lundi 4 juin 2018

Proust à la plage

Johan Faerber





  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Dunod (23 mai 2018)
  • Collection : A la plage
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français








Remarquable! Que l’on ait lu A la Recherche du temps perdu, que l’on soit en train de  le lire , ou que l’oeuvre ait laissé des bribes de souvenirs (là on est en plein dans le thème) d’une lecture passée, l’essai s’impose comme une évidence. De l’oeuvre à l’auteur et de l’auteur à l’oeuvre, les passerelles se succèdent, avec une déconcertante facilité, tant Proust consacra sa vie à la rédaction du roman. 

L’essai propose des clés, ouvre des portes de compréhension de ces quelques 3000 pages, rédigés dans ce style si particulier qu’il est reconnaissable entre mille, et peut même constituer un obstacle lorsque l’on aborde l’oeuvre pour la première fois . Mais passé cet écueil quel bonheur de se fondre dans la complexité travaillée de ces phrases à la musique unique.

On connaît Proust mondain, Proust malade. Mais peut-on soupçonner que l’homme faisait de sa vie un chantier expérimental pour que son personnage Marcel rende compte de ces états d’âme et bien au delà de la simple confidence découvre son moi profond, sa vérité?

Adroitement mêlé à l’analyse du récit, l’auteur décrit la chronologie de la rédaction. Ainsi, on apprend que l’incipit célèbre, « Longtemps je me suis couché de bonne heure », fut ajoutés dernier moment , juste avant que les dernières épreuves de « Du côté de chez Swann » ne partent pour l’impression.

L’analyse de l’écriture n’échappe pas au propos : 

« Vision et métaphore s’unissent dans le roman de Proust pour proposer, en définitive, la figure reine par laquelle Proust va faire revivre dans sa phrase le passé : l’hypotypose, cette figure de style par laquelle l’écrivain décrit les choses de manière si vive et si frappante que le lecteur a le sentiment qu’elles sont sous ses yeux. »

Sont-ce les illustrations , légères et humoristiques, qui , allégeant le propos, fournissent l’alibi du titre « à la plage »? J’ose le croire. Car s’il est très accessible, il n’en reste pas moins que le texte est sérieux et argumenté.


Très belle découverte , qui ne peu qu’inciter à lire ou relire ce roman qui compte parmi les plus importants du siècle dernier.



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