Didier Larèpe
Malgré le titre et le rappel régulier de la narratrice revendiquant ses écrits comme n’appartenant pas au genre du journal, nous avons bien affaire aux confidences écrites et chronologiques d’une jeune femme dont le ressentiment transpire à chaque phrase. Plus même qu’un ressentiment , une haine féroce pour sa famille dont on comprendra peu à peu l’étendue de la maltraitance qu’elle a subie. La véhémence de son langage trouvera un écho dans les échanges avec une mère qui ne se contente pas d’être distante.
Une grande violence dans le propos que l’on retrouvera à travers le sujet de ce roman, la vengeance, à la hauteur des faits passés.
Bien qu’obnubilée par les moyens de faire payer à ses bourreaux leurs crimes, celle qui se fait appeler Electre, comme la figure mythologique qui doit venger la mort de son père, croisera aussi l’amour, parfois juste ébauché, maladroit,, et sans doute mal choisi, jusqu’à la rencontre d’une âme soeur avec qui elle partagera une passion commune pour la musique mais aussi une fusion des corps et des âmes. De très belles pages qui contrastent avec la violence ambiante.
En filigrane, la mort de sa soeur, dans des circonstances jamais clairement explicitées par la famille.
Pour adoucir un peu le propos, la musique produit sur le lecteur un apaisement,. C’est avec la musique qu’elle pourra s’accomplir, un don remarqué depuis l’enfance mais là aussi étouffé dans l’oeuf par la mère indigne.
« Je ne peux déposer ainsi que du négatif. Il y avait aussi des joies, mon violoncelle et Mozart, mon chat. »
On apprend également beaucoup sur l’art du tatouage, qui prend tout son sens grâce à la puissance d’évocation de son dessin.
Un roman fort, souvent violent, un coup de poing, mais on n’a aucune difficulté à comprendre l’origine de cette haine féroce et on n’éprouve pas de pitié pour les victimes de cette opération commando, punies par là où elles ont péché. Il se lit avec fébrilité, car il nous entraine sans répit vers une résolution aussi adroite qu’inévitable.
Merci à l’auteur pour sa confiance
188 pages BOD 1 décembre 2025
SP
Je hais ma génération, je me hais, je hais ceux qui ont délibérément gâché mon éducation, le système qu'ils ont érigé.
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Tout savoir sur tout à toutes les secondes, y compris les saloperies, les erreurs, les manipulations, les haines de tous envers presque tous, et ne jamais lire plus de trois ou quatre lignes avant de se faire une opinion. Est-ce que c'était moins bien avant ?
Né en 1958, Didier Larèpe est musicien de formation et écrit depuis plus de vingt ans


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