mardi 20 octobre 2015

En toute franchise

Richard Ford






  • Broché: 231 pages
  • Editeur : Olivier édition de l' (17 septembre 2015)
  • Collection : OLIV. LIT.ET
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Josée Kamoun
  • ISBN-10: 2823608451
  • ISBN-13: 978-2823608458







Voilà un récit mature à plus d’un titre!

Sur le thème bien sûr, puisque le personnage fétiche de Richard Ford aborde les rives de la retraite, pour se confronter aux aléas de cette période de la vie : maladie, décès, certes mais aussi naissance d’une certaine sagesse, plus lucide que désabusée.

Sur la construction : il faut avoir déjà conquis un lectorat pour se permettre un tel écrit : pas tout à fait un roman, pas vraiment des nouvelles, plutôt des tranches de vie, quatre, avec pour fil rouge bien entendu le personnage emblématique de Franck Bascombe.

Est-ce une erreur de commencer par celui-ci? Oui sans doute, s’il est une sorte de chant du cygne du personnage, il est sans doute capital d’avoir connu le cygne dans la force de l’âge pour en apprécier l’évolution psychologique. J’ai néanmoins commis cette erreur, que je vais réparer en les épisodes précédents de la vie de Bascombe. A la manière de ces polars dont on connaît d’emblée la fin, tout le suspens consiste à savoir comment on peut en arriver là.

C’est à travers les anecdotes que nous propose l’auteur que se dresse un portrait de l’Amérique d’Obama, celle de la classe moyenne, à travers ces détails triviaux de la vie quotidienne, dont le caractère dérisoire est exalté par un ouragan destructeur. A l’instar du personnage, c’est une Amérique des bilans, moins glorieuse, moins sûre d’elle, avec un passé encore douloureux.


Pour revenir à Franck Bascombe, c’est un serial-reading-séducteur si je peux me permettre ce néologisme approximatif. On ne peut que succomber au charme de cet homme que la vie ordinaire n’a pas épargné, plein d’esprit, cultivant avec brio l’auto-dérision, ironique sans méchanceté, drôle et sombre tout à tour. Il faut un sacré talent, pour mettre en lumière  de façon aussi subtile les méandres de la nature humaine. Bravo aussi au traducteur, qui jongle très adroitement  avec les expressions originales.





Ce mensonge affecte t-il le cours mondial du navet? Non. Un aspect quelconque de ma vie est-il altéré pour avoir découvert son âge à l'état civil trente ans après qu'elle a divorcé de moi? Je ne coirs pas. N'empêche. Ça change quelque chose. Peut-être faudrait-il être poète pour savoir quoi et en parler artistement 


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