mercredi 15 novembre 2017

Mrs Creasy a disparu

Joanna Cannon







  • Broché: 416 pages
  • Editeur : HarperCollins (4 octobre 2017)
  • Collection : HarperCollins
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) :Alexandra Herscovici-Schiller
  • ISBN-13: 979-1033900443








Masse critique est une excellente occasion de découvrir des auteurs différents de ceux qui hantent avec une régularité de métronome les médias qui ont la bonté de nous informer de ce qui agite le monde littéraire. Ainsi premiers romans et littérature étrangère viennent à notre rencontre. C’est le cas pour Mrs Creasy a disparu puisque c’es le premier roman d’une psychiatre anglaise.

Le roman se déroule dans une rue ordinaire, et le lecteur sera baladé d’une maison à l’autre, souvent en compagnie de deux petites filles qui se prennent pour Fantomette tout en recherchant Dieu. Elle a des allures de Wisteria Lane ( haut lieu de huit années d’aventures tragi-comiques avec Bree, Lynette, Susan et Gabrielle, les ménagères désespérées), cette rue anglaise. Beaucoup de surveillance, de malentendus, d’hystérie collective :  tout cela faite terreau d’une situation potentiellement explosive, d’autant que la communauté a déjà vécu des épisodes peu glorieux quelques années auparavant. Il suffit alors qu’un événement nouveau survienne pour que les vieux démons renaissent de leurs cendres. Tout est dans le titre.

Ce qui fait l’originalité du roman est sa construction. Le lecteur doit s’armer de patience, car les faits qui constituent la trame de l’histoire sont révélés au compte goutte, et chaque élément nouveau amène souvent de nouvelles questions… Et il faut vraiment arriver à la fin pour comprendre  l’histoire. C’est l’art du suspens à son comble. Heureusement la compagnie des deux enfants apporte un peu de légèreté et d’humour à cette atmosphère pesante. 
A noter aussi un grand nombre de personnages, qui demande un effort de mémorisation au départ pour ne pas tout confondre.

C’est très agréablement écrit (et traduit). Le rôle des deux enfants est habilement exploité,  et la construction crée le désir de poursuivre. 


C’est donc une belle découverte dont je remercie Babelio et les éditions HarperCollins.




Ma mère disait que j'étais à un âge délicat. Comme je ne me sentais pas particulièrement délicate, j'en avais déduit que ça devait être délicat pour eux.

*

Plus on de bus, mieux c'est, disait-il. Ça protège. Ça nous a mis en retard, comment est-ce que ça peut nous porter chance? demandait Bryan en riant, mais John se rongeait les ongles et répondaient qu'ils n'avaient pas dû en voir assez.

*

Il est étrange de voir à quel point le pire jour d'une vie commence comme tous les autres. Au point qu' on se plaint quelquefois de sa banalité. Qu'on espère qu'il va se passer quelque chose d'intéressant qui rompra la routine, Et juste au moment où on se dit qu'on ne supportera plus cette monotonie une minute de plus on est frappé par une telle catastrophe qu'on regrette de tout cœur d'avoir été exaucé.

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