mardi 14 juillet 2015

Un goût de cannelle et d'espoir

Sarah Mc Coy






  • Broché: 425 pages
  • Editeur : Les escales éditions (17 avril 2014)
  • Collection : LES ESCALES
  • Langue : Français
  • Traduction (anglais): Anath Riveline
  • ISBN-10: 2365690408
  • ISBN-13: 978-2365690409
  • existe en version numérique









Y a t-il un odeur plus fédératrice que celle du pain chaud (hormis bien entendu, celle plus subtile des pages ouvertes d’un livre neuf)? Alors quand une boulangerie est au coeur d’un récit, quels que soient les drames contés, il existe toujours une lueur d’espoir en la nature humaine.

L’histoire débute en Allemagne juste avant l’arrivée des alliés alors que la vie quotidienne est un concours d’astuces et de savoir-faire pour compenser le rationnement. Elsie correspond avec sa soeur qui a quitté la boulangerie pour un foyer du Lebensborn, avec ses enfants, nés d’un fiancé SS mort avant le mariage. C’est lors d’une soirée de bal que tout bascule : Elsie reçoit une bague de fiançailles gravée de caractères hébraïques. Elle est quasi-violée par un officier SS et c’est un jeune garçon juif qui vient à son secours. Elle cache Tobias dans sa chambre à la boulangerie….

La situation est risquée mais la construction du roman nous fait comprendre que l’issue n’est pas fatale puisque l’on retrouve Elsie en 2007 au Texas, et qu’elle traîne toujours avec elle une bonne odeur de pain chaud. C’est Reba, une jeune journaliste en proie à des questions existentielles sur la vie à deux qui recrée le lien entre le lecteur et la famille exilée. Son fiancé travaille à la frontière avec le Mexique où il est chargé de refouler les latinos que des passeurs véreux ont abandonné après les avoir délesté de leur économies.

Le parallèle entre le rôle des nazis et celui du garde-frontière, est inévitable. Peut-on s’abriter derrière un devoir d’obéissance pour se disculper d’accomplir une besogne maudite?

Le récit alterne les épisodes allemands et américains , ce qui entretient l’intérêt pour l’intrigue, révélée peu à peu. Cet artifice était-il nécessaire? il semble que les personnages sont suffisamment captivants pour que l’on est envie d’en savoir toujours plus. C’est un procédé d’écriture très tendance, qui expose au risque de laisser apparaître le stratagème de rédaction au dépens de  l’authenticité du récit.

Cela reste une lecture très agréable, parfumée à la cannelle et au parfum du pain qui cuit.





Nous racontons tous des mensonges, sur nous-même, notre passé, notre présent. nous imaginons que certains sont minuscules, insignifiants et d'autres énormes, compromettants, alors qu'ils reviennent tous au même.


*


La vérité, c'est que tout le monde a une face cachée. Si vous voyez la sienne et que vous l'acceptez, et s'il voit aussi la votre et l'accepte, alors, vous partagez quelque chose de spécial

*

Aujourd'hui, il avait pu voir que le monde ne se limitait pas au leurre de son reflet parfait. Aujourd'hui, il était le témoin privilégié de la fin de sa propre enfance

*
Personne n'est bon ou mauvais par naissance, nationalité ou religion. Au fond de nous, nous sommes tous maîtres et esclaves, riches et pauvres, parfaits et imparfaits.

*

Nous portons tous nos propres secrets. Certains sont plus à leur place enterrés avec nous dans la tombe. ils ne font aucun bien aux vivants

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire