lundi 17 août 2015

Sansonnets, un cygne à l'envers : Cent sonnets, insignes allant vers...

Pierre Thiry








  • Broché: 126 pages
  • Editeur : Books on Demand (25 février 2015)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2322014931
  • ISBN-13: 978-2322014934












Légers et aériens, un brin ornithologique, ces cent poèmes sont nés sous la plume d'un écrivain qui n'a pas oublié qu'il a été un enfant. 
Mais l'enfant est devenu adulte et s'il a pour but de 

"Jongler avec les mots, les aligner
Laisser danser le stylo sur la feuille"

il sait que des règles sont nécessaires, alors autant en faire un jeu : l'Oulipo n'est pas loin, et l'ambiance est celle des dimanches midi de France-culture lorsque la bande des Papous dans la tête jette un rayon de soleil sur le repas dominical. Allitérations, acrostiches, homophonies, bouts rimés, les contraintes construisent chaque poème.

Les thèmes sont variés, la nature, les animaux, les oiseaux bien sur, la ville, les saisons... Pas de prise de tête romantique, on est dans le concret, voire dans le burlesque : tel le clown Auguste dans son habit de lumière qui s'avance sur la scène et puis patatras, se prend les pieds dans le tapis, la mélodie douce d'une forme classique se moque d'elle-même avec une onomatopée incongrue. Parfois c'est le clown maladroit qui entre en scène , celui-là fait rire sans délai :

"Ah zut! Il est encor' bouillu
S'écrie le poète bourru
Sonnet bouillu sonnet foutu!!!"

Les contraintes concernent aussi la construction du recueil, là encore pas de hasard, sus à l'entropie. C'est un défi pour le lecteur d'identifier la trame.

En post face, l'auteur explique sa démarche et replace la forme dans son contexte historique, et,dévoile ainsi les clés de création de cette forme particulière qu'est le sonnet.

On a donc des niveaux de lecture multiples, qui devraient réjouir un public varié. Ce recueil est l'équivalent d'une auberge espagnole, où l'on déguste ce que l'on y amène : à chacun d'y assouvir son appétit, picorant ça et là où se rassasiant sans pause.

Merci à l'auteur d'Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-mines pour sa confiance.






Fleuve et mots passants

Allô guide des mots lassants!
Le fleuve mugissant sonnait
L'homme dénommé Maupassant
Oh! Guy, où sont donc tes sonnets

A l'eau, fleuve des eaux lassantes
L'eau que chantent les sansonnets
Les valseurs de valse harassante
Oui, ton eau dissout mes sonnets

Blop, rugit le fleuve d'oubli
Ils vogueraient dans mes replis
Perdus dans les vagues de mes eaux ?

Bien sûr, conclut le moustachu,
Ils y sont depuis qu'ils ont chu...
Pataplouf... ...mes vers d'étourneaux


*
Départ 

Un cygne et cent sonnets circulaient l'air hagard
Ils demandaient aux passants où étaient la gare 
Ils parlaient par signes, vers et mots barbares
Un cygne est silencieux, cent sonnet sont bavards

Les gens (même un monsieur qui fumait un cigare)
Étaient abasourdis : " pourquoi ces mots se bagarrent 
Dans cent sonnets, tandis que ce cygne au regard
Dédaigneux n'émet qu'un muet mime ringard?

Pourquoi ces bruyants alexandrins, ce brouillard
De rimes qui se chevauchent, flou tintamarre,
Inaudible inondation de bruits, une mare

Qui nous submerge en vague bruine, en brumeux art-
Tistique imitant un vieux moteur d'autocar
Produit par des sansonnets qui cherchent la gare?


*

Un vieux poète 

Un vieux poète vêtu de noir
Gris, flânait sur ses talents perchés.
Ses poèmes n'étaient pas des poires, 
Des fruits verts qu'on vend sur les marchés 

Cet auteur était mûr, satisfait.
L'académie l'avait accueilli 
Pour le rythme de ses vers parfaits, 
Poèmes charmants et recueillis,

Que les écoliers toute l'année 
Récitaient en se bouchant le nez.
Ils étaient si vieux si parfumés 

De l'odeur des poussières d'antan
(Surtout quand survenait le printemps)
Qu'ils nous faisaient tous éternuer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire