vendredi 11 août 2017

La porte

Magda Szabó









  • Broché: 276 pages
  • Editeur : Viviane Hamy (17 janvier 2005)
  • Collection : Bis
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Hongrois) : Chantal Philippe
  • ISBN-10: 2878582004
  • ISBN-13: 978-2878582000








Superbe roman autobiographique de l’écrivaine hongroise, qui relate avec pudeur et émotion l’étrange relation, faite d’attraction et de répulsion, qui s’est créée entre elle et sa femme de ménage, l’énigmatique Emerence.

Tout repose sur la personnalité de cette femme très particulière, au passé complexe, dont elle ne livre que des bribes , différents en fonction de son interlocuteur, de telle sorte que chacun n’a qu’une compréhension partielle de sa vie , et de ce qu’elle est.

Elle ne passe pas inaperçue Emerence, et ne laisse personne indifférent. Elle sait construire un mystère autour d’elle, par les lacunes de son passé, mais aussi avec cette porte , close à tous sans exception, et dont les critères d’ouverture posthume sont très restrictifs.

Autant dire que la vie quotidienne n’est pas simplifiée par la présence de l’employée fantasque. L’écrivaine est loin de contrôler les événements. Pire, ses tentatives pour apprivoiser la vieille femme sont autant de camouflets en retour. D’autant que ce couple conflictuel est complété par un intrus à quatre pattes.

Regrets, remords, culpabilité, liés à la trahison nécessaire, colère, exaspération face à la pugnacité d’Emergence, admiration aussi, impossible à exprimer , toute une gamme de sentiments contradictoires que peut inspirer une telle personnalité sont déclinés avec justesse. Un kaléidoscope : c’est vraiment l’image que m’évoque Emerence, variable au fil du temps, et c’est cette image mouvante qui force l’admiration.


Ce qui frappe dans cette histoire qui semble relatée avec sincérité, c’est la qualité de l’écriture (une grosse frayeur cependant dans la première page, où trône une faute de syntaxe conséquente qui fait craindre pour la suite, mais qui se révèle heureusement isolée, et est vraisemblablement liée à la traduction). Belles constructions de phrases, lexique riche, allusions discrètes à, la situation politique de la Hongrie du début du vingtième siècle, tout concourt à une impression globale d’authenticité.




... au dessus de notre lit, l'iconostase familiale, mes aïeux parricides, vêtus de dolmans soutaches, à la mode baroque ou Biedermeier, mes aïeux qui voient tout, qui comprennent tout, qui sont les seuls à savoir combien de fois j'ai couru la nuit ouvrir la porte aux premiers secours....

*

Le temps était le meunier d'un moulin éternel, dont la trémie déversait les évènements de la vie dans le sac que chacun apportait à son tour.

*

...dès qu'elle ne peut plus apporter son aide, elle ne voit plus de justification à son existence 







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