vendredi 29 juin 2018

Vernon Subutex T3

Virginie Despentes








  • Broché: 400 pages
  • Editeur : Grasset (24 mai 2017)
  • Collection : Littérature Française
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français















Suite et fin des aventures d’une bande de contemporains extravagants, purs produits d’une société décadente, qui conduit l’humanité vers l’extinction de l’espèce, autant par l’élaboration des moyens techniques du feu d’artifice final, que par la mise en place des conditions de mises à feu. Si le genre existait, je qualifierais ce roman de « pré-apocalyptique »

Si Vernon est devenu un gourou, un magicien qui fait danser ses adeptes dans des nuits de convergence, où drogues et ondes sonores unissent la foule dans une sorte de communion psychédélique, de nouveaux drames couvent sous la cendre. L’arrivée potentielle d’une manne conséquente sème la discorde dans la tribu.
On retrouve les personnages des autres tomes et la bibliographie sommaire en début de tome est une excellente idée : le temps et les lectures intermédiaires ont effacés partiellement les souvenirs . Ils ont changé, évolué, au gré des drames humains .

Le ton ne trahit pas les opus précédents, on retrouve le style alerte, tonique et sans concession de Virginie Despentes. Et si l’analyse sociologique est terriblement pessimiste (mais qu’est-ce qu’un pessimiste, sinon un optimiste qui a de l’expérience?) , elle révèle une observation éclairée et  cohérente du fonctionnement de notre monde. Et quand on y a joute une pincée d’humour voire d’ironie, on en redemande!

Les références musicales sont ici encore omniprésentes, peu parlantes  au vu de mon ignorance crasse de ce style de musique, mais peu importe.

La science fiction n’est plus un genre mineur, les plus grands nous font part de leur hypothèses quant au devenir d’une humanité en péril (c’est une preuve de plus que nous sommes assis sur un baril de poudre) et au delà du destin de notre DJ mythique , l’auteur imagine notre futur. C’est surprenant mais ce la ne nuit pas à l’ensemble.

Très belle trilogie, dense et bien écrite, dont la conclusion  ne dénote pas par rapport aux précédents volumes.


Une école privée. Elle te ferait une école d'élèves en blouse grise et en sabots, les gosses adoreraient ça. Ils aiment souffrir les gosses. C'est dans leur ADN. Ce serait une école gratuite, mais sur concours. Les meilleurs éléments, dressés pour vaincre. Elle se sent capable de fabriquer un élite, une vraie. Pas de la branlette de beau quartier où tout ce qui compte c'est le patrimoine de ton père. 

*

Est-ce que quelqu'un peut lui expliquer pourquoi les fabricants de vêtements cousent des étiquettes qui grattent au niveau de la taille ? C'est à croire qu'ils font des études pour trouver la matière qui t'irritera le plus possible. Et même si tu découpes le truc avec un petit ciseau, au plus près du tissu, en te concentrant à fond – ça gratte quand même. 



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