Géraldine Smith
Un pseudo polar doux-amer sur les vicissitudes de l’âge !
Nous y serons en compagnie de nombreux personnages, dont Georges, le principal intéressé, encore vaillant malgré ses quatre-vingt quinze ans. Mais qui s’étonnerait de le retrouver un matin, allongé sous sa couette, « beau, tranquille » mais mort ? D’aucuns jugeraient qu’il s’agit d‘une belle mort, dans son sommeil.
« Georges Mucat a eu la fin de vie dans tout le monde rêve. Chez lui. Il est mort dans son lit, sans souffrance. La veille, il était encore avec ses copains. »
Pourtant si Mariola son employée est adepte de cette version, Alain, le gardien de l’immeuble amateur de séries télévisées policières a repéré un détail suspect …
On remontera ensuite le fil du temps pour parcourir l’année écoulée pour faire connaissance avec l’entourage de Georges, les amis, les enfants. Et on comprendra les liens qui les unissent ou les opposent. Car un homme âgé peut aussi être une source de profit annoncé !
Le récit sera émaillé des réflexions sur le grand âge et ses contraintes mais aussi de ses rituels, par exemple :
Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les personnes âgées veulent garder leur armoire rustique et toujours retourner au même endroit ? C'est simple. Quand je déjeune dans un restaurant où j'allais déjà, il y a quarante ans, il est rempli de ma vie, et mes souvenirs se confondent avec le présent. Il n'y a plus d'avant et de maintenant. Cela me fait du bien. Si le monde qu'on a connu disparaît, on disparaît avec lui.
On ne s’illusionne pas non plus sur lé déchéance que représente l’âge :
Les exceptions montées en épingle – ces petites grand-mères malicieuses, filmées bien apprêtées, ces maitres penseurs, octogénaires, qui parlent comme un livre ouvert de « la », vieillesse – troublent la perception du grand âge. Même dans leur cas, que sait-on de l'intimité des Clint Eastwood, des Edgar Morin, des Harry Belafonte, des Iris Apfel. À quatre vingt quinze ans, parfois bien avant pour le commun des mortels, le simple fait de respirer fatigue, les organes ne fonctionnent que par intermittence, le sphincter lâche, la mémoire tampon est une passoire. Corps et esprit sombrent, pas toujours à la même vitesse, mais sans rémission possible. Ça c'est la réalité.
Mais ces seniors ne manqueront pas d’épingler les travers de la jeunesse d’aujourd’hui :
Les jeunes, ils mangent avec leur téléphone, ils dorment avec leur téléphone, ils vont chier avec leur téléphone, mais quand tu les appelles, ils répondent jamais !
Cependant le ton est globalement léger et on ne s’apitoie pas à longueur de chapitre. L’humour aide à faire passer le message qui évite ainsi d’être plombant .
Qui est responsable de la disparition de notre héros chenu : on le saura dans les dernières pages !
Un roman léger sur un sujet de société bien actuel, puisque notre niveau de vie aura eu un effet net sur l’espérance de vie après les années de la seconde guerre mondiale, avec pour conséquence l’irruption d’une génération de seniors !
Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel
272 pages Albin Michel 25 février 2026
Masse critique Babelio
Les jeunes, ils mangent avec leur téléphone, ils dorment avec leur téléphone, ils vont chier avec leur téléphone, mais quand tu les appelles, ils répondent jamais !
Les exceptions montées en épingle – ces petites grand-mères malicieuses, filmées bien apprêtées, ces maitres penseurs, octogénaire, qui parlent comme un livre ouvert de « la », vieillesse – troublent la perception du grand âge. Même dans leur cas, que sait-on de l'intimité, des Clint Eastwood, des Edgar Morin, des Harry Belafonte, des Iris Apfel. À quatre vingt quinze ans, parfois bien avant pour le commun des mortels, le simple fait de respirer fatigue, les organes ne fonctionnent que par intermittence, le sphincte, lâche, la mémoire tampon est une passoire. Corps et esprit sombrent, pas toujours à la même vitesse, mais sans rémission possible. Ça c'est la réalité.
Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les personnes âgées veulent garder leur armoire rustique et toujours retourner au même endroit ? C'est simple. Quand je déjeune dans un restaurant où j'allais déjà, il y a quarante ans, il est rempli de ma vie, et mes souvenirs se confondent avec le présent. Il n'y a plus d'avant et de maintenant. Cela me fait du bien. Si le monde qu'on a connu disparaît, on disparaît avec lui.

Née en 1965, Géraldine Smith a travaillé comme reporter en Afrique avant de devenir rédactrice en chef d’Epok, le magazine de la Fnac.


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