dimanche 10 janvier 2016

Léviathan La chute

Lionel Daoust









  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Don Quichotte (22 septembre 2011)
  • Collection : Non Fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2359490095
  • ISBN-13: 978-2359490091










Plongée difficile dans les eaux froides de l’antarctique, d’autant que pour y arriver, il faut passer par la laborieuse mise en place des personnages, les identifier dans leur contexte, et la chose est loin d’être facile tant ils sont passés maître dans l’art de « l’accommodat », une sorte de déguisement intégral incluant le mental.
Donc on fait connaissance avec les personnages, une poignée de chercheurs prêts à partir en expédition dans l’Antarctique, dont l’un est phobique de la mer. On pressent qu’il est un pivot du récit. Il est marié, il a un petit garçon et une soeur adoptive à problèmes. Tout ce petit monde semble ligué pour l’empêcher d’aller au devant de ses peurs.
En parallèle, des scènes dignes d’un film d’action tiré d’une bande dessinée, avec utilisation de super pouvoirs dont on devine qu’ils sont issus d’une formation  qui n’a rien à voir avec la section sportive de l’association culturelle du quartier.
Et il faut parcourir un certain nombre de pages pour entrer dans la ronde. Et puis la magie opère, les personnages principaux sont bien identifiés et leurs forces et leurs faiblesses leur confèrent un pouvoir d’attraction certain. 
Il existe suffisamment de non-dits, peu à peu révélés pour éveiller l’intérêt et l’envie d’en savoir plus sur le fonctionnement de cette société au sein duquel s’affrontent deux forces,  la Main Droite et la Main Gauche, la Main Droite revendiquant des fondements religieux et fonctionnant sur le mode de la dictature et la Main Gauche, athée mais puisant dans les forces occultes l’essentiel de ses bases. 
Le récit devient tout simplement passionnant quand Michael, notre phobique de la mer, (il a perdu ses parents dans les profondeurs de l’océan lors d’un naufrage de ferry) prend le départ pour l’expédition scientifique. Difficile à ce moment là de cerner les bons et les méchants, et quels enjeux se cachent derrière cette expédition : il faudra que des mystères se révèlent pour y voir plus clair et ça sera sans doute pour le deuxième tome de la trilogie. 
L’épisode arctique est superbe : paysages, animaux, la nature est un personnage à part entière, d’une puissance immense, avec  un pouvoir de vie et de mort sur les chétifs humains.

L’écriture est à la hauteur. J’ai tout de même croisé trois phrases incompréhensibles, sans réelle faute de grammaire ou d’orthographe, qui relèvent sans doute d’un problème de mise en page : 

« Julius et elle avaient des relations de maître à apprentie, mais elles entretenaient toujours été conflictuelles » (p178)

« Car que Khépri, le gardien initiateur de l’alchimie de la Main Gauche auquel Julius était fidèle, lui vienne en aide s’il se retrouvait seul entre deux feux. » (p228)

et une troisième du même acabit. Arrêt immédiat de la magie et relecture pour essayer de comprendre, en vain!

La construction est  habile : particulièrement sur les scènes finales, intenses, et faites de paragraphes alternés de plus en plus courts, ménageant un suspens soutenu.


En fin de premier tome, donc, les forces sont en place, les personnages ont su se faire aimer (ou détester : tout est là pour céder à l’attrait d’une suite. C’est exactement ce qui s’était passé pour Dominium mundi de François Baranger. J’avais bien cru ne pas venir à bout du premier tome et m’étais finalement précipité sur le deuxième.





Chaque seconde est un début, Masha, chaque instant t’apporte une infinité de potentialités. Nous trouvons continuellement en équilibre au bord de l'éternité nous tombons sans cesse, mais la lèvre du précipice s’éloigne sans cesse davantage, hors de portée, loin de nous. Les gens ordinaires, les profanes, se laissent aller au gré du vent qui les poussent, angoissés., les yeux braqués vers le sol, attendant la chute de la mort. L'homme de pouvoir relève la tête et entrevoit l’infini. Alors, il choisit son chemin, calmement, car il sait qu'il ne peut pas se blesser. Le sol s'éloignera toujours plus loin.






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