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Le phare de l'impossible ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Michael Pedersen











Un paysage comme on l’imagine sur l’une des îles les plus septentrionales de Grande Bretagne :


« Lors des tempêtes, les vagues indomptées peuvent s’élever à trente mètres, leurs embruns assez épais, lourds pour faire disparaître le phare entier entier : un arbrisseau, perdu dans la houle d'un feu de brousse océanique. » 



Cette île qu’il est mal vu de qualifier d’inhospitalière, abrite un couple père-fils peu commun. Mais peut-on sous ces latitudes exercer le métier de gardien de phare si l’on n’a pas  un grain de folie ?  Le père : un misanthrope malveillant, qui « accueille » cependant de temps à autre un hôte   (encore celui-ci doit-il appartenir à la caste des ornithologues , réputés pour se cantonner à l’observation derrière leurs jumelles, sans se mêler de ce qui ne les regardent pas !) Et le fils manifestement sous emprise. Un drame a bouleversé leur vie, ils n’en sont pas encore remis..

C’est dans cette ambiance chahutée que Firth débarque sur Muckle Flugga . Sa prétendue passion pour les oiseaux est un alibi pour venir sur l’île, afin de mettre fin à ses jours…


Un trio infernal se met en place, apaisé en de rares moment par la présence de Figgie, seule femme dans le roman.


On pourrait se croire dans une tragédie du dix-neuvième siècle, si l’humour et la finesse des observations de l’auteur ne venaient alléger le propos. Que ce soit dans la description des personnages : 


« Bien que fraîchement sorti de l'école, Ouse s'aventure dans l'âge adulte avec les petites roues encore en place, pourrait-on dire »


Ou dans la façon de décrire un état d’âme : 


« l'espace d'un infime instant, sa vie avait été aussi spectaculaire qu'un coucher de soleil bleu sur Mars. Maintenant, les bons jours, elle ressemble à un mauvais tableau d'hôtel, accroché de traviole au-dessus du plateau de bacon du buffet matinal. »



En revanche il faudra attendre assez longtemps avant de se rencontrer la faune aviaire promise. Mais là encore , la banalité des description n’est pas de mise : 


Quand ils viennent se remplir la panse, les macareux paraissent ivres. Il en a vu plusieurs effectuer les atterrissage en catastrophe, presque cartoonesques dans leur manque d'élégance. Et il a été témoin de claquements de bec déroutants – les oiseaux, jouaient des percussions ensemble, en une cérémonie qui s'était conclue par des câlineries . Firth subodorait qui s'agissait d'un prélude à une partie de pattes en l'air, mais il les avait laissés à leur affaire.


Toute l’intrigue repose sur l’évolution des relations entre le fils et l’hôte et des décisions qui en découleront. 


Un grand roman, d’un auteur qui monte d’emblée haut dans mon panthéon personnel !


Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-chastel 


358 pages Bucher-Chastel 27 août 2026

Traductrice : Claire-Marie Clévy

Titre original : Muckle Flugga

#Lepharedelimpossible #NetGalleyFrance 








« Lors des tempêtes, les vagues indomptées peuvent s’élever à trente mètres, leurs embruns assez épais, lourd pour faire disparaître le phare entier entier : un arbrisseau, perdu dans la houle d'un feu de brousse océanique. » 


*

« l'espace d'un infime instant, sa vie avait été aussi spectaculaire qu'un coucher de soleil bleu sur Mars. Maintenant, les bons jours, elle ressemble à un mauvais tableau d'hôtel, accroché de traviole au-dessus du plateau de bacon du buffet matinal. »



*


Quand ils viennent se remplir la panse, les macareux paraissent ivres. Il en a vu plusieurs effectuer les atterrissage en catastrophe, presque cartoonesques dans leur manque d'élégance. Et il a été témoin de claquements de bec déroutants – les oiseaux, jouaient des percussions ensemble, en une cérémonie qui s'était conclue par des câlineries . Firth subodorait qui s'agissait d'un prélude à une partie de pattes en l'air, mais il les avait laissés à leur affaire.



Des cow-boys en goguette, qui fusent en tous sens, comme des imbéciles beurrés – ils pêchent, batifolent, se bousculent, foncent  dans toutes sortes de rafales ; se laissent tomber, façon dégoulinure et pilotent  en kamikazes, même dans les vagues les plus tumultueuses. Sauf que par miracle, ils ne se font jamais happer, réémergeant, victorieux leurs yeux fous, semblable à des billes, Firth soupçonne que certains n’ont plus leur tête.

 

Michael Pedersen



Poète écossais multiprimé, Michael Pedersen est actuellement en résidence à l’université d’Édimbourg et a reçu la bourse Robert Louis Stevenson. Avec sa langue inventive qui emprunte autant aux contes qu’aux romans d’aventure, il a été encensé par des auteurs comme Kae Tempest, Bernardine Evaristo ou Ocean Vuong.


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