Abonnés

Affichage des articles dont le libellé est Premier roman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Premier roman. Afficher tous les articles

Physiquement ⭐️⭐️⭐️

 Sasha Georges


Physiquement par Georges


D et Lala. Frère et soeur, ils vivent en Bretagne. On ressent immédiatement la préférence  que la mère ne cache pas pour sa fille, lycéenne brillante. Le peu d’ambition de D., abandonnant l’idée de poursuivre des études après le bac, pour travailler en supermarché conforte cette position. 


« Il lui avait fallu en rabattre quant aux espérances qu’elle plaçait en son fils, puisqu’il avait décidé de zoner à la campagne »



Mais D. envisage de tenter de nouvelles expériences et quitte le bord de mer pour aller à Paris, en coloc avec une ancienne camarade de lycée. Il découvre le féminisme, le monde queer, et tente de s’assimiler à ce milieu. 

Mais Lala découvre une autre facette de la personnalité de son frère dans la chambre d’ado de celui-ci. Une découverte qui va bouleverser profondément leur relation et peser lourd sur l’avenir de Dorian. Celle qui désormais est nommée Paula ne pourra pas lui pardonner.


L’évolution du personnage est intéressante. Le questionnement et la volonté de se conformer aux codes du milieu qu’il découvre est très bien restitué, et l’on est convié à découvrir le fonctionnement et la logique des militants. 


En revanche le personnage de D. me pose question. Le chapitre inaugural met en scène un événement violent, qui laisse présager de la part de D autre chose que cette indétermination et cette personnalité mouvante  et opportuniste. Je m’attendais d’autre part de trouver une sorte de rappel de l’épisode dans le destin de D. Ce qui n’est pas le cas. Or lorsque le forfait de D. est découvert par sa soeur, l’ïmage de victime que Dorian veut offrir en implorant le pardon, la prescription, ne colle pas. Ou alors, il est en fait un personnage machiavélique, ce que l’on ne ressent pas. 


Hormis cet écueil, ce premier roman présente des facettes tout à fait intéressantes à découvrir. 


Merci à Netgalley et aux éditions Julliard.


240 pages Julliard 28 août 2025

NG 68 

#Physiquement #NetGalleyFrance





Quelle mère j'ai été pour eux, au fond du fond, je n'en sais rien, car on ne sait jamais, car on répond à la question, quand on se la pose, en pensant au seul aspect où on est bien sûr d'avoir eu tout bon, et pour le reste on regarde ailleurs, on prend soin de ne pas s'attarder sur les attitudes indignes, qu'on a eues, tranquillement, sur les choix honteux qu'on a tranquillement  fait avec ses enfants,


« Il lui avait fallu en rabattre quant aux espérances qu’elle plaçait en son fils, puisqu’il avait décider de zoner à la campagne »



julliard_georges_sasha.jpg


Sasha Georges vit et travaille à Paris. Physiquement est son premier roman.


La récréation est finie ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Dario Ferrari 


La récréation est finie par Ferrari


Lorsque l’histoire s’ouvre avec un héros sympathique, la cause est presque gagnée, et c’est le cas pour ce trentenaire, plutôt cool, qui, malgré le milieu ambitieux où il traine ses modestes motivations, ne semble pas engagé dans la course à la gloire. Et pourtant le milieu universitaire qu’il fréquente est un repaire de requins, prêts à tous les coups bas pour s’arroger les postes en vue. 

Marcello est donc doctorant en lettres à Pise. Il a choisit un sujet ambitieux, pour attirer l’attention sur la carrière littéraire d’un auteur méconnu qui a laissé plus de traces dans les mémoires pour son passé de terroristes que pour son oeuvre d’écrivain. 


Toute la première partie dresse un portrait ironique du milieu universitaire que l’auteur semble bien connaitre pour en dépeindre avec beaucoup de talents les travers : guerre entre les universités, combat de coqs des patrons, parfois au dépens de leurs poulains qui sont envoyés en première ligne et peuvent y ruiner leur avenir. C’est drôle, malin, et réjouissant. 


Oeuvre dans l’oeuvre, on découvre ensuite qui se cache derrière le nom de l’auteur maudit, Tito Sella. Cette partie est plus difficile d’accès car elle fait appel à l’histoire politique italienne qui peut être plus difficile d’accès pour des néophytes et est forcement moins littéraire.


Mais on retrouve notre doctorant dans une troisième partie jubilatoire, en proie à des doutes ayant sur son travail que sur ses amours, que son passage à Paris met à mal. De très belles rencontres ici aussi et un art de raconter tout à fait séduisant.


Ce premier roman fait mouche et offre quelques heures d’une lecture bien agréable.


Merci à Netgalley et aux éditions du Sous-Sol.


448 pages Sous sol 21 août 2025

#Larécréationestfinie #NetGalleyFrance 









Comme je viens de l'écrire dans ma thèse de doctorat (m'applaudissant moi-même pour la façon dont j'apprends à parer de termes ésotériques des concepts sans intérêt), la fin de cette histoire est extradiégétique.


*

La Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, et l'un des édifices, déraisonnablement pharaonique que les présidents français du siècle dernier s'offraient en guise, dommage à eux-mêmes, au terme d'un à deux mandats de sept ans, c'est-à-dire après avoir exercé un pouvoir quasi absolu pendant parfois quatorze ans, et donc jusqu'à atteindre un état de délire narcissique, bien compréhensible.




Né en 1982, Dario Ferrari est né à Viareggio en 1982 et a passé les trente premières années de sa vie à étudier, jusqu'à ce qu'il devienne docteur en philosophie, un titre ornemental qui sert presque exclusivement à embellir les notes biographiques. Il enseigne dans un lycée romain et est traducteur


L'adieu au visage ⭐️⭐️⭐️

 David Neufgermain











Depuis 2020, de nombreux romanciers ont intégré dans leurs écrits la période si particulière que nous avons tous vécu en ce printemps de pandémie, le confinement, la menace d’une contamination, l’étrange paralysie de la planète, et les conséquences que le psychisme de nos contemporains, condamnés à vivre dans une proximité délétère avec leurs proches. Dans les romans, le sujet est abordé avec plus ou moins de précision, et ce n’est le plus souvent qu’une allusion.


Ici, on est plongé au coeur du plus difficile à vivre de cette période, avec les plus impactés de nos concitoyens, à savoir les soignants. Le narrateur est psychiatre, et poursuit sa mission en téléconsultation, mais il est aussi mobilisé pour le protocole de prise en charge des corps des victimes de l’épidémie. Il intervient  par ailleurs au Samu social, se trouvant confronté à l’absurdité des textes qui obligent à un confinement des hommes et des femmes qui n’ont pas de domicile !


Roman ? Pas vraiment, le texte est issu des réflexions collectées au fil des jours par l’auteur, pendant le confinement.


L’impression de malaise, est présente pendant toute la lecture, car si l’on savait la rigueur des protocoles en ce qui concerne les obsèques, l’interdiction de rendre visite à nos parents en Ehpad, on était moins au courant du caractère expéditif des soins mortuaires. C’est violent, même à distance. 


Cette période a laissé de nombreuses séquelles et a considérablement fragilisé un grand nombre de concitoyens. Pour aborder un tel écrit, il vaut mieux avoir réglé ses comptes avec ce que l’on a compris de l’affaire, au risque de se replonger dans les affres de la souffrance psychologique engendrée . 


Lecture difficile, en raison du sujet. 


Merci à Netgalley et aux éditions Marchialy.


256 pages Marchialy 20 août 2025

#LAdieuauvisage #NetGalleyFrance







Vouloir le faire, serait-il donc une qualité nécessaire et suffisante ? Quel genre de personne peut vouloir accomplir une telle mission ? D'où peut venir la motivation à laver un corps qui ne respire plus ?




David Deneufgermain


David Deneufgermain est écrivain-médecin. Psychiatre, il a exercé en prison, en hôpital psychiatrique et soigne depuis onze ans les malades à la rue et dans son cabinet. L’adieu au visage est son premier roman 


Un nègre qui parle yiddish ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Benny Malapa 












Ce récit romancé est un hommage familial, hommage d’un fils à ses parents dont la destinée a été portée par les remous de l’Histoire, comme le furent de nombreuses trajectoires pour tous ceux qui ont vécu le drame de naître entre les deux guerres du vingtième siècle, avec les circonstances aggravantes d’être juif ou  africain . Pour Paul, le père de Benny Malapa, la peine est même double, puisque son père est originaire du Cameroun et qu’il est de confession juive. 


Comment Paul et Suzanne en sont-ils arrivés à fonder une famille, c’est ce que nous apprendra la lecture de ce foisonnant parcours, incarné par les deux voix alternées de Paul et de Suzanne. 

Paul, né de l’amour de Boulou et Frida, alors que Boulou arrive du Cameroun. Suzanne elle vient de Pologne, fuyant avec sa famille les menaces de plus en plus fortes des nazis. 

C’est à Paris qu’ils se rencontrent, alors que Paul gravit les échelons d’une course à la victoire sur les rings de boxe.


L’histoire ne s’achève pas là, la guerre arrive, le couple vit des heures complexes, faites de séparation et de retrouvailles, et la famille s’agrandît, six enfants naitront de leur union.


Une saga familiale digne d’une fiction empreinte d’une grande imagination, et pourtant la réalité est là, cette histoire est authentique, magnifiée par la plume de Benny Malapa qui récrée ce qu’il a pu saisir de la vie de ses parents, imaginant dialogues et échanges.


Bien entendu, on se rend compte à quel point au jour le jour, leur vie est conditionnée par le regard que l’on porte sur eux, et comment ils doivent avec ce racisme ambiant, permanent, exacerbé en période de crise. Il faut un coupable et la différence tient lieu de prétexte. 


Il en résulte un écrit auquel on est vite accroché, et qui se lit comme un roman.


Merci à Netgalley et aux éditions Fayard



350 pages fayard 13 août 2025

#Unnègrequiparleyiddish #NetGalleyFrance







Raconter  n’est pas un degré particulier de la souffrance mais l'originalité de la rencontre de ces deux destins, témoignant, séparément, puis ensemble du sort auquel ont été voués des millions d'humains, ces peuples désigné pour supporter la haine, le rejet, l'intériorisation, subissant, l'esclavage, le racisme, l'antisémitisme, l'extermination, la colonisation et toute les formes d'oppression, jusqu'à celles de notre époque.


 


Benny Malapa



Né d'un père germano-camerounais et d'une mère juive polonaise, Benny Malapa a écrit un premier roman foisonnant sur sa famille hors du commun.


Les crédits

 Damien Peynaud 













Des photos au fond d’un tiroir…traces mémoire d’un passé qui n’existe que pour un temps et se dissoudra dans le flou des mémoires qui s’évanouissent. Disparition des témoins ou lacunes. Pourtant, elles interrogent le narrateur, qui au-delà de l’image cherche des indices de ce passé qu’il n’avait sans doute pas bien saisi à l’époque : qualité des vêtements, expression des visages, intention du photographe, autant de signes qui ravivent les souvenirs. 

Mais ce qu’il y cherche, c’est le sens de ce qui s’est passé pour ses parents. Un niveau de vie sans doute bien au delà de ce qui était raisonnable, une incitation omniprésente à acquérir, et le piège des crédits, qui l’on tente de rebrousser avec d’autres crédits : la spirale infernale pour ces salariés modestes, travaillant tous les deux mais pour le minimum syndical. 


Plus que le drame familial, c’est toute une époque dont on prend conscience beaucoup plus tard, la consommation comme un critère d’insertion sociale, et facteur d’une croissance exponentielle, plébiscitée par les politiques qui y voient un témoignage de leur efficacité. 


Injonction paradoxale pour le consommateur de base. : 


Comment aurait-il eu le recul nécessaire pour le mettre en garde contre les injonctions contradictoires d'une nouvelle économie qui s'emploient, sans vergogne, susciter en lui indésirable infini, tout en lui, demandant de faire preuve de retenue dans sa volonté de le satisfaire.



Mais le propos ne se limite pas à l’aspect socio-économique : avec adresse, Damien Peynaud puise dans le septième art des images qui consolident ses observations, avec Une époque formidable en insistant sur le personnage joué par Gérard Jugnot, qui tente de préserver sa famille en leur cachant sa disgrâce, pour un temps. Ou dans le film tiré du roman de Steinbeck, Les raisins de la colère. Exemples qui ne sont pas dus au hasard, puisque le cinéma est ce qui fait vivre le narrateur, projectionniste dans un petit cinéma. 


Un premier roman original, accrocheur, et porteur d’une leçon socio-politique intéressante. 


Merci à Babelio et aux éditions Notabilia


212 pages Notabilia 21 août 2025

Masse critique Babelio







Comment aurait-il eu le recul nécessaire pour le mettre en garde contre les injonctions contradictoires d'une nouvelle économie qui s'emploient, sans vergogne, susciter en lui indésirable infini, tout en lui, demandant de faire preuve de retenue dans sa volonté de le satisfaire.



Damien Peynaud a grandi dans le sud-ouest de la France.

Il a longtemps exercé le métier d’opérateur projectionniste, puis celui de directeur de cinéma après un passage par la Fémis.

Diplômé en création littéraire à Paris VIII, il mène désormais une recherche-création au sein de cette université.

Les Crédits est son premier roman.


Article le plus récent

Les éléments ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️❤️

Articles populaires