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 Colum McCann










Fennel est un écrivain qui a connu le succès : ses deux premiers romans l’avaient propulsé sur la scène littéraire, même si le succès avait été modeste. Mais malgré la pression de son éditeur, le troisième tarde à venir, l’inspiration n’est pas au rendez-vous : 


« J'avais le sentiment de m'être épuisé. Il me semblait que si je voulais réécrire un jour, j'allais devoir partir dans le monde. Ce qu'il me fallait, c'était une histoire sur le lien, sur la grâce, sur la réparation. »


Quoi de plus approprié dans ce contexte que des câbles sous-marins par lesquels transitent toutes les informations internationales de la planète. Une structure discrète , mais fragile : 


« Parfois, les tubes  cassaient, et une petite flotte de navire, dans divers ports du monde, se chargeait de les réparer, passant  souvent plusieurs mois en mer »


C’est sur l’un de ces bateaux que Fennel embarque, envisageant de laisser à quai sa propension à boire plus que de raison : 


« On peut tromper sa tête et son cœur, mais on ne peut pas tromper son foie. »


 Il y fera la connaissance du ténébreux Conway, un apnéiste exceptionnel. Une connivence s’installe entre les deux hommes, mais l’expédition ne sera pas aussi simple que l’on peut imaginer.


Le roman est riche en réflexion sur le statut du romancier 


« C'est le travail du conteur, j’imagine, que de rassembler les morceaux épars d'une histoire de telle sorte qu'ils obéissent à une sorte de cohérence. Entre les faits et la fiction, il y a le mensonge et l'imagination. Dans la mémoire et l'imagination, il y a notre désir de saisir au moins un peu de l'essence de la vérité, qui est, dans le meilleur cas, embrouillée »


Une sorte de mea culpa, car c’est ce qui ressort de ce récit, une impression que l’auteur a voulu créer une cohérence à partir de cette idée des câbles. On a parfois l’impression de quelque chose d’un peu artificiel .


Malgré tout, l’humour surgit au détour d’un paragraphe : 


« Je me rappelais qu'un jour, j'étais allé chez le dentiste pour une dévitalisation. Tout en me réduisant au silence avec une roulette dans la bouche, il m'avait confié qu'il aurait adoré, être écrivain, si ce n'est qu'il n'avait pas le temps pour ça. J'avais pensé lui répondre que j'avais changé une carrière de chirurgien du cerveau, mais je n'avais pas le temps pour ça. »



Lecture mitigée donc, donc pour ce roman bien loin de la fulgurence d’Apeirogon 


Merci à Netgalley et aux éditions Belfond 



320 pages Belfond 20 août 2026

Traduction :  Clément Baude

Titre original : Twist

#ColumMcCann #NetGalleyFrance 









« Je me rappelais qu'un jour, j'étais allé chez le dentiste pour une dévitalisation. Tout en me réduisant au silence avec une roulette dans la bouche, il m'avait confié qu'il aurait adoré, être écrivain, si ce n'est qu'il n'avait pas le temps pour ça. J'avais pensé lui répondre que j'avais changé une carrière de chirurgien du cerveau, mais je n'avais pas le temps pour ça. »


*



« C'est le travail du conteur, j’imagine, que de rassembler les morceaux épars d'une histoire de telle sorte qu'ils obéissent à une sorte de cohérence. Entre les fées et la fiction, l'mensonge et l'imagination. Dans la mémoire et l'imagination, il y a notre désir de saisir au moins un peu de l'essence de la vérité, qui est, dans le meilleur cas, embrouillé »


*


 « J'avais le sentiment de m'être épuisé. Il me semblait que si je voulais réécrire un jour, j'allais devoir partir dans le monde. Ce qu'il me fallait, c'était une histoire sur le lien, sur la grâce, sur la réparation. »


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Apeirogon



Né en 1965, Colum McCann est un nouvelliste et romancier irlandais



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