mercredi 18 janvier 2012

Les années douces

Hiromi Kawakami

























Au Japon. A une époque indéterminée, contemporaine.
Une jeune femme, Tsukiko, est abordée dans un bar par son ancien prof de japonais, qui l’a immédiatement reconnue,bien qu’elle n’était pas une élève particulièrement assidue et brillante. c’est le début d’une relation ambiguë, faite de rencontres répétées bien que fortuites car non planifiées, assorties de consommation immodérée de saké. Les échanges peuvent sembler superficiels, les liens se renforcent cependant autour de partages : spectacle des cerisiers en fleurs, poussins achetés au marché, nombreux repas , cueillette de champignons, excursion sur une île ou repose la femme du «maitre» comme le nomme Tsukiko. Les retrouvailles avec un ancien camarade de classe , qui auraient pu anéantir leur alliance, renforcent au contraire leur complicité. Quelle peut être l’issue d’une telle alliance...

Le miracle de ce roman tient dans la magie de l’écriture qui fait de ce qui aurait pu être un récit sordide (un vieillard s’entiche d’une jeune femme qui pourrait être au moins son père et ils passent ensemble de longs moments à boire du saké jusqu’à l’ivresse! ) une jolie fable des temps modernes, pleine de douceur et de délicatesse, à l’image de cette pluie de pétales de cerisiers, féerie qui rassemble de nombreux spectateurs au début du printemps. Le récit est parsemé d’haiku (prof de japonais oblige).

C’est presqu’un huis clos, centré sur ce couple atypique: peu de personnages gravitent autour d’eux, hormis le patron du bar où ils se voient la plupart du temps. On sait également peu de choses sur la vie passée de Tsukiko et à peine  plus sur celle du «maitre» (juste qu’il a été marié, et c’est par bribes qu’il apprendra à Tsukiko l’histoire de son mariage). 

La simplicité du propos est assortie d’une écriture poétique, d’une grande légéreté, et extrêmement attachante. Peu importe l’issue, on apprécie phrase après phrase l’intensité des émotions ressenties, bercé par la musicalité de la plume. Tsukiko parle tantôt au passé tantôt au présent, ce qui contribue à détacher l’histoire d’un contexte temporel.


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