Ce qu'il faut de nuit ♥️

Laurent Petitmangin 



  • Broché : 187 pages
  • Existe en version numérique
  • Éditeur : Manufacture de livre éditions (20 août 2020)
  • Langue : Français




Sur le ton de la confidence, comme on s’épancherait sur l’épaule d’un vieil ami, devant un verre ou à la lueur d’un feu de cheminée, le narrateur nous conte son histoire, qui commence par le drame vécu après des mois d’allers et retours à l’hôpital, lorsque la maman s’en est allée. Le laissant seul avec deux bons petits gamins, Fus, le champion de foot et son petit frère. Il a fait ce qu’il a pu, organisant ses journées entre le boulot, l’école, la maison et le foot. Et pourtant  il n’a rien vu venir, avant que Fus n’arbore  à son cou un bandana orné d’un symbole funeste, un symbole inacceptable pour ce père qui croit de moins en moins mais encore quand même sur le fond, aux valeurs de la gauche. Le fossé se creuse entre lui et le fils passé à l’ennemi, jusqu’au drame.



C’est un récit bouleversant. La détresse de ce père qui assiste peu à peu à ce qu’il n’imaginait même pas un instant pour son gamin. La drogue, l’alcool, pourquoi pas, mais ça, c’est ce qui pouvait arriver de plus abominable. Et pourtant, l’amour qu’il éprouve pour lui est au-delà de cet affront. Prêt à le soutenir jusqu’au bout. 

L’écriture rend parfaitement le ressenti de ce père brisé, bafoué dans ses valeurs, écartelé entre son amour et ses convictions et malgré tout aimant. 


Lu en quelques heures sans pause, ni répit. Coup de coeur de cette rentrée.







J'avais ressenti le besoin de retourner à la section comme
 d'autres celui de retrouver l'église. Même s'il ne s'est passait plus grand-chose, je me disais que je ferais partie des derniers. Ce qui me désolait, c'est que nous nous isolions de plus en plus. Elle était loin l'union de la gauche. Parfois j'avais l'impression que certains d'entre nous se dépensaient plus à casser les cocos que taper sur les nantis.

*

J'avais honte. Désormais on allait devoir vivre avec ça, c'était ce qui me gênait le plus. Quoi qu'on fasse, quoi qu'on veuille, c'était fait : mon fils avait fricoté avec des fachos. Et d'après ce que j'en avais compris, il y prenait plaisir. On était dans un sacré chantier. La moman pouvait être fière de moi. Fus avait fini par se lever et par dire : « ça ne change rien. »

*

Août, c'est le meilleur mois dans notre coin. La saison des mirabelles. La lumière vers les 17h est la plus belle qu'on peut voir de toute l'année. Dorée, puissante, sucrée et pourtant pleine de fraîcheur. Déjà pénétrée de l'automne, traversée de zestes de vert et de bleu. Cette lumière, c'est nous. Elle est belle, mais elle ne s'attarde pas, elle annonce déjà la suite. Elle contient en elle le moins bien, les jours qui vont rapidement se refroidir. il y a rarement des étés indiens en Lorraine.




Né au sein d’une famille de cheminots, Laurent Petitmangin passe ses vingt premières années à Metz, puis quitte sa ville natale pour poursuivre des études supérieures à Lyon. 

Il rentre chez Air France, société pour laquelle il travaille encore aujourd’hui. Grand lecteur, il écrit depuis une dizaine d’années. 

Laurent Petitmangin a obtenu le prix Stanislas 2020 du premier roman pour "Ce qu’il faut de nuit", premier roman sensible et puissant sur l'amour filial, l'engagement politique qui peut conduire au pire.

(Source: Babelio)




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