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La Rosa perdida ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Christopher Laquièze 












« San Jacinto  n'était qu'un assemblage de maisons basses aux toits  inclinés, entourées de cèdres et de samaumas, qui  la tenaient à distance des villes bruyantes, des journaux du matin, des bureaux aux ventilateurs grinçants et de ceux qui pensent que le temps se mesure en chiffres » 



Ce premier roman superbement incarné révèle une plume dense et envoûtante. Sur les traces des grands de la littérature sud -américaine (Gabriel Garcia Marquez ou plus récemment Miguel Bonnefoy, dont on ne  peut manquer la recommandation sur la couverture),  l’auteur nous entraine au coeur d’un village sous le joug d’un dictateur aussi terrifiant qu’ubuesque. 


L’histoire commence sur une tableau dramatique et intriguant : pourquoi Matias Ordoñez a t-il dénoncé sa mère, en sachant très bien qu’elle serait ainsi pendue sans délai ?



Pour le savoir, on remonte le fil du temps. Et on découvre la création de la Rosa Perdida, un lieu de plaisir régenté par Sofia, certes, mais aussi un refuge pour les hommes qui refusent les aberrations du régime, au péril de leur vie, luttant contre la succession des dictateurs dans un climat perpétuel de suspicion. Les trahisons, les secrets, les espoirs balayés à chaque tournant de l’histoire, et la mort qui rode sans relâche.


On y croisera l’amour aussi, qui peut parfois conduire à des erreurs qui ne feront qu’attiser la violence et provoquer des drames 


Dans une ambiance très évocatrice de l’Amérique du sud, que l’on apprécie dans les évocations de la nature luxuriante (avec un tout petit bémol, la mise en difficulté des non hispanisants, imposant un recours  à la traduction pour les noms d’arbres ou de plantes) , on se plonge avec délice dans ce récit empreint de réalisme magique. Il s’agit véritablement d’un conte qui puise ses inspirations  autant dans la culture des légendes classiques que dans l’actualité brulante des dernières décennies. 


On s’attache facilement aux personnages, ceux qui appartiennent à la foule des opprimés, bien sûr. . On voudrait voir disparaitre les autres , ceux qui imposent leurs lois absurdes par simple goût du pouvoir. Une mention spéciale pour un personnage troublant, sorte de double de Matias, qui donne un ton surnaturel au récit. 


Une très belle réussite que ce premier roman, riche et passionnant. 


Merci à Netgalley et aux éditions Lattès 


270 pages Lattès 14 janvier 2026

#LaRosaPerdida #NetGalleyFrance




San Jacinto  n'était qu'un assemblage de maisons basses aux toits, inclinés, entourées de cèdre et de samaumas, qui  la tenaient à distance des villes bruyantes, des journaux du matin, des bureaux aux ventilateurs grinçants et de ceux qui pensent que le temps se mesure en chiffres. 


*


Ils avaient la violence pour seul horizon. Nous, le silence pour refuge.  


*


Une marche ou chaque pas cherchait une terre plus ferme, une façon de s'asseoir qui gardait l'empreinte d'anciennes chaînes, le dos, tendu comme un arc prêt à rompre, la nuque ployée, juste assez pour esquiver l'affront, puis soudain ce regard qui s'élève d'un coup et retombe aussitôt, et dans leurs mains, toujours, ses paumes tièdes et humides, comme si la sœur y avait élu domicile pour que jamais ne s'efface la mémoire de ce qu'elles avaient enduré.




Christopher Laquieze



Christophe Laquièze est écrivain et philosophe (ATOPOS). Ayant réussi à capter l’intérêt de centaines de milliers de personnes pour la littérature et la philosophie sur les réseaux sociaux, il se distingue par son style d’écriture tranchant et unique. Avec un parcours atypique et une passion débordante, l’auteur a su se faire une place remarquée dans le monde de la philosophie par son originalité et ses connaissances.


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