Sodome et Gomorrhe ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Marcel Proust





  • Éditeur ‏ : ‎ Gallimard; 1er édition (3 mai 1989)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Poche ‏ : ‎ 648 pages








Où  Marcel, à l’affut derrière sa fenêtre, guettant la fécondation d’une orchidée par un insecte pollinisateur, surprend une scène qui lui révèle la véritable personnalité du baron de Charlus.  S’en suit un long développement sur ce qu’implique socialement et personnellement le fait d’être inverti, dans une société qui condamne de tels penchants, et dresse un catalogue qui pourrait être une élégante façon de suggérer comment identifier ce que l’on cherche à cacher.


Suit une soirée chez la princesse de Guermantes, source d’angoisse préalable puisque Marcel ignore jusqu’au dernier moment s’il est invité ou non. Une fois introduit dans la place, outre l’observation de Charlus, chez qui il tente de confirmer ce qu’il a vu quelques jours plus tôt, Marcel scrute, analyse et se fait une idée de la mondanité dont il tente tant de se rapprocher.


Ses certitudes quant aux moeurs de Charlus font le pendant de ses doutes vis à vis d’Albertine. Si elle clame sa détestation de Gomorrhe, le docteur Cottard est loin d’y croire et en fait la démonstration au malheureux jeune homme.


Marcel poursuit son éducation mondaine, et se fait une place encore ambiguë au sein de ces élites dont il tente de se rapprocher, tout en réalisant les illusions de supériorité qu’il leur attribuait.


Un opus au cours duquel Marcel allège le ton général , en s’adressant au lecteur, puis en rapportant avec humour les défaillances langagières du maitre d’hôtel de Cabourg.


Et toujours magie de cette prose unique, cette petite musique si reconnaissable et envoutante.



On sait que bien avant d'aller ce jour là (le jour où avait lieu la soirée de la princesse de Guermantes) rendre au duc est la duchesse la visite que je viens de raconter, j'avais épié leur retour et fait, pendant la durée de mon guet, une découverte concernant particulièrement M. de Charlus, mais si importante en elle-même que j'ai jusqu'ici ,jusqu'au moment de pouvoir lui donner la place de ton dévolu, différé de la rapporter.

*

Mais quelle tranquillité, après avoir été perpétuellement troublé par mes désirs inquiets pourtant d'êtres fugitifs dont souvent je ne savais même pas le nom, qui était en tout cas si difficiles à retrouver, encore plus à connaître, impossible peut-être à conquérir, d'avoir prélevé sur toute cette beauté éparse, fugitive, anonyme, de spécimen deux choix munis de leur fiche signalétique et que j'étais du moins certain de me procurer quand je le voudrais.

*

On ne devrait jamais se mettre en colère contre ceux qui, pris en faute par nous, se mettent à ricaner. Ils le font non parce qu'ils se moquent, mais tremblent que nous puissions être mécontent.




Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est un écrivain français. 

Issu d’un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, le jeune Marcel est de santé fragile ; il aura toute sa vie de graves difficultés respiratoires causées par l'asthme. 

Tandis que la première partie, "Du côté de chez Swann", passe inaperçue, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs", le deuxième volet de la "Recherche" reçoit en 1919 le prix Goncourt. 

Dans l'ensemble de son œuvre, Proust questionne les rapports entre temps, mémoire et écriture. Connu pour la longueur de ses phrases parsemées de relatives au rythme dit "asthmatique", Marcel Proust reste une référence et un monument incontestable de la littérature française. Dans la "Recherche du Temps Perdu", il réalisa une réflexion sur le sens de l'art et de la littérature, sur l'existence même du temps, sur sa relativité et sur l'incapacité à le saisir au présent. (Source : Babelio)







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