lundi 17 août 2015

Le plus jeune fils de Dieu : un évangile de bière-fiction

Carlos Salem








  • Broché: 407 pages
  • Existe en version numérique
  • Editeur : Actes Sud Editions (11 février 2015)
  • Collection : Actes noirs
  • Langue : Français
  • Traduction (Espagnol) : Amandine Py
  • ISBN-10: 2330038992
  • ISBN-13: 978-2330038991




Suffit-il d'être irrévérencieux et iconoclaste pour être drôle? 
Aller simple et Je reste roi d'Espagne m'avaient bien plus pour ces mêmes raisons , mais je suis plus mitigée pour ce dernier opus.
Le thème est annoncé dans le titre : une série de meurtres particulièrement violents provoque l'émoi à Madrid. Or quelques années plus tôt, les victimes ont de près ou de loin participé au lynchage médiatique de Dieu Jr, le cadet du célèbre aîné Jésus, en mal de reconnaissance. Dieu Jr, 33 ans, un physique ingrat, tout sauf classieux, incarne (!) le coupable idéal. Poe, qui vit plus des subsides que lui rapporte la rédaction de romans bas de gamme signés d'un pseudo que du journalisme, et qui a tissé naguère des liens d'amitiés avec le prophète du vingt et unième siècle , mène l'enquête.
Une enquête qui part dans tous les sens, avec moultes revirements, de pièges en chausse-trapes, de rebondissements en révélations extravagantes : pour tout dire, je ne suis pas sûre d'avoir tout suivi.
Ce qui fait l'originalité du roman est bien entendu le style : très décalé, surtout si l'on se réfère à la trame "biblique" du propos. C'est drôle pendant cinquante pages, mais un peu longuet sur quatre cent cinquante! On se lasse assez vite, d'autant c'est tellement envahissant que cela accentue l'impression de complexité de l'enquête . On peut d'ailleurs passer vite certaines pages, surtout les nombreux paragraphes consacrés aux exploits sexuels du narrateur : trop de sexe tue le sexe. 

Un peu déçue donc, en comparaison avec mes expériences précédentes de lecture de cet auteur.





J’en ai plus qu’assez des moralistes faux culs qui passent leur temps à nous juger mais qui ne ratent pas une seule de nos émissions. Ou alors les autres, encore pire, qui clament aux quatre vents qu’on fait de la télé-poubelle, alors qu’ils seraient les premiers à en faire s’ils avaient la moindre possibilité de devenir riches et célèbres

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C’était un de ces bistrots qui semblent avoir été prédestinés dès la naissance à leur vocation d’étable, un abreuvoir à cow-boys fraîchement descendus de cheval, qui servent le matin un brunch à base de tartes faisant honneur à leurs noms ; le midi, des tapas frites dans la rancœur et le péché ; et le soir, qui tamisent leurs lumières, font tourner un stroboscope opacifié par les chiures de mouches, servent du vin en carafe et des pains dans la gueule en guise de sacrements.

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Je suis orphelin, mon père. Et fier de l’être depuis que j’ai vu Star Wars

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