En 1912, au coeur de la Bretagne rurale profonde, la vie quotidienne est rude. Les travaux des champs sont harassants et on ne risque pas de faire fortune. Un quotidien rythmé par les saisons et une vie frugale. Le sort des femmes est assujetti à cette précarité : rares sont les mariages d’amour, ils se déclinent plutôt en fonction de l’acquisition de terres supplémentaires …
Mais deux ans plus tard, l’assassinat de Jaurès et l’entrée en guerre changera la donne, privant les fermes de leurs bras les plus solides.
Marie s’est glissée dans le rôle de sa mère alors que celle-ci mourrait jeune, écrasée sous une charrette lors de la moisson. C’est désormais elle qui se charge de la gestion du quotidien pour la famille. Au moins réussit-elle à s’échapper de cette grisaille grâce aux livres que lui donne Louis, le fils des propriétaires.
« Victor Hugo, George Sand, Gustave Flaubert, l’emportaient ailleurs, lui enseignaient des mots qu'elle n'aurait jamais osé penser, mais lui apprenaient surtout à écouter. Elle les goutait lentement, les répétait tout bas, parfois à haute voix, dans les champs, histoire d'entendre comment ils tenaient ensemble et d'écouter leur musique. »
Entre ces deux là le courant passe. Mais Ambroise, amoureux de Marie pourrait en prendre ombrage.
Ces deux là se retrouveront dans l’enfer des tranchées !
Ce roman illustre bien la vie rurale du début du siècle dernier, et nous livre une énième déclinaison de ce que la guerre a pu commettre de ravages et de morts inutiles.
« Une violente détresse s'abat sur Louis. Alors c'était ça, la guerre ? Des hommes en rouge, trop voyants, qui tombaient les uns après les autres sous des balles et des obus qu'on ne voyait même pas. »
L’écriture est simple et accessible et devrait conquérir un vaste public attaché au terroir et à la petite histoire dans la grande.
Le tome 1 s’achève sur une question terriblement accrocheuse :
"Oui, à ce moment précis, chacun cherchait à se dessiner un chemin
Comment auraient-ils pu imaginer que le destin, au même instant, s'apprêtait à le tracer de tout autre »
De quoi trépigner d’impatience en attendant le deuxième tome !
Merci à Netgalley et aux éditions Robert Laffont.
432 pages Robert Laffont 13 août 2026
#LesEnracinés #NetGalleyFrance
Mais ce qui les avait peut-être le plus soudés, c'est d'avoir affronté la peur ensemble. Celle qui s'accrochait aux tripes et qui vous paralysait surtout quand il fallait courir.
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« Une violente détresse s'abat sur Louis. Alors c'était ça, la guerre ? Des hommes en rouge, trop voyants, qui tombaient les uns après les autres sous des balles et des obus qu'on ne voyait même pas. »
« Victor Hugo, George Sand, Gustave Flaubert, l’emportaient ailleurs, lui enseignaient des mots qu'elle n'aurait jamais osé penser, mais lui apprenaient surtout à écouter. Elle les goutait lentement, les répétait tout bas, parfois à haute voix, dans les champs, histoire d'entendre comment ils tenaient ensemble et d'écouter leur musique. »

Née en 1970, Claire Norton est une romancière française.


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