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Les griffards anonymes ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Gilles Bindi 












« Ce livre est dédié

… À tous les gens bizarres,

À ceux qui survivent et à ceux qui en sont morts.…

…À tous les gens polis, qui s'excusent, même quand ce n'est pas leur faute.

… À tous les gens qui en ont quelque chose à faire des autres.


Ce livre n'est pas dédié

… À ceux dont la morale est fonction de leur profit.

À ceux qui savent et ont raison.

… Aux amis qui abandonnent leurs amis »



Ce texte ne fait partie du corps du roman, il peut être lu dans la page de remerciements mais il est tellement juste qu’il mérite une place de choix dans une chronique.


On aura donc rendez-vous avec des gens que la vie n’a pas gratifié ni d’un physique avantageux  ni d’un réseau social porteur. Et pourtant, lorsqu’on apprend à les connaître, on se rend compte que leurs failles sont des forces, que leur union décuplera.


« A les voir tous ensemble marcher joyeusement sur les boulevards, ils formaient d'une étonnante  famille. On sentait le lien fort qui les unissait, malgré leurs physiques disparates. »


Le premier personnage rencontré est un chat, sans doute arrivé à la dernière de ses neufs vies. Parfaite illustration de ce que l’homme projette sur cet animal domestique, calin et affectueux pour certains (les propriétaires ) fourbe et sournois pour les antifélins. Il nous dresse de l’homme chez qui il habite un portrait hautain et méprisant…Le rôle sera bref, mais central : c’est autour de son inhumation fictive que l’équipe commencera à se former.


Les autres personnages sont des locataires de l’immeuble : Jade l’enfant asiatique adoptée, surdouée, harcelée à l’école et encombrante dans sa famille. C’est chez Benoît qu’elle trouvera refuge. 

Benoît, chômeur, sociophobe. 

Kiky, addicte aux réseaux, et active dans une maraude qui vient en aide aux plus démunis. 

Jimbo, un tunisien hackeur, 

Casimir, un homme handicapé qui s’est échappé du mouroir où son fils l’a laissé. 

Plus atypique, un iguane nommé JeanPaulsartre, et 

Cassie, une IA omniprésente. 


« L'humanité refermait sur elle un piège sans issue. Nous deviendrons les esclaves d'une intelligence supra-humaine qui règnerait sur notre environnement connecté. »


Que pourrait faire Julius, inspecteur de police, lorsqu’il enquêtera sur une série de faits divers aussi étranges qu’inexpliqués, contre cette bande insaisissable ?


Alors oui, on les aime, ces personnages, ces êtres si imparfaits, 


« Tout ce que l'humanité a produit de plus pathétique dans une sous pente de 22 m² »


selon des critères sans doute abusifs, avec pour point commun le rejet de leurs pairs. Pas de chef, chacun apporte sa pierre à l’édifice, avec ce qui fait sa force, et même le lecteur n’y voit que du feu !


On se régale en découvrant l’étendue de leur pouvoir. Le roman est jubilatoire, même si la bienséance est mise de côté.. La justice autogérée n’est pas recommandable, mais parfois, représente la seule issue…


Merci aux éditions OLNI


212 pages OLNI 19 février 2026






« C'était toujours le même sourire de ma cheffe, Marcia, responsable, proxy & log de la cybersécurité, qui ne comprend pas bien ce qu'on fait en réalité, mais elle est manager, c'est tout » ce qui compte. En fait, elle est payée pour nous demander si ce qu'on est en train de faire très vite, on ne pourrait pas le faire très très vite. »


*


"Les chemins d'existence ne sont guère le fruit du hasard. La nature parachève ce qu'elle a entrepris, tout simplement. Les êtres accomplissent leurs devenirs essentiels. À cette fin, le destin vient frapper les individus de manière multiple et hasardeuse, mais quel que soit le moyen emprunté, la fin sera toujours la même. Ce qui doit être advient."


Gilles Bindi est né en Alsace, d’origine italo-polonaise, il a vécu à Paris, à Montreuil, et réside aujourd’hui en Charente. Il est cinéaste, communicant et écrivain.


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