mercredi 19 juillet 2017

Les jours de mon abandon

Elena Ferrante











  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Folio (9 juin 2016)
  • Collection : Folio
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Italien) : Italo Passamonti
  • ISBN-10: 2070793192
  • ISBN-13: 978-2070793198






Lorsque le roc sur lequel vous  pensez avoir  édifier votre vie se révèle mouvant comme un sable humide, il est difficile de ne pas s’enliser dans la folie.
C’est ce que nous confie Olga, la quarantaine , deux beaux enfants et un mari parfait…Quinze années de certitudes et d’oeillères vont malgré tout s’envoler comme une brume du matin poussée par le vent. 
Le récit est d’une  efficacité remarquable. La langue est soignée mais aussi parfaitement imagée pour rendre compte de la lente plongée vers l’aliénation , que la présence des enfants,  témoins, acteurs, thérapeutes, rend encore plus angoissante. On n’ose pas imaginer les conséquences psychiques d’un tel épisode sur de jeunes âmes , fussent-elles bien matures pour leur âge .
Il ne s’agit pas seulement de ruminations ou de délires conceptuels. Olga se bat avec la réalité dans toute sa trivialité : ce qui fut son quotidien d'épouse accomplie devient une trame d’un cauchemar nauséabond. 
Si le propos est bien éloigné de ce que l’on a connu dans la saga à succès d’Elena Ferrante, on retrouve la force attribuée à la narratrice  , même s’il s’agit d’une force négative. Pas de demi-teinte, pas de mièvrerie, Olga est un personnage marquant, attachant et violent.


C’est tout le talent de l’auteur que de faire d’une banale histoire de l'échec d’un mariage, un quasi-thriller . 



Comme un corps qui a été traversé par la mort pèse lourd, la vie est légère, il ne faut permettre à personne de nous la rendre pesante.

*

J’ai eu une réaction excessive qui a défoncé la surface des choses.
- Et puis ?
- Je suis tombée
- Où t’es-tu retrouvée ?
- Nulle part. il n’y avait nulle profondeur, il n’y avait aucun précipice. Il n’y avait rien

*

Je vivais dans la terreur d'oublier que je devais aller chercher Ilaria à l'école ; et si j'envoyais Gianni faire des courses chez les commerçants des environs, j'avais peur qu'il lui arrive quelque chose ou, pire encore que, accaparée par mes préoccupations, j'oublie son existence et ne pense plus à vérifier s'il était bien rentré.
Bref, j'étais dans un état de fragilité, auquel je réagissais en prenant sur moi, tendue, exténuée







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