samedi 13 août 2016

L'auberge de la Jamaïque

Daphné du Maurier








Poche: 313 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (1 novembre 1975)
  • Collection : Littérature & Documents
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) :  Léo Lack
  • ISBN-10: 2253006874
  • ISBN-13: 978-2253006879

C'est un classique de ceux qui appartiennent à ces chefs d'œuvre dont on dit volontiers qu'on devrait les relire, même quand on ne les a jamais lus.
C'est donc fait, et je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà parcouru cette histoire , qui, du fait de la période où se déroule l'intrigue mais aussi, et là c'est plus étonnant, par le style d'écriture , qui évoque Bronte ou Collins. Bien sûr, les lieux évoqués renforcent ces analogies.

On est dès les premières lignes  dans l'ambiance : la pluie est glaciale, la route cahoteuse, il fait  nuit. Les passagers qui subissent les accidents du chemin et l'humidité du véhicule ne sont pas à la fête. Même le cocher vit un enfer. Dans l'habitacle, une jeune femme vient de quitter son village natal, pour rejoindre sa tante dans une auberge . S'occuper d'une ferme seule, en Cornouailles au 19è siècle, même si l'on séjourne dans le village de son enfance, est trop difficile. 

Mais son arrivée dans cette bâtisse lugubre, fuie et honnie par tous les habitants de la région, car l'on se doute qu'il s'y passe des choses pas très catholiques, lui laisse entrevoir des lendemains qui ne chantent pas. Sa tante est dans un état lamentable, sous l'emprise d'un homme alcoolique, et violent . Les activités qu'il pratique et qui ont lieu à la nuit tombée plongent Mary dans une terrible angoisse. 
C'est peu à peu que les faits se révèlent, peu à peu élucidés par Mary. Le déroulement du récit évoque ainsi l'ambiance d'un thriller, même si ce terme n'existait pas lorsque Daphné du Maurier a publié le roman. Même si l'on finit par se douter du fin mot de l'histoire, le lecteur ne découvre le pot aux roses que dans les dernières pages.

Un bon point pour l'ambiance, habilement calquée sur les états d'âme de Mary. Les descriptions des paysages sont remarquables et on visualise sans difficulté les landes escarpées et les marécages embrumés.

Par contre la désuétude est manifeste dans les dialogues : on n'arrive pas à croire un seul instant qu'un être aussi rustre que l'aubergiste parle une langue aussi châtiée, même si on imagine que le vouvoiement et le passé simple soient une justice rendue à la langue anglaise. La traduction aurait pu s'adapter.

Expérience très intéressante  et très agréable, malgré la faiblesse des dialogues, largement rattrapée par le pouvoir d'évocation d'une ambiance qui n'est pas sans rappeler la lande bretonne, à la morte saison quand vent, brouillard et pluie noient les contours  des paysages . 

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