont simples : 


« Les objets magiques, que possèdent, la Société ne doivent pas être utilisés, à part par des membres de la Société, et dans le seul but d'obtenir d’autres objets magiques »


Magda, une jeune femme qui a perdu sa mère des années plus tôt est envoyée en mission à Hong-Kong car il semble qu’un nouvel objet y ait été repéré. Sur place elle y rencontrera le beau et talentueux James, mais aussi l’infâme Owen Maddox, qui lui aussi convoite l’artéfact. Sa profession de tueur à gages le rend immédiatement extrêmement  antipathique et la suite de l’histoire confirmera ce pressentiment. 

A partir de cette quête, l’histoire se complexifie pour devoir peu à peu les tenants et aboutissants de la Société des objets magiques, les raisons de sa création, et de la réticence de Franck le libraire à en parler. Un lourd secret est en effet à l’origine de la prudence et des silences de Franck. 


On y rencontrera des personnages animés d’intentions à la limite de l’acceptable mais dont les talents laissent fleurir l’espoir d’un succès contre le mal. D’autres sont plus étranges et le plus mystérieux interviendra une fois le roman bien entamé, et c’est bien entendu lui la clé du problème. 


Une construction habile, qui distille peu à peu les éléments du puzzle, et une écriture simple, très accessible sont à l’origine de l’agrément de cette lecture. Pas de scènes violentes inutiles, une belle et chaste histoire d‘amour, le combat du bien contre le mal, tous ces ingrédients font partie de la recette d’un bon roman jeunesse, que l’on peut aussi savourer au delà de l’adolescence.


On notera que le récit ne se perd pas dans d’inaccessibles situations incompréhensibles, tout est clair, même si c’est hautement imaginatif.


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


480 pages Sonatine 16 avril 2026

Traduction. : Pierre Szczeciner

Titre original : The Society of unknowable objects (3 avril 2025)

#LaSociétédesobjetsmagiques #NetGalleyFrance 









Les objets magiques, que possèdent, la Société ne doivent pas être utilisés, à part par des membres de la Société, et dans le seul but d'obtenir d’autres objets magiques



Gareth Brown



Gareth Brown est un écrivain  anglais. Au cours des vingt dernières années, il a travaillé dans la fonction publique britannique et dans le National Health Service tout en écrivant pendant son temps libre. Il est actuellement directeur de screening pour le NHS Scotland.


Il vit avec sa femme près d'Édimbourg en Écosse.


Lire aussi :


Le livre des portes 


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