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Le bâtiment ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mehdi Bayad 











L’homme qui accoste le rivage d’une île pour s’isoler dans une location saisonnière semble à bout. Il est urgent de fuir les soucis qu’il a laissé sur le continent, tandis que là-bas, son compagnon est en réanimation. Nous comprendrons peu à peu l’évolution de leur histoire avec ses développements les plus récents qu’il qualifie comme « un océan d’horreurs »,  au gré des messages vocaux qu’il lui adresse. S’il est coupé du monde, il reste néanmoins relié à une amie de qui il reçoit des SMS.


S’il prête peu d’attention à la trappe découverte sous le tapis du salon ou aux bruits qu’il ne saurait qualifier d’inhabituels puisqu’il découvre l’endroit, le lendemain offre son lot d’interrogations. La silhouette entr’aperçue à la fenêtre aussitôt disparue sur une série de selfies est intrigante. Puis des rencontres viendront semer le doute sur l’ambiance générale de l’île où semble régner une omerta. Et bien sûr, ce bâtiment, qu’un garçon étrange  en uniforme jaune l’a incité à venir découvrir. Un établissement qui se glorifie d’apporter la sérénité à ses résidents. Malgré tout, quelques  réticences le retiennent  et on le comprend, car on trouve régulièrement des cadavres de suicidés sur la grève à proximité du bloc de béton, 


« Et puis il y a le Bâtiment. Quel est son rôle ? Que symbolise t-il ? Pièce colossale bien qu’invisible. »



Ambiance thriller , sans aucun doute avec l’art de créer la confusion chez le lecteur à l’image du désordre qui règne chez le narrateur. Des personnages que l’on peine à cerner, et le lecteur peut se retrouver atteint d’un syndrome paranoïaque, enclin à soupçonner tout intervenant et à chercher du sens caché derrière chaque dialogue !

On appréciera aussi l’atmosphère insulaire, l’incitation à la mise à distance des tracas du quotidien, contrebalancé cependant par l’irruption de l’étrange. 


 Et un twist final tout à fait inattendu… 



Sur le plan littéraire, l’auteur décline avec beaucoup de malice différents styles : des mémos vocaux justifient le tutoiement de l’interlocuteur, au chapitre rédigé comme une pièce de théâtre avec énumération des personnages didascalies et dialogues. On a également des messages SMS, ou des extraits de blog. chaque variation s’adaptant aux circonstances. Tous ces articles apportent au texte une vitalité appréciable.



Un premier roman remarquable  pour son audace et son originalité, une plume prometteuse.


Merci à Netgalley et aux éditions Le masque 



360 pages Mehdi Bayad 7 janvier 2026

#Lebâtiment #NetGalleyFrance






La réalité n'existe pas, tant qu'aucune parole n'est venue la définir. Taire, c'est anéantir. Parler, c’est faire advenir.


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« Et puis il y a le Bâtiment. Quel est son rôle ? Que symbolise t-il ? Pièce colossale bien qu’invisible. »


 

Mehdi Bayad


Né en 1989, Mehdi Bayad est un auteur, metteur en scène et réalisateur vivant à Bruxelles. Il est actif dans le domaine du théâtre, de la fiction radiophonique et de la littérature.


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